[38] Isère magazine n°150 mar/avr 2015
[38] Isère magazine n°150 mar/avr 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°150 de mar/avr 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 8,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... 70 ans après les premières conquêtes féministes, une femme est-elle égale à un homme ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vivre mieux société En savoir www.isere-magazine.fr Ces bébés conçus en Depuis la naissance d’Amandine, premier bébé-éprouvette français, en 1982, la fécondation in vitro (FIV) n’a cessé d’évoluer. En Isère, près de 240 bébés naissent chaque année grâce à cette technique. » Dans les bras de maman et papa, Florian et Maël nés en décembre dernier suite à une fécondation in vitro. LA FÉCONDATION IN VITRO Photos : F. Pattou Infographie : B. Fouquet o Stimulation ovarienne tit Prélèvement d'ovules et de sperme ovules Fécondation in vitro (in vitro = en laboratoire) Premières étapes du développement de l'embryon Transfert d'un ou plusieurs embryons dans l'utérus - E Créer la vie en dehors du corps humain… En 1978, le monde découvrait l’impossible avec la naissance de Louise Brown, le premier bébé-éprouvette, en Angleterre. La première française fut Amandine, en 1982. Depuis, plus de cinq millions de bébés sont nés dans le monde grâce à la fécondation in vitro (FIV). En opposition à la fécondation naturelle « in vivo », dans l’utérus de la femme, la FIV est une technique d’assistance médicale à la procréation (AMP). « C’est la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule, en laboratoire « in vitro », c’est-àdire hors du corps de la femme, pour pallier l’absence de fécondation naturelle lors d’un rapport sexuel », explique le docteur Marc Schneider, gynécologue obstétricien spécialiste d’AMP au centre de la clinique Belledonne, à Grenoble. Le spermatozoïde va féconder l’ovule pour donner un embryon, premier stade du développement du fœtus. Objet de vives polémiques à ses débuts, la FIV s’est imposée comme un traitement efficace contre l’infertilité, permettant à un nombre de plus en plus important de couples de devenir parents. En Isère, près de 240 enfants sont nés d’une FIV en 2012 sur 17200 en France. Mais, le taux de réussite étant de 20% en moyenne, le nombre de tentatives est bien plus élevé : 1200 en Isère et 84200 au total en France. >18 I s è r e Magazine - mars 2 0 1 5
laboratoire » Repères Le Conseil général accompagne les grossesses fragiles Des progrès techniques Pour optimiser les chances de succès, on essaie d’obtenir plusieurs embryons, d’où la nécessité de réaliser dans un premier temps une stimulation ovarienne. « Pendant 10 à 12 jours, la patiente reçoit des injections d’une hormone qui permet de produire plusieurs ovules, au lieu d’un seul lors du cycle naturel », explique Marc Schneider. Cette stimulation est suivie par des prises de sang quotidiennes et des échographies vaginales. Lorsqu’ils sont matures, le médecin prélève les ovules (une dizaine environ) par une ponction sous anesthésie générale ou locale ou hypnose. En parallèle, le sperme est recueilli le même jour par masturbation, ou prélèvement chirurgical, et préparé en laboratoire. Les ovules sont ensuite fécondés dans une boîte de culture à 37 °C soit par une FIV classique, soit une FIV ICSI, où un seul spermatozoïde sélectionné est introduit directement à l’intérieur de chaque ovule (plusieurs techniques de fécondation sont possibles, plus d’info surisere-magazine.fr). Les embryons ainsi obtenus - en moyenne 80% du nombre d’ovules - sont gardés en étuve au laboratoire entre deux et six jours. Un ou plusieurs embryons sont ensuite sélectionnés pour être transférés dans l’utérus de la femme. « Le nombre dépend de l’âge de la patiente, de la qualité des embryons et du parcours d’infertilité du couple. Depuis les débuts de la fiv, le nombre d’embryons replacés tend à diminuer pour réduire le nombre de grossesses multiples et leurs complications. Dans notre centre, nous transférons 1,7 embryon en moyenne », indique le Dr Schneider. Aujourd’hui en France, dans 40% des FIV, un seul embryon est transféré et les accouchements multiples ne représentent plus que 15% des