[38] Isère magazine n°133 fév/mar 2013
[38] Isère magazine n°133 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°133 de fév/mar 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (230 x 299) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 19,4 Mo

  • Dans ce numéro : cette maladie qui nous bouleverse, Alzheimer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ledossier d’Isère Magazine ALZHEIMER s La maladie d’Alzheimer 1 Qu’est-ce que c’est ? C’est une maladie du cerveau « neurodégénérative », qui provoque la destruction progressive des neurones. Elle entraîne une dégradation des facultés cognitives : mémoire, langage, raisonnement… Les lésions cérébrales s’étendent petit à petit à l’ensemble du cerveau, causant des troubles qui réduisent de plus en plus l’autonomie de la personne. Cette maladie doit son nom au médecin allemand Aloïs Alzheimer, qui l’a décrite pour la première fois en 1906. 2 Qui est concerné ? En grande majorité des personnes de plus de 65 ans, même si ce n’est pas une conséquence normale du vieillissement. Selon les estimations, en France, 850 000 personnes sont touchées par une maladie d’Alzheimer ou apparentée. Environ 25% des plus de 85 ans seraient atteints. Il y aurait aussi 32 000 malades de moins de 65 ans, dont de rares cas décelés avant 40 ans. 3 Comment débute la maladie ? La maladie commence par des troubles de la mémoire car ce sont les neurones de l’hippocampe, siège de la mémoire dans le cerveau, qui sont les premiers atteints. Oublier un rendez-vous, un nom, l’endroit où l’on a rangé ses clés… cela peut arriver à tout un chacun. Mais dans la maladie d’Alzheimer, la personne oublie de façon régulière des événements récents qui la touchent de près – par exemple, une fête de famille qui s’est déroulée quelques jours auparavant et pose plusieurs fois la même question à quelques minutes d’intervalle, ne trouve plus ses mots… D’autres signes peuvent aussi inquiéter l’entourage : changements dans le caractère ou les habitudes, confusion dans le temps, objets rangés dans des endroits insolites, difficultés à effectuer des tâches familières (repas, jardinage, etc.). 4 Quels sont les principaux symptômes ? On parle parfois de la « maladie des 4 A » : troubles de la mémoire (amnésie), du langage (aphasie), de la réalisation des gestes (apraxie) et de la reconnaissance des objets et des personnes (agnosie). Auxquels s’ajoute la désorientation dans l’espace et le temps. Progressivement, le malade perd aussi les capacités requises pour exécuter une action : attention, raisonnement, planification. Se servir un verre d’eau, par exemple, implique de « planifier » plusieurs étapes : prendre la bouteille, la déboucher, verser l’eau dans un verre, le porter à sa bouche. À un stade avancé, même des actions simples deviennent impossibles. La maladie peut aussi entraîner des troubles de l’humeur ou du comportement (anxiété, dépression, agitation, agressivité…). Ils sont souvent la conséquence des troubles cognitifs. Une personne malade va par exemple déambuler parce qu’elle est désorientée, ou agresser un proche qui s’occupe d’elle parce qu’elle ne le reconnaît pas. Ils peuvent aussi être liés à une gêne physique que le malade ne parvient pas à exprimer ou à une attitude inappropriée de l’entourage, qui ne sait pas comment agir avec le malade. D’où la nécessité pour les aidants d’être aidés et de « se former ». 5 Comment évolue la maladie ? 10 à 20 ans peuvent s’écouler avant l’apparition des premiers symptômes - troubles de la mémoire à court terme, difficulté à Fotolia en 10 question Qui contacter ? ■ Diagnostic : parlez-en à votre médecin traitant qui vous orientera vers une consultation spécialisée. ■ Pour être aidé : - Maison départementale de l’autonomie du Conseil général de l’Isère : 0800 800 083 (appel gratuit d’un poste fixe). - Service autonomie de votre territoire (Conseil général, adresses sur www.isere.fr). - France Alzheimer Isère : 04 76 43 18 19 - Centre de prévention des Alpes : 04 76 43 18 19 s’exprimer, manque d’entrain, changement d’humeur… Puis, les troubles de la mémoire s’aggravent et l’autonomie diminue, avec des difficultés à reconnaître les objets, parler ou s’orienter dans le temps et l’espace. La vie à domicile n’est possible qu’avec l’aide de l’entourage. Enfin, au stade avancé, la personne perd progressivement toute autonomie, ne reconnaît plus sa famille, ne parle plus. Une surveillance constante s’impose et des soins spécialisés dans un établissement sont souvent nécessaires. Si la maladie d’Alzheimer n’est pas considérée comme mortelle en soi, elle conduit à une perte d’autonomie et à un affaiblissement qui peuvent être fatals au malade. En moyenne, le décès survient 8 ans après le diagnostic, mais cette durée peut aller de 2 à 25 ans. >22 Isère Magazine-février-mars 2013
