[38] Isère magazine n°89 février 2008
[38] Isère magazine n°89 février 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°89 de février 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (152 x 209) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : le Conseil Général a voté son budget 2008 !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vie pratique agriculture « L e bleu du Vercors- Sassenage est un fromage à pâte molle persillée, dont la fabrication répond à un cahier des charges rigoureux », rappelle d’emblée Paul Faure, président de la coopérative. Ce bleu doux au goût subtil et à l'arôme de noisette est fabriqué à partir du lait de trois races de vaches laitières : l’abondance, la montbéliarde et la villarde. Des bêtes qui doivent être alimentées exclusivement avec du fourrage produit dans le parc du Vercors. Dans un premier temps, le lait entier est mis en cuve et porté à une température de 35°C. Le fromager y ajoute les ferments lactiques et le pénicillium qui provoqueront la moisissure ainsi que de la présure, une substance utilisée pour faire cailler le lait. « Lorsque le lait commence à se solidifier, on le découpe en petits cubes de un centimètre de côté, dont on expulse le petit lait en procédant à une série de brassage », explique Gilles Daubard, responsable de production de Vercors Lait. Le fromager remplit ensuite les moules qu’il dépo- Le Conseil général soutient le Syndicat interprofessionnel L » Vercors Lait est le plus gros producteur de bleu du Vercors-Sassenage. e Syndicat interprofessionnel du bleu du Vercors-Sassenage (Siver) regroupe producteurs et transformateurs de lait de la zone AOC, soit, en Isère, la coopérative Vercors Lait et dix producteurs fermiers. Ensemble, ils ont produit 171 tonnes de bleu en 2006. Le Siver, dont le budget de fonctionnement est subventionné par le Conseil général de l’Isère, est chargé de défendre la qualité de la Vercors Lait mise sur son bleu Le bleu du Vercors-Sassenage est un incontournable de nos plateaux de fromages. La coopérative Vercors Lait de Villard-de-Lans en produit 140 tonnes par an, selon une recette éprouvée depuis le XIV e siècle. se sur une table d’égouttage. Neuf heures après l’emprésurage, les fromages sont démoulés, salés puis entreposés dans une cave d’affinage, à une température comprise entre 7 et 10°C. Pour se prévaloir de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) obtenue en 1998, le bleu de Vercors-Sassenage doit être affiné pendant une durée minimale de 21 jours. Pendant cette période, il est piqué avec des aiguilles deux fois, au 6 e et au 12 e jour. « Cette opération permet d’oxygéner le fromage pour que les moisissures se développent au contact de l’air », poursuit Paul Faure. Vercors Lait fabrique dix à treize tonnes de bleu par mois. « C’est notre produit phare. Il représente 30% de nos ventes », précise Paul Faure. La coopérative, qui a réalisé en 2006 un chiffre d’affaires de 3,2 millions d’euros, veut aujourd’hui développer cette production. Un impératif économique pour cette entreprise, dont la capacité de production est sous-utilisée. Elle ne transforme en effet que le quart des 7 millions de litres de lait qu’elle collecte chaque année, et s’est fixé pour objectif de transformer 3 millions de litres de lait supplémentaires dans un délai de trois ans. Pour y parvenir, elle doit trouver de nouveaux débouchés, hors de la région Rhône-Alpes qui représente production fromagère et d’assurer la promotion du bleu du Vercors-Sassenage, qui fêtera cet été les dix ans de l’AOC. Le Département lui a versé en 2007 une subvention de 34 000 euros. la quasi-totalité de ses ventes. Vercors Lait a donc embauché au mois de septembre un responsable commercial chargé de prospecter les centrales d’achat et les grandes surfaces. « Nous avons la chance d’avoir un produit de terroir. C’est ce que nous allons mettre en avant pour nous démarquer de la concurrence », explique-t-il. Vercors Lait dispose d’un autre atout. Sa gamme « bio » créée à la fin 2006 représente déjà 10% de son chiffre d’affaires et lui offre des perspectives d’avenir intéressantes. ■ Marion Frison » Zoom Le saviez-vous ? que ? ● Il faut 40 litres de lait pour fabriquer un bleu de Vercors-Sassenage de 4 kilos. ● Les caractéristiques du bleu du Vercors-Sassenage sont décrites précisément dans le cahier des charges de l’AOC : ● Diamètre : 27 à 30 cm ● Hauteur : 7 à 9 cm ● Poids : 4 à 4,5 kg ● Matière grasse : 48% ● Extrait sec : 54% ● La reconnaissance et la notoriété conférées par l’AOC ont permis d’élargir le marché du bleu de Vercors-Sassenage, un produit purement local à l’origine, à la clientèle urbaine de Lyon, Grenoble et Valence. >28 I s è r e M a g a z i ne - f é v r ier 2 0 0 8
