[38] Isère magazine n°133 fév/mar 2013
[38] Isère magazine n°133 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°133 de fév/mar 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (230 x 299) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 19,4 Mo

  • Dans ce numéro : cette maladie qui nous bouleverse, Alzheimer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ledossier d’Isère Magazine ALZHEIMER s Les MAIA : un réseau autour des familles L’expérimentation « MAIA », portée par le Conseil général de l’Isère, est généralisée en 2013. L’Isère est le seul département en France à étendre ce dispositif à tout son territoire. » Raphaël Chifflet, l’un des 12 gestionnaires de cas au Conseil général, suit 30 familles au quotidien. on Contrairement à leur nom, les Maisons pour l’Autonomie et l’Intégration des malades d’Alzheimer (MAIA) ne sont pas des « maisons », mais un réseau innovant, créé pour renforcer notamment la coordination entre tous les professionnels qui interviennent auprès des personnes âgées. L’un des objectifs : mieux orienter les familles, parfois perdues face à tous les dispositifs d’aide. Les MAIA mettent en réseau les différents partenaires du domaine médical, social et médico-social. Il s’agit de faire circuler l’information à tous les niveaux pour que les familles obtiennent une réponse complète et adaptée à leur demande, où qu’elles s’adressent : mairie, hôpital, médecin, assistante sociale, association de malades… Accompagner les malades L’autre enjeu est d’accompagner individuellement, chez elles, les personnes qui sont confrontées à des situations complexes : personne seule, épuisement de l’aidant, problèmes financiers… C’est le rôle du « gestionnaire de cas ». Un référent unique qui facilite le quotidien du malade, soutient l’aidant et assure la cohérence de la prise en charge, grâce à sa vision globale de la situation. Chaque gestionnaire de cas suit jusqu’à 40 malades mais pas plus, afin que le suivi reste personnalisé. Neuropsychologue de formation, Raphaël Chifflet, l’un des quatre gestionnaires de cas de l’agglomération grenobloise, s’est totalement investi dans ce nouveau métier depuis deux ans : « Je suis au quotidien une trentaine de situations complexes, expliquet-il. La plupart du temps, nous sommes interpellés par les professionnels comme le service d’aide à domicile ou le médecin traitant : quand le maintien à domicile est mis en péril par exemple car l’entourage ne s’en sort pas, que le malade est isolé, qu’il y a des conflits…On épaule le malade et la famille en faisant appel à notre connaissance du réseau local pour trouver des solutions. » Sécurisation du logement, coordination des auxiliaires infirmiers et des autres intervenants, dénouement des conflits… ou entrée en établissement, la prise en charge n’est pas limitée dans le temps. « L’important est de nouer une relation de confiance. On est leur interlocuteur au quotidien », poursuit Raphaël Chifflet. Le Conseil général et le réseau Visage ont été lauréats d’un appel à projet régional pour le développement et la pérennisation des MAIA en Isère. En 2013, quatre dispositifs MAIA vont couvrir l’ensemble du département, avec quatre grandes zones autour des centres hospitaliers de Bourgoin-Jallieu, Grenoble, Voiron et Vienne. n Et aussi, des unités spécialisées J.-S. Faure Le Conseil général favorise aussi la création d’unités spécialisées pour les malades d’Alzheimer dans les établissements pour personnes âgées. Exemple à L’Isle d’Abeau, en Nord-Isère. Il est 16 heures. Dans la « salle de vie », 14 résidents partagent des activités. Tous sont atteints de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés et vivent dans l’unité psychogériatrique (UPG) de la maison de retraite « L’Isle aux fleurs », à L’Isle d’Abeau. « C’est une petite unité spécialisée pour les malades d’Alzheimer qui ont besoin d’un lieu de vie sécurisé, à cause de différents troubles du comportement : fugue, désorientation, anxiété, agressivité, agitation nocturne… », explique Francette Gomes Da Silva, la directrice. Des personnes qui ne pouvaient plus rester à domicile, mais qui ne sont pas grabataires. « L’objectif de cette unité, c’est de les protéger, mais aussi de main- tenir ce qui reste de leur autonomie : savoir manger, s’habiller, se laver, marcher… C’est pourquoi, nous les accompagnons en stimulant chaque jour leurs capacités, à travers les soins du quotidien et autour d’activités : musicothérapie, jeu de ballon, atelier cuisine, chorale, jeu de mémoire… » Selon l’activité certains résidents participent activement, d’autres non. « À chaque cas, son malade. Certains auront du mal à s’exprimer mais sauront réaliser les étapes de préparation d’un gâteau, par exemple. L’important, c’est de les stimuler, sans les mettre en échec », souligne la directrice. Dans la salle, après un quizz, les soignantes distribuent le goûter sur un fond musical de Tino Rossi. Des dames se mettent à chanter. L’une d’elles connaît toutes les paroles par cœur… Pourtant, sa mémoire lui fait défaut au quotidien. Une autre résidente se lève en direction du couloir. « Il faut que j’aille à l’usine », dit-elle à sa voisine. Quelques minutes plus tard, elle revient calmement en ayant oublié pourquoi elle était partie. Dans l’unité, les personnes peuvent déambuler, y compris la nuit, car l’espace est sécurisé. Aux beaux jours, elles ont aussi accès au jardin. L’architecture, la prise en charge individualisée, le nombre restreint de résidents sont adaptés à la maladie. « Les personnes sont ainsi moins angoissées », conclut la directrice. 734 places dans des unités de ce type existent déjà en Isère. n >26 Isère Magazine-février-mars 2013