ns 6 Que se passe-t-il dans le cerveau ? Les neurones sont atteints par deux types de lésions : les « dégénérescences neurofibrillaires », liées à l’accumulation anormale d’une protéine, appelée Tau, qui forme des filaments au sein des neurones ; les « plaques séniles » ou « plaques amyloïdes », liées au dépôt en excès de la protéine béta amyloïde en dehors des cellules nerveuses, qui forme des plaques dans le cerveau. Ces lésions provoquent la mort des neurones, puis l’atrophie du cerveau. 7 Existe-t-il des traitements ? À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement capable de guérir la maladie ou de stopper son évolution. Néanmoins, des médicaments permettent de ralentir les symptômes et de maintenir une certaine qualité de vie. Ils sont d’autant plus efficaces qu’ils sont prescrits tôt. Mais leur efficacité varie selon les personnes et des effets secondaires, notamment digestifs, sont possibles. 8 Quelles sont les causes de la maladie ? Est-elle héréditaire ? 1% des cas diagnostiqués ont une cause génétique héréditaire. Dans ces formes dites « familiales », la maladie se déclenche souvent de façon précoce, parfois avant 40 ans. Pour les 99% restants, les causes n’ont pas été précisément identifiées. Pour l’heure, les chercheurs ont seulement mis en évidence certains « facteurs de risque » : l’âge, le sexe – après 80 ans, une femme a plus de risque de développer la maladie – mais aussi les facteurs de risques vasculaires comme le diabète ou l’hypertension artérielle. 9 Qu’est-ce que les « maladies apparentées » ? Toutes les maladies qui présentent les mêmes types de symptômes que la maladie d’Alzheimer. Parmi les plus fréquentes : les dégénérescences fronto-temporales, la démence à corps de Lewy et la démence vasculaire. Elles se différencient par le type de lésion, la zone touchée ou la cause de destruction des neurones. Chacune de ces maladies requiert un accompagnement spécifique, d’où l’importance de faire un diagnostic. 10 Où en est la recherche ? Il est peu probable qu’un médicament curatif ou un vaccin voit le jour avant plusieurs années, malgré les très nombreuses recherches. Certaines portent notamment sur le contrôle de la production de la protéine béta amyloïde, responsable de la formation des « plaques séniles » dans le cerveau, et sur la façon de protéger les neurones. Autre piste : au Canada et en France, des essais de stimulation cérébrale profonde, visant à améliorer la mémoire des malades, devraient bientôt commencer. D’ores et déjà, des examens permettent de détecter les lésions cérébrales du vivant des patients, le plus tôt possible, pour améliorer le diagnostic et favoriser une prise en charge précoce. » Question à Olivier Moreaud Neurologue au CHU de Grenoble et directeur du Centre mémoire de ressources et de recherche de Grenoble Arc Alpin « L’importance d’un diagnostic précoce » ■ Pourquoi un diagnostic précoce de la maladie estil important ? Le délai moyen entre les premiers troubles et le diagnostic est de 24 mois en France, c’est beaucoup. Même s’il n’existe pas de traitement curatif, il est essentiel de poser rapidement un diagnostic pour une prise en charge efficace et un plan d’aide adapté : aides médicales, médico-sociales, financières… Certains médicaments, dont l’efficacité est plus grande s’ils sont pris tôt, permettent de ralentir l’évolution des symptômes et d’améliorer la qualité de vie du malade comme de son entourage. Au premier stade de la maladie, le patient est encore lucide. On peut discuter avec lui de son accompagnement, tenir compte de ses attentes et le préparer petit à petit à l’évolution de son état pour éviter les situations de crise et les troubles du comportement. On informe aussi l’entourage sur la maladie et sur les solutions qui existent pour le répit des aidants. Car s’occuper d’un malade n’est pas une chose innée. En voulant bien faire on peut empirer la situation, être inefficace ou s’épuiser. Le diagnostic permet enfin d’écarter d’autres pathologies. Il existe des maladies avec des troubles cognitifs de type « démence » autres que la maladie d’Alzheimer. Elles ont des spécificités et certaines se soignent, d’où l’importance de faire le bon diagnostic. Il ne faut pas hésiter à consulter. M. Giraud >23 Isère Magazine-février-mars 2013



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