Vivre mieux santé Quand la chirurgie se robotise Le premier robot chirurgical de l’Isère est en service depuis un an à la clinique Belledonne, à Saint-Martin-d’Hères. Une révolution pour la chirurgie du cancer de la prostate notamment. Confortablement installé devant sa console, les yeux rivés à l’appareil binoculaire qui reconstitue en trois dimensions le champ opératoire, le chirurgien manipule les deux joysticks qui commandent les bras du robot chirurgical équipés d’une caméra endoscopique et d’instruments chirurgicaux miniatures : ciseaux, pinces… Ceux-ci pénètrent, via des trocarts (tubes), dans le bas-ventre du patient allongé sur la table d’opération. « La machine neutralise les tremblements de la main et démultiplie les mouvements, ce qui permet de réaliser des gestes très précis dans un espace restreint », explique le chirurgien urologue. Son utilisation » Zoom ne nécessite que des incisions cutanées minimes. Du coup, le traumatisme tissulaire est moindre, les saignements réduits, la douleur postopératoire atténuée et l’opéré se rétablit plus rapidement. Ce sont d’ailleurs les patients qui parlent le mieux de ces aspects de l’opération. A l’image de cet homme de 69 ans, opéré d’un cancer de la prostate en avril 2007. « Les infirmières m’ont fait marcher dès le lendemain et je suis rentré chez moi cinq jours plus tard. J’ai repris la randonnée au bout de trois semaines », témoignet-il. Autre avantage, cette technologie permet de disséquer avec précision les organes aussi sensibles que ceux dévoués à la continence et à Cancer de la prostate : pensez au dépistage ■ 4 La prostate est une petite glande du système reproductif masculin située juste au-dessous de la vessie. Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme en France avec 40 000 nouveaux cas chaque année, chez des patients essentiellement âgés de 50 à 75 ans. C’est aussi le cancer le 1 2 plus mortel, après celui du poumon. Il existe différents types de traitement : chirurgie (ablation totale ou partielle de la prostate, radiothérapie, hormonothérapie, curiethérapie). Plus il est détecté tôt, plus les traitements sont efficaces. D’où l’importance d’un dépistage précoce, dès 50 ans grâce à une simple prise de sang. 5 l’érection. Le robot Da Vinci est utilisé à la clinique Belledonne depuis le 30 janvier 2007 en chirurgie urologique, mais aussi en chirurgie digestive et gynécologique. A raison de deux à cinq interventions hebdomadaires, 120 patients ont déjà pu en bénéficier. « Rien qu’en urologie, Da Vinci s’avère un outil efficace dans le cadre du plan cancer puisque 80% des indications d’intervention concernent le cancer de la prostate. » On compte actuellement 600 robots de ce type en service dans le monde, dont 500 aux Etats-Unis, 15 en France et un en Isère. « Cette technologie de pointe est appelée à se développer en dépit de son coût » Repères Une association de patients avier Lecloux, 64 ans, Xpremier opéré du Da Vinci isérois, a créé l’Association urologique et robotique de Belledonne (AURB), pour aider les patients à mieux vivre les conséquences d’une telle opération. Regroupant déjà 20 adhérents, elle a notamment créé un kit opératoire, « Pack Info », qui comprend un cédérom sur le robot Da Vinci, une fiche d’information sur l’incontinence et une autre sur la sexualité. Par ailleurs, l’AURB ouvrira bientôt un site Internet comportant, un volet médical rédigé par des médecins et des témoignages. » AURB : 06 80 24 84 28. élevé », estime le chirurgien interrogé. L’investissement se monte en effet à 1,5 million d'euros, auquel il convient d’ajouter un coût annuel de maintenance de 100 000 euros. Son bénéfice pour les patients nécessite une évaluation comparative à long terme mais l’on espère déjà que le Da Vinci pourra être appliqué pour toutes les chirurgies, depuis les interventions cardiaques jusqu’à l’ophtalmologie. ■ Marion Frison >29 I s è r e M a g a z i ne - f é v r ier 2 0 0 8 BSIP 3 1 Le chirurgien 2 Les trocarts (tubes) qui entrent dans le ventre du patient 3 L’écran de contrôle 4 L’infirmière 5 Le robot dans sa protection de plastique F. Pattou



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