[38] Isère magazine n°14 jan/fév 2018
[38] Isère magazine n°14 jan/fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de jan/fév 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (210 x 279) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 10 Mo

  • Dans ce numéro : l'Isère, terre olympique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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> 18 > L’ISÈRE AVANCE 1968-2018  : ILS RACONTENT LEURS JO ELLE EST ENTRÉE DANS LA LÉGENDE DU SKI « Les JO de 1968 m’ont laissé un souvenir impérissable. Parmi les moments les plus émouvants, la cérémonie d’ouverture avec le général de Gaulle et la compétition de slalom dames où Georges Pompidou est venu nous féliciter. Les quinze jours à Chamrousse avec l’équipe de France m’ont aussi beaucoup marquée », témoigne Annie Famose, 73 ans. Championne du monde de slalom en 1966, cette Pyrénéenne sportive hors pair est entrée dans la légende en 1968 aux Jeux olympiques de Grenoble, où elle a décroché deux médailles (argent et bronze). Dans son sillage, le ski, jusqu’alors réservé à une élite, s’est largement démocratisé. « À cette époque, l’équipe de France était au top de sa forme. Tous les sportifs étaient des amateurs motivés. Les qualités mentales avaient autant d’importance que les dispositions physiques. Nous avons donné l’exemple et fait naître une véritable passion pour la discipline chez les filles et les garçons. » ISÈRE MAG I JANVIER/FÉVRIER 2018 I #14 IL EST L’ŒIL ET LA MÉMOIRE DES JO DE 68 « Une légende dit que le film de candidature a été déterminant dans l’obtention des JO », souffle malicieusement Jack Lesage. À 95 ans, installé dans le Trièves, ce reporter et cinéaste passionné de montagne a toujours l’œil aussi pétillant. Et il se souvient comme si c’était hier de cette journée épique de 1964 à Innsbruck où il projeta son court-métrage Trois roses, cinq anneaux devant les 52 membres du Comité international olympique (CIO). « Le docteur Michallon, maire de Grenoble à l’initiative de la candidature, m’avait commandé ce film et avait insisté pour que je sois là. J’avais veillé à ce que le commentaire soit le plus court possible, pour les nonanglophones, avec un maximum d’images de nos massifs bien enneigés. J’avais aussi eu l’idée de filmer la joie des petits Grenoblois qui partaient chaque jeudi avec le ski-club au col de Porte  : à la fin de la projection, il y a eu des applaudissements… j’ai su ensuite que c’était exceptionnel. Et tous les autres candidats avaient montré des diapositives… » IL DÉFEND LA CULTURE OLYMPIQUE ELLE PORTE LES COU- LEURS DE LA FRANCE Geo Perli est connu dans la région comme footballeur – il a été champion de France à 18 ans, en 1960, et président du club de foot de Grenoble. Il a aussi des talents de plasticien. Deux passions qui pour lui n’ont rien d’antinomique, bien au contraire  : « Le sport est une activité culturelle à part entière », revendique celui qui a été à l’origine du musée Géo-Charles à Échirolles – du nom d’un sportif et poète olympique, primé aux JO de 1924. Ce credo est aussi celui du Conservatoire observatoire et laboratoire des JO de Grenoble (Coljog), qu’il a cofondé en 2000 avec Jack Lesage, Paul Blanc et Bernard Loucel afin de transmettre et développer en Isère cette culture olympique qui lui est chère. « L’olympisme est aussi un humanisme », rappelle-t-il. Fortement mobilisé pour ce jubilé, le président du Coljog espère fédérer des personnalités iséroises autour d’un lieu pérenne de partage et de formation à Grenoble, associant les mondes public, privé et associatif. Par Annick Berlioz et Véronique Granger ANNIE FAMOSE JACK LESAGE GEO PERLI ANAÏS CHEVALIER MÉDAILLÉE OLYMPIQUE REPORTER D’IMAGES PRÉSIDENT DU COLJOG BIATHLÈTE, GRAND ESPOIR FRANÇAIS « J’espère décrocher la médaille d’or et faire honneur à ma discipline et à mon pays », clame Anaïs Chevalier. Originaire de Saint-Martin-d’Hères, cette biathlète de 24 ans portera les couleurs de la France aux XXIII e Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang, en Corée du Sud. En 2014, elle avait déjà participé aux JO de Sotchi. « Concourir pour des olympiades est le Graal de nombreux champions. C’est une vraie réjouissance, même s’il faut s’entraîner très durement. On partage des valeurs fortes, comme le courage et le dépassement de soi. » Vicechampionne de monde de sprint et de poursuite junior en 2011, elle intègre l’équipe de France la même année et enchaîne les succès. Son premier trophée marquant est une 14 e place au sprint d’Oberhof en Allemagne en 2014. En 2017, elle finit troisième en sprint féminin, remportant sa première médaille individuelle en championnat du monde.
