[38] Isère magazine n°22 sep/oct 2019
[38] Isère magazine n°22 sep/oct 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de sep/oct 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 6,6 Mo

  • Dans ce numéro : cap sur les mobilités de demain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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> 46 ENSEMBLE I CULTURE PRÉCIEUSES RELIQUES De récits épiques en légendes dorées, c’est à une épopée fabuleuse sur les chemins de pèlerinage au Moyen Âge que nous convie depuis cet été le musée de Saint-Antoine-l’Abbaye, avec une exposition sur les reliques. En 1119 était bâti le premier sanctuaire destiné à abriter les reliques d’Antoine le Grand, ramenées d’Orient par un seigneur issu des comtes de Poitiers. Pour ce 900 e anniversaire, le musée de Saint-Antoine-l’Abbaye nous invite à refaire le voyage de ces « corps saints », transmis par le biais de seigneurs colporteurs. Le culte des reliques, intimement lié à celui des saints au Moyen Âge, va donner lieu à un commerce florissant. Saint linceul, tête de saint Jean-Baptiste, dents de lait, poils de barbe ou « souffle de Jésus » en bouteille… Importées le plus souvent de Constantinople ou de Rome, puis commercialisées via les grandes cités marchandes italiennes comme Venise, les reliques (authentifiées ou frauduleuses) se multiplient en Occident en même temps que les reliquaires précieux et les sanctuaires voués à leur vénération. Car autour des reliques, ce sont des enjeux de pouvoir qui se dessinent  : chaque roi, chaque évêque recherche une relique plus prestigieuse que celle de son rival. Véritable incarnation du saint, la relique et les rituels liturgiques toujours plus ostentatoires qui accompagnent son culte attirent les pèlerins de l’Europe entière… > UNE VÉNÉRATION OSTENTATOIRE > ISÈRE MAG I SEPTEMBRE/OCTOBRE 2019 I #22 Les récits détaillés de ces derniers, mais aussi l’inventaire dressé par Aymar Falco, historiographe de l’ordre des hospitaliers de Saint-Antoine en 1534, attestent de l’abondante collection alors conservée dans le sanctuaire antonin et de sa notoriété. Parmi les saints guérisseurs les plus populaires de l’époque, saint Antoine devient l’objet d’un pèlerinage à part entière. Reliquaires ornés de pierres précieuses et de verroteries, manuscrits enluminés, estampes et tapisseries spectaculaires  : les pièces issues du trésor de la cathédrale de Liège (celui de Saint-Antoine ayant été pillé en 1562) ou de prestigieuses collections nationales, prêtées pour l’exposition, laissent imaginer la munificence associée au culte de ces restes saints. En nous transportant sur ce « chemin d’étoiles », le musée nous ramène à ce besoin universel de l’homme, présent dans toutes les religions, de recourir à des objets sacralisés, capables de le rassurer et de le faire accéder à la grâce. Croyant ou pas, on redécouvrira à l’occasion la magie d’un site patrimonial intemporel et bientôt millénaire. Par Véronique Granger Bras reliquaire du XIV e siècle. Cuivre, bois, quartz et améthyste (Musée Paul Dupuis, Toulouse). E. Grimault ZOOM UN CHEF-D’ŒUVRE DU MUSÉE DE CLUNY Prêt exceptionnel du musée de Cluny, cette tapisserie monumentale de laine et soie (6,7 mètres de large et 3,6 mètres de haut) datée de 1510-1520, figure le Départ de l’Enfant prodigue, une parabole biblique relatant le parcours semé d’embûches d’un jeune homme en quête d’émancipation. Un « chemin de croix » qui suit probablement celui des reliques… RMN - Grand Palais/musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge/G. Blot/C. Jean PRATIQUE « CHEMINS D’ÉTOILES. RELIQUES ET PÈLERINAGES AU MOYEN ÂGE » Jusqu’au 10 novembre au Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye. Découvrez les horaires et la programmation exceptionnelle du 9 e centenaire (concerts, ateliers, conférences) sur  : www.musee-saint-antoine.fr Voir aussi le catalogue paru aux Éditions Ouest-France. Contact  : 04 76 36 40 68.
