[38] Isère magazine n°5 sep/oct 2016
[38] Isère magazine n°5 sep/oct 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de sep/oct 2016

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (209 x 279) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 21,4 Mo

  • Dans ce numéro : en finir avec les bouchons.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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> 42 ENSEMBLE NOTRE HISTOIRE > ISÈRE MAG I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2016 I #05 « Lorsque je l’ai vue, une seule décision s’imposait  : sa venue à Vizille ! » LA RÉPUBLIQUE ENFIN CHEZ ELLE ! 270 mécènes ont répondu à l’appel du Département pour acquérir la première représentation peinte connue de la République. Entre sa découverte en juin 2015 et sa présentation au public le 21 septembre prochain, que s’est-il passé ? Conservateur en chef du patrimoine et directeur du Musée de la Révolution française, à Vizille, Alain Chevalier est à l’origine de l’acquisition par le Département du tableau, La République française, dont la valeur historique et la qualité esthétique sont exceptionnelles. Exécutée en 1793, à Florence, par Jean-Baptiste Wicar, un disciple de David à qui l’on doit notamment, La Mort de Marat, cette peinture est la première représentation connue de la République française. Une toile dont les caractéristiques répondent à un cahier des charges très précis, élaboré par Armand-Gaston Camus, député de la Convention, en charge de concevoir, dès le 22 septembre 1792, le matériel officiel de la 1 re République  : papier en tête, sceaux, etc. Camus proposera ainsi de substituer les fleurs de lys par un nouvel emblème, celui de la Liberté, une femme vêtue à l’antique, tenant de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien ou bonnet de la Liberté, la gauche appuyée sur un faisceau d’armes. Dès lors, toutes les représentations royales sont remplacées par ce symbole républicain, et notamment dans les ambassades à l’étranger, à Rome, Naples ou Florence, par exemple, qui contrairement à la Grande-Bretagne ou à la Prusse ne sont pas en guerre contre la France. Wicar réalise cette esquisse début 1793, avant de la reproduire grandeur nature pour l’installer sur la façade de la légation française de Florence. Accrochée le 19 avril, elle n’y restera que peu de temps. Quant à l’esquisse, une pratique courante voulait qu’on l’offre à un diplomate ou un ami proche. C’est ce petit tableau qui réapparaîtra 222 ans plus tard. Alain Chevalier raconte l’événement. Le château de Vizille, nouvel écrin de La République française. COMMENT A-T-IL ÉTÉ RETROUVÉ ? « En juin 2015, j’ai reçu un courriel d’un historien, spécialiste de David, qui avait été sollicité pour expertiser un tableau de Wicar, représentant la République. Intrigué, j’ai demandé sa photographie ainsi que la documentation disponible. Je connaissais une gravure similaire mais je n’avais jamais entendu parler de cet écusson. Après tout, était-ce bien un Wicar ? Qu’en voulait le marchand ? J’ai décidé de ne pas bouger et de me concentrer sur mes recherches pour être prêt le moment venu ; l’œuvre devant être mise en vente lors de la Biennale des antiquaires de Florence. Finalement, n’y tenant plus, je suis parti en Italie pour être directement confronté à l’œuvre. Comment est-elle peinte ? Avec quels matériaux ? On s’attend à être déçu. Mais lorsque je l’ai vue, je suis resté sans voix. Elle était seule, dans une vitrine, sous cloche. Je l’ai examinée, et conforté par son authenticité et sa beauté, une seule décision s’imposait  : sa venue à Vizille ! Restait à négocier le prix. Conscient de sa valeur, le marchand d’art, Massimo Tettamanti, en demandait 120 000 euros. Nous sommes tombés d’accord sur 90 000 euros avec un délai d’un an pour réunir la somme, instruire les nécessaires validations auprès des experts français, les demandes de subventions, État, Région, Département, ainsi que la mise en place d’une campagne de financement participatif. En novembre, nous avions le médaillon en prêt à Vizille ! Apparu sur le marché très récemment, sans doute à la suite d’une liquidation de succession, ce tableau provenait de la collection privée d’un érudit italien du XIX e siècle, Leone Vicchi. On pourra le découvrir dès le 21 septembre dans son nouvel écrin, parmi les collections du Musée de la Révolution française. » www.domaine-vizille.fr Par Richard Juillet
La République française. Jean-Baptiste Wicar (25 cm x 16 cm - 1793). QUI EST JEAN-BAPTISTE WICAR ? D’AUTRES LIBERTÉS… NOTRE HISTOIRE I ENSEMBLE Né en 1762, à Lille, dans une famille modeste, Jean-Baptiste Wicar meurt en 1834, à Rome, riche et célèbre. Son tombeau se trouve d’ailleurs dans l’église de Saint- Louis-des-Français, près de la piazza Navona. Il apprend le dessin dans sa ville natale avant de se perfectionner dans divers ateliers parisiens dont celui qui deviendra son maître et ami  : David. À partir de 1784, Wicar partage sa vie d’artiste entre la France et l’Italie où il s’installe définitivement en 1795 après avoir été embastillé. Il deviendra critique d’art, portraitiste, directeur de l’Académie des Beaux-Arts de Naples, collectionneur et marchand d’art. La Liberté tenant le miroir de la Tempérance par Dugas. Albâtre (vers 1795). ZOOM Figure allégorique de la Liberté par Nanine Vallain (1794). 24 000 EUROS RECUEILLIS Pour acquérir ce tableau, le Département a lancé, entre le 28 avril et le 28 juin, sa première campagne de financement participatif. Au total, 270 personnes ont répondu à l’appel et près de 24 000 euros ont été réunis. Parmi les participants  : Jean-Pierre Barbier, président du Département, 1er donateur, mais aussi Pierre Bonte, journaliste-écrivain, le galeriste lyonnais Michel Descours, la ville de Vizille ou encore la Société des études robespierristes. #05I SEPTEMBRE-OCTOBRE 2016 I ISÈRE MAG > 43 >



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