[38] Isère magazine n°19 jan/fév 2019
[38] Isère magazine n°19 jan/fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de jan/fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : le département déploie la fibre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 46 - 47  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
46 47
> 46 École française-extrême-Orient, Paris. ENSEMBLE I CULTURE VUES ET ESPRITS DU JAPON Dans le cadre de l’année du Japon, le musée de l’Ancien Évêché expose 132 estampes de paysages de l’époque Edo (1603-1868). Le musée Hébert quant à lui fait dialoguer des artistes français et japonais d’aujourd’hui. On connaît tous Sous la vague au large de Kanagawa, l’estampe emblématique de Hokusai. Publiée au cours de la période d’Edo, en 1831, cette gravure sur bois est la première de la célèbre série des « Trente-six vues du mont Fuji » de l’artiste japonais. On y voit une vague gigantesque, menaçant d’ensevelir dans ses crochets d’écume les modestes embarcations. Puissance du bleu de Prusse – ce pigment bon marché fraîchement importé d’Occident qui va devenir omniprésent –, maîtrise de la perspective, utilisation du vide, finesse du trait… L’œuvre, d’une saisissante modernité, laisse un sentiment de sérénité malgré l’imminence de la catastrophe, avec l’inamovible mont Fuji en arrière-plan. > UN RETOUR À LA NATURE Cette estampe est typique de l’ukiyo-e (images du monde flottant), ce langage artistique né au XVII e siècle au Japon. Katsushika Hokusai (1760-1849) et Utagawa Hiroshige (1797-1858), maîtres du genre, vont le transfigurer. Pour contourner la censure croissante du shogun, qui dirige > ISÈRE MAG I JANVIER/FÉVRIER 2019 I #19 alors l’Archipel d’une main de fer, ces artistes se tournent vers le paysage et la nature. Leur succès sera considérable et la production de leurs ateliers, impressionnante ! Dans cette société prospère et citadine, mais totalement refermée sur elle-même, ces images largement diffusées répondent à un besoin de retour aux sources et au rythme des saisons. La nature est d’ailleurs souvent habitée, comme dans cette fameuse série des « Cinquante-trois relais du Tôkaidô », de Hiroshige. Elle fait de ce descendant de samouraïs l’un des artistes le plus en vue de son époque, avec Hokusai. Les 132 estampes originales réunies au musée de l’Ancien Évêché témoignent de la large palette et du talent de ces artistes. Une partie de l’exposition est aussi réservée aux estampes mitate-e  : des images parodiques où portrait et paysage se répondent. Quelle finesse là encore dans l’exécution ! > ESPRIT JAPON, AU MUSÉE HÉBERT Ces estampes, découvertes en Europe lors de l’Exposition universelle de 1867, Sous la vague au large de Kanagawa, estampe de Hokusai. d’infos sur www.iseremag.fr auront une influence majeure sur l’art et la décoration en Occident. La Vague inspirera ainsi Claude Monet, Vincent Van Gogh, le compositeur Claude Debussy… Les reproductions comme les objets japonais, rares ou de pacotille, se multiplient dans les intérieurs, y compris les plus bourgeois. On pourra ainsi admirer, dans la maison du peintre Ernest Hébert, des objets et mobiliers évoquant cette vogue du japonisme au milieu du XIX e siècle  : « Esprit Japon, Hébert et le pays du Soleil levant. » Le musée Hébert présente par ailleurs des artistes japonais et français contemporains réunis par Martine Rey, maître-laqueur à Voiron, qui revient de six mois de résidence à la villa Kujoyama, à Kyoto. Elle nous fait partager notamment sa découverte de l’art du « suminagashi », ou encres flottantes. Une immersion assurée dans l’âme nippone ! Par Véronique Granger PRATIQUE TROIS EXPOSITIONS À VOIR  : « Montagne et paysage dans l’estampe japonaise », au musée de l’Ancien évêché à Grenoble (jusqu’au 31 mars). Esprit Japon  : carte blanche à Martine Rey et « Hébert et le pays du Soleil-Levant » au musée Hébert, à La Tronche (jusqu’au 25 mars). « Des samouraïs au kawaii », au Musée dauphinois, à Grenoble (jusqu’au 24 juin). Musée Hébert