DOSSIER I L’ISÈRE AVANCE Premier film de candidature, premier symposium de sculptures, premier contrôle antidopage et féminité, première mascotte olympique… « Les Jeux de 1968 ont été ceux de l’innovation ! » (Geo Perli) OLIVIER COGNE AURÉLIE LÉVÈQUE PHILIPPE CORDON LAURENT BOIX-VIVES DIRECTEUR DU MUSÉE DAUPHINOIS IL CAPITALISE L’HÉRITAGE DES JO « Ces Jeux olympiques de Grenoble ont marqué une page importante de l’Isère et même de la France », assure Olivier Cogne. S’il n’était pas encore né en 1968, ce Grenoblois pur souche a baigné tout petit dans les JO à travers les récits de ses parents, tous deux présents lors de l’événement. Les quatre ans de recherches passés sur le sujet – le temps d’une olympiade – font aujourd’hui de lui l’un des meilleurs experts du sujet. « Curieusement, peu de chercheurs s’y sont intéressés », s’étonne cet historien et archiviste, qui a dirigé pendant six ans le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, avant de prendre la direction du Musée dauphinois en 2016. Un musée dont le destin est aussi intimement lié à l’aventure des JO  : « C’est en 1968 qu’il s’est installé au couvent de Sainte-Marie-d’en- Haut. Il a été inauguré par André Malraux, comme la maison de la culture », rappelle-t-il. CHAMPIONNE DE SHORT-TRACK ELLE RÊVE DE PARTICIPER AUX JO « Mon rêve est de participer aux Jeux olympiques d’hiver à Pékin en 2022 », confie Aurélie Lévèque. À 16 ans, cette Échirolloise fait partie des espoirs féminins du shorttrack français  : un sport similaire au patinage de vitesse, qui se pratique sur une piste courte, avec des vitesses pouvant atteindre 55 km/h. En seconde au lycée Marie-Curie, Aurélie s’entraîne au Club de glace de l’amicale laïque d’Échirolles (CGALE), le seul en Isère spécialisé dans cette discipline. « J’ai commencé à l’âge de 10 ans et je m’entraîne depuis 2012 en compétition. » L’année dernière, elle a été sélectionnée en équipe de France pour participer au Festival olympique de la jeunesse européenne, qui se déroule tous les deux ans en été et en hiver. Arrivée 7 e sur 1000 en 1 500 mètres, elle a réalisé de belles performances. Pour 2018, elle a deux objectifs  : être sélectionnée pour la finale de l’Europa Cup et pour les championnats du monde junior. MAIRE DE CHAMROUSSE ANCIEN DIRIGEANT DE ROSSIGNOL IL ADMINISTRE UNE STATION À FORTE NOTORIÉTÉ « Depuis les Jeux olympiques de 1968, Chamrousse est une station emblématique qui bénéficie d’une forte notoriété. Elle a eu le privilège d’accueillir la totalité des épreuves de ski alpin, masculin et féminin, qui ont été télévisées pour la première fois en direct et en couleurs dans le monde entier. Les pistes avaient été spécialement aménagées pour l’événement. Nous avons aussi hérité de nombreuses infrastructures, comme le village de Bachat- Bouloud, créé à l’époque pour recevoir les athlètes », rappelle Philippe Cordon, maire de Chamrousse. Culminant à 2 250 mètres d’altitude dans le massif de Belledonne, à 30 kilomètres de Grenoble, Chamrousse continue de faire rêver. « Jusque dans les années 2000, nous accueillions chaque hiver près de 25 000 gamins qui venaient en classe de neige de la France entière pour apprendre à skier. Aujourd’hui, ils reviennent avec leurs enfants, et Chamrousse reste dans le top 20 des stations françaises les plus connues. » IL A DONNÉ À ROS- SIGNOL UNE STATURE INTERNATIONALE L’entreprise voironnaise a associé dès 1936 son nom à l’olympisme en signant un contrat avec le champion Émile Allais. À l’origine du premier ski moderne contrecollé (l’Olympique 41), ce dernier eut aussi la bonne idée de présenter Laurent Boix-Vives à la famille Rossignol en 1958. Ce jeune entrepreneur de 29 ans va donner très vite à l’entreprise une stature internationale  : en cinq ans, Rossignol passe de 8 000 paires de skis par an à 50 000 – puis à 8 000 paires par jour en 1986 ! Un succès qui doit aussi beaucoup à la compétition  : « J’ai toujours joué cette carte à fond quand personne n’y croyait. La présence sur les podiums a contribué à la notoriété de la marque partout dans le monde ! », assure Laurent Boix-Vives. 1968 verra ainsi les médailles de Marielle Goitschel, Nancy Greene et Annie Famose. À 91 ans, Laurent Boix-Vives n’a pas tout à fait quitté la firme qu’il a dirigée pendant cinquante ans  : l’hôtel qu’il a créé en 2009 à Courchevel se nomme le Strato – le ski mythique de Rossignol, le plus vendu au monde ! #14 I JANVIER/FÉVRIER 2018 I ISÈRE MAG D.R./F. Pattou > 19 >



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