Vivre mieux société Un « Fab Lab » à la cité des sciences iséroisens Depuis mars 2012, le CCSTI-Grenoble accueille dans ses murs le premier « Fab Lab » de France, ouvert au grand public. Une mini-usine, où chacun peut venir concevoir et fabriquer ses propres objets. Un présentoir à bijoux et une ligne de boucles d’oreilles originales, une tablette de chocolat gravée à son effigie, une table de salon cosy, des œuvres d’art lumineuses, des T-shirts ou ceintures en cuir personnalisés… Du mobilier à l’interrupteur à manivelle, tout ce que l’on voit au Fab Lab du CCSTI (Centre culturel scientifiqueettechnique) de Grenoble a été fait « maison » ! Et pas besoin d’avoir son diplôme d’ingénieur : il suffit d’avoir des idées. « La philosophie du Fab Lab, c’est de montrer qu’on peut tout faire par soi-même, que les technologies sont accessibles à tous. Dans la pratique, c’est un espace où les ordinateurs et machines à commande numérique de niveau professionnel sont à la disposition du public, avec un animateur qui explique comment s’en » L’avis de l’élu Pascal Payen, Dans un département comme l’Isère, premier pôle de recherche après la région parisienne avec ses 22 800 chercheurs et 62 000 étudiants, l’innovation est inscrite dans notre ADN ! L’innovation constitue aussi notre principal moteur économique et un enjeu d’avenir. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Centre scientifique et culturel de l’Isère a été le premier créé en France en 1979. Il en existe aujourd’hui 48, dont la Cité des sciences à Paris. servir », expose Alexandre Foray, responsable de la communication du CCSTI. Imaginer, réaliser, partager : trois verbes qui résument l’esprit « Fab Lab » – de l’anglais fabrication laboratory. Le concept est sorti du chapeau d’un enseignant américain du Massaschusetts Institute of technologie à la fin des années 1970, et a essaimé partout dans le monde – le réseau – compte une centaine de Fab Labs labellisés sur tous les continents. Ouvert et animé en mars dernier, celui du CCSTI de l’Isère est le premier de France à s’ouvrir au grand public. Du numérique au réel Réparties sur 300 m², les machines, connectées à des ordinateurs, forment une petite usine en self-service.Avec la machine à découpe et gravure laser, « Développer la culture scientifique et technique » Dans un monde complexe, le grand public, dès le plus jeune âge, doit être en mesure de comprendre les grands phénomènes scientifiques et s’approprier tous ces nouveaux outils numériques mis à sa disposition. Les sciences sont aussi un moyen de développer sa créativité et son esprit critique. Le CCSTI par une approche ludique contribue à aiguiser cette curiosité scientifique : c’est pourquoi, nous le soutenons à hauteur de 95 000 euros par an. Jean-Michel Molenaar, créateur du Fab Lab isérois, devant « la créature » qu’il a modélisée. » Zoom Faire soi-même, mode d’emploi Y X C on peut ciseler au millimètre près toutes sortes de matériaux selon une imagescannée.L’imprimante3D,qui dépose la matière couche par couche, permetdefabriquerunprototype.Avec la découpeuse vinyle, on réalise sans peine son autocollant maison. Et la fraiseuse numérique est à disposition pour usiner son meuble en bois ou en plexi… Depuis mars dernier, sur les 4 000 venus en simples visiteurs, 200 Isérois de tous âges sont déjà repartis avec leur maquette, objet ou proto. Beaucoup d’étudiants, des designers, des artisans, mais aussi des bricoleurs du dimanche qui peuvent déployer leur créativité en mode 2.0. S’il est possible de venir tester ici un produit en vue de le commercialiser, le secret de V fabricationestinterdit.Chaqueutilisateur doit respecter la charte : « On imagine, on réalise… et on partage avec les autres ! », rappelle Jean-Michel Molenaar, responsable et créateur du Fab Lab isérois – il a aussi créé celui d’Amsterdam. Les plus mordus ont déjà publié en ligne le mode d’emploi de leur réalisation sur le site internet dédié (http://fablab.fr), et entamé une collaboration avec d’autres Fab Lab en réseau. Les autres ont simplement posé une affiche sur le mur pour les visiteurs qui voudraient reproduire leur objet.Avis aux curieux ! ■ Véronique Granger » CCSTI, La Casemate, rue Saint-Laurent à Grenoble. Contacts : 04 76 44 88 80 www.ccsti-grenoble.org Photos : M. Giraud >27 Isère Magazine-février-mars 2013



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