Musée Archéologique LES CONFIDENCES DU PRIEUR GUY Près de mille ans après sa mort, en 1042, le tout premier responsable du prieuré de Saint-Laurent nous parle d’entre les morts. Rencontre au musée archéologique de Grenoble-Saint-Laurent. Guy officia pendant trente ans au prieuré de Saint-Laurent. Il y a seulement cinq ans, on ignorait jusqu’à l’emplacement de sa tombe  : il n’était qu’un squelette parmi les 1 700 exhumés de la nécropole Saint-Laurent de Grenoble, entre 1978 et 1998. Jusqu’à l’an mille, aucune épitaphe pour relier ces individus ensevelis au fil des siècles à une quelconque généalogie. Pourtant, « miracle » de la science anthropologique, le prieur Guy a non seulement retrouvé une identité, mais une histoire, un visage et même… une paire de souliers pointus, à la mode en cette première moitié du XI e siècle chez les ecclésiastiques ! Cela méritait bien des présentations et le Musée archéologique de Grenoble-Saint-Laurent nous invite donc à faire plus ample connaissance  : une scénographie et un petit film nous plongent dans l’atmosphère de l’époque, aux premiers temps chrétiens, sur cette rive droite de l’Isère encore dépourvue d’habitations, mais toute à sa vocation religieuse. > DES OSSEMENTS TRÈS BAVARDS « Un squelette, c’est un livre ouvert. Grâce aux nouvelles techniques d’investigation, on peut désormais déterminer l’âge de la mort CULTURE I ENSEMBLE d’infos sur www.iseremag.fr et le sexe, mais aussi l’état de santé et même le style de vie », explique son conservateur Jean-Pascal Jospin. Confiés aux bons soins d’un anthropologue, les os ont donc parlé. « Sa croissance osseuse régulière témoigne d’une existence paisible jusqu’à sa mort à l’âge de 70 ans, et sa dentition, qu’il était bien nourri. Ses traits sont de type germanique, fins et aristocratiques. Ce qui colle avec ses fonctions de prieur  : sous l’Ancien Régime, les postes du haut clergé étaient réservés aux cadets de la noblesse », poursuit-il. Les pieds, de taille 45, ont aussi imprimé la marque des chaussures pointues que le prieur portait visiblement au quotidien. S’inspirant des nombreux modèles de la même époque retrouvés au fond du lac de Paladru, sur le site archéologique médiéval de Colletière, Jean-Pascal Jospin lui a fait confectionner une paire de souliers sur mesure, exposée au musée. Bien sûr, « tout cela est très vraisemblable, mais rien n’est absolument certain », rappelle ce spécialiste de l’Antiquité. Comme dans toute bonne enquête policière, de nombreux indices accréditent toutefois l’hypothèse. Ainsi, dans la nef, cette tombe isolée des autres  : « Un fragment de sa pierre tombale réutilisée dans un puits atteste qu’il avait bien sa sépulture à Saint-Laurent. » Élu à ses fonctions au XI e siècle – quand l’ancienne église paroissiale, rattachée à l’abbaye bénédictine de Saint-Chaffre-en-Velay, se transforme en prieuré –, Guy officia pendant trente ans jusqu’à sa mort, en charge d’une communauté d’une dizaine de moines. Par Véronique Granger Musée archéologique de Grenoble-Saint-Laurent, 1, place Saint-Laurent à Grenoble. Ouvert tous les jours sauf le mardi. Entrée libre (et audioguide gratuit). www.museearcheologique-grenoble.fr REPÈRES DIX-SEPT SIÈCLES D’HISTOIRE IV e siècle  : développement d’une vaste nécropole et construction d’édifices funéraires (huit mausolées). VI e siècle  : construction d’une église funéraire et de la crypte Saint-Oyand. 1012  : l’église paroissiale devient le siège d’un prieuré. 1683  : fin d’activité du prieuré et départ des moines. 1980  : désaffection de l’église. D.R. #19 I JANVIER/FÉVRIER 2019 I ISÈRE MAG > 47 >



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 1[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 2-3[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 4-5[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 6-7[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 8-9[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 10-11[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 12-13[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 14-15[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 16-17[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 18-19[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 20-21[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 22-23[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 24-25[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 26-27[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 28-29[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 30-31[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 32-33[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 34-35[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 36-37[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 38-39[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 40-41[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 42-43[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 44-45[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 46-47[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 48-49[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 50-51[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 52-53[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 54-55[38] Isère magazine numéro 19 jan/fév 2019 Page 56