naissances. Une évolution rendue possible grâce à la vitrification embryonnaire, une nouvelle technique de congélation ultrarapide autorisée en France depuis 2010, avec laquelle plus de 90% des embryons résistent à la congélation-décongélation. Les embryons non transférés sont ainsi plus facilement congelés en vue d’un transfert ultérieur. Des causes d’infertilité multiples En 2010, plus de 175 000 embryons étaient stockés en France. « Chaque année, les couples sont consultés sur le devenir de leurs embryons pour une durée légale de 5 ans. Ils peuvent les conserver pour poursuivre un projet parental, en faire don à la recherche, en faire don à un couple qui souffre d’une double La grossesse et les premiers mois après l’arrivée du bébé sont toujours de grands bouleversements pour les parents… D’autant plus après une FIV, (fécondation in vitro) avec souvent un long parcours d’infertilité, un bébé idéalisé, parfois un accouchement gémellaire (15% des naissances faisant suite à une FIV sont multiples) et prématuré… En Isère, le service de la Protection maternelle et infantile (PMI) du Conseil général emploie 16 sages-femmes, 104 infirmières-puéricultrices et 31 médecins, répartis sur chacun des 13 territoires du département. Ces professionnels sont là pour repérer les vulnérabilités et accompagner les parents. Les sages-femmes du Conseil général suivent 2 200 femmes par an, soit 13% des grossesses : en priorité les grossesses fragiles ou à risques. Elles accompagnent notamment plus de 50% des grossesses multiples du département. n Contact : toutes les coordonnées des centres de PMI sur www.isere.fr rubrique Enfance, famille. stérilité ou décider de les détruire », explique Marc Schneider. Aujourd’hui, le recul de l’âge des femmes désirant concevoir un premier enfant est une cause importante de recours à la FIV : « Après 35 ans, le stock d’ovules commence à s’épuiser et ils sont de moins bonne qualité, augmentant le risque d’infertilité », précise le médecin. L’infertilité peut aussi être liée à un trouble de l’ovulation ou à un problème de trompes chez la femme, ou à une altération de la qualité de sperme chez l’homme. « De récents travaux ont mis en évidence une augmentation de l’infertilité masculine depuis une quinzaine d’années, souligne le spécialiste. En cause : des facteurs environnementaux, notamment certains polluants comme les pesticides ». Pour un couple sur trois, cependant, les causes de l’incapacité à concevoir un enfant restent inexpliquées. Sandrine Anselmetti I » Témoignage « Un parcours éprouvant et un immense bonheur » Magali Frecon, 38 ans, habitante de Champagnier, maman de Méline, 4 ans, et de Florian et Maël, nés en décembre dernier suite à une FIV « Pour notre deuxième projet de grossesse, nous avions une chance sur 10 000 que la fécondation se fasse naturellement. J’avais peu d’ovules en réserve, avec une ovulation irrégulière, et les spermatozoïdes de mon compagnon avaient diminué en nombre, en qualité et en mobilité. Nous avons donc décidé d’avoir recours à la fécondation in vitro (FIV). Nous avons eu énormément de chance car la première tentative a été un succès. Mais pour beaucoup de couples, c’est un chemin éprouvant, avec des échecs à répétitions. Physiquement, le traitement est surtout contraignant. Pendant la phase des injections d’hormones, je me levais aux aurores pour passer au laboratoire avant d’aller travailler faire des prises de sang tous les jours et des échographies vaginales tous les deux ou trois jours. Parfois, j’avais l’impression de n’être plus qu’un ventre… Pour le couple, c’est difficile aussi. On prend moins de temps pour la détente et la tendresse, on est focalisé sur la FIV. Dans notre cas, quatre embryons ont été obtenus in vitro. Nous avons choisi avec le médecin d’en implanter deux pour avoir plus de chances. Les deux restants devaient servir pour d’éventuelles autres tentatives, mais ils n’ont pas supporté la congélation. En cas d’échec, il aurait donc fallu recommencer la FIV dans sa totalité. Heureusement, ma grossesse a réussi et sans complications : nous avons deux beaux garçons ! » >19 I s è r e Magazine - mars 2 0 1 5



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