Marinus Jacob Kjeldgaard CULTURE I ENSEMBLE MARINUS  : DES PHOTOMONTAGES CRIANTS DE VÉRITÉ Un triple regard, De 1932 à 1940, le journaliste et photographe danois Marinus Jacob Kjeldgaard a dénoncé dans ses photomontages satiriques la montée des nationalismes en Europe et la folie meurtrière d’Hitler. Le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère les remet en lumière. Marinus Jacob Kjeldgaard… Ce nom ne vous dit rien ? « Je ne le connaissais pas non plus avant de tomber sur ses images sur le site du musée français de la Photographie », confesse Alice Buffet, directrice du musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère. Ce dernier rend justice à ce journaliste et photographe danois engagé à travers une exposition inédite, qui nous replonge dans cette période troublée de l’entre-deux-guerres. Marinus fut en effet parmi les rares – avec l’artiste dadaïste allemand John Heartfield – à se dresser contre Hitler et la menace fasciste dans les années 1930, avec des photomontages saisissants de réalisme et d’humour. Venu s’installer à Paris en 1909 à l’âge de 25 ans, le jeune homme se fait engager en 1932 par le nouvel hebdomadaire Marianne – un journal politique et littéraire fondé par Gaston Gallimard avec Emmanuel Berl – sans lien avec le magazine homonyme que l’on connaît aujourd’hui. Durant huit ans, jusqu’à l’Occupation allemande, Marinus va faire la une avec ses images truquées d’une grande finesse, tournant en dérision Hitler et ses proches collaborateurs, Joseph Goebbels et HermannGöring. Mais aussi Mussolini, Staline, Roosevelt, Göring, Hitler et Goebbels dans une parodie de Ben Hur (photomontage paru le 26 avril 1939 dans Marianne). Daladier – président français du Conseil – ou encore Chamberlain, Premier ministre britannique de l’époque, célèbre pour ses tentatives d’apaisement… Inspiré par la peinture classique comme par le cinéma, à coups de colle et de ciseaux, ce photojournaliste dresse un portrait sans concession des grands de ce monde et de leur aveuglement, avec une bluffante habileté. « Ce qui est passionnant, c’est ce triple regard, journalistique, artistique et géopolitique, commente Justine Decool, chargée de l’exposition. Marinus était souvent visionnaire ! » À peine débarquée à Paris en juin 1940, l’armée allemande s’est d’ailleurs précipitée dans les locaux de Marianne  : le montage figurant le Führer en King Kong avait fait grand bruit en 1933 en Allemagne. Heureusement pour lui, Marinus s’était déjà enfui et continua de se faire oublier jusqu’à sa mort, en 1964. Une trentaine de photomontages, accompagnés des Marianne originaux et des notices très pédagogiques, font revivre ce témoin passionnant de notre histoire récente. Bien avant l’invention de Photoshop, le musée nous rappelle aussi le pouvoir de manipulation des images. Par Véronique Granger journalistique, artistique et géopolitique. « L’horloge de la paix, bientôt moins cinq… » Photomontage paru le 23 août 1939 (avec Chamberlain, Roosevelt, Staline et Daladier). REPÈRES L’ART DU PHOTOMONTAGE La technique du collage photographique remonte à la fin du XIX e siècle. Mais les dadaïstes, un mouvement artistique proche des surréalistes, furent les premiers à en faire un moyen d’expression à part entière à partir de 1919. L’Union soviétique y recourut aussi abondamment pour propager la doctrine communiste. Contrairement à son contemporain berlinois John Heartfield, Marinus ne se revendiqua jamais dadaïste. PRATIQUE « MARINUS, PHOTOMONTAGES SATIRIQUES, 1932-1940 » Jusqu’au 21 octobre 2019. Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère. Entrée libre. www.resistance-en-isere.fr #22I SEPTEMBRE/OCTOBRE I ISÈRE MAG > 47 >



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