[38] Isère magazine n°133 fév/mar 2013
[38] Isère magazine n°133 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°133 de fév/mar 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (230 x 299) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 19,4 Mo

  • Dans ce numéro : cette maladie qui nous bouleverse, Alzheimer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ledossier d’Isère Magazine ALZHEIMER s 14 000 malades en Isère pot général chargée des personnes âgées. « Nous devons accompagner les personnes en perte d’autonomie : en leur permettant de vivre chez elles le plus longtemps possible, avec des aides dans leur quotidien, en soutenant les familles, en créant de nouvelles places en établissement pour ceux qui ne peuvent plus rester à domicile. » Une épreuve pour les familles 75% des malades d’Alzheimer vivent aujourd’hui chez eux, grâce aux services d’aides à domicile mais aussi grâce à l’aide d’un proche : mari, épouse, fille, fils… Ceux que l’on appelle « les aidants familiaux ». « Cette solidarité familiale joue un rôle essentiel », poursuit Gisèle Perez. Mais accompagner un malade au quotidien est une véritable épreuve F. Pattou » La maladie d’Alzheimer et les troubles apparentés sont un des premiers postes de dépenses de santé des seniors. Le coût de la prise en charge des malades est de 4,5 milliards d’euros par an. » Maladie d’Alzheimer 10 SIGNES POUR LA REPÉRER… Même s’ils ne sont pas forcément liés à la maladie d’Alzheimer, certains signes doivent vous y faire penser… 1 – Pertes de mémoire, plus spécifiquement, un oubli des évènements récents. 2 – Difficultés à accomplir les tâches quotidiennes. Par exemple préparer un repas et oublier de le servir. 3 – Problèmes de langage. Difficultés à trouver ses mots, utilisation d’un mot pour un autre. 4 – Perte du sens de l’orientation. Dans le temps comme dans l’espace, le malade perd ses repères. 5 – Difficultés dans les raisonnements abstraits. Perte des compétences telles que remplir des papiers administratifs, rédiger un chèque. 6 – Pertes d’objets. Ne jamais retrouver les objets usuels ou les placer dans des endroits inadéquats (exemple : une montre dans le four). 7 - Altération du jugement. Perte de la capacité à évaluer les situations : oubli d’un rendez-vous, prise de risque inconsidérée… 8 – Modifications du comportement. Tendance dépressive, signes d’anxiété, d’irritabilité… 9 – Pertes de motivation. Y compris pour les activités qui étaient des passions. 10 – Changement de personnalité. Le malade peut perdre son caractère et devenir très différent. (source France Alzheimer) pour les familles des malades, devenus des fantômes d’eux-mêmes. Beaucoup d’aidants sacrifient leur vie familiale, professionnelle et sociale. Un dévouement souvent synonyme de sentiment d’impuissance, d’isolement et d’épuisement. « En France, 60% des aidants des malades d’Alzheimer souffrent de dépression et 40% décèdent avant le malade », indique Gérard Dougnon, président de l’association France Alzheimer Isère. Pour aider les malades et leurs familles, le Conseil général de l’Isère favorise la création de places d’hébergement temporaire ou en accueil de jour pour les malades, offrant des périodes de répit aux proches, et organise des conférences et des groupes d’aide aux aidants. Dans ce domaine, l’Isère fait partie des départements les plus actifs. Le Conseil général est aussi un pionnier dans la mise en place des Maisons pour l’Autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer (MAIA) (voir p.26), lancée dans le cadre du plan national Alzheimer. Retarder la perte d’autonomie À défaut de médicament capable de stopper sa progression, on sait aujourd’hui qu’une prise en charge précoce de la maladie d’Alzheimer est essentielle, permettant de retarder la perte des facultés, de limiter les troubles du comportement et d’améliorer la qualité de vie du malade. D’où l’enjeu du diagnostic précoce, mais aussi de l’information et du soutien aux aidants. « Comprendre la maladie, accepter d’être aidé et savoir souffler, c’est primordial pour mieux accompagner la personne. Cela a un grand impact sur la vie quotidienne, sur le plan affectif et la relation au malade », souligne Gérard Dougnon. Un combat difficile pour l’aidant, qui doit faire le deuil de la personne qu’il a connue et consentir à demander de l’aide, et pour le malade, qui doit accepter son état. Un combat aussi pour les pouvoirs publics, pour la recherche médicale, pour la société tout entière. Sandrine Anselmetti >20 Isère Magazine-février-mars 2013
tager Le Conseil général se mobilise en faveur des malades d’Alzheimer Avec un budget de 164 millions d’euros consacré aux personnes âgées dépendantes, le Conseil général aide notamment les personnes atteintes des maladies d’Alzheimer ou apparentées et leur famille. MAINTIEN À DOMICILE n L’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), versée aux plus de 60 ans en perte d’autonomie, permet de financer de nombreux services à domicile : soins d’hygiène, aide-ménagère, portage des repas… n Des places en accueil de jour ou en hébergement temporaire sont financées dans les maisons de retraite pour accueillir les malades et offrir des périodes de répit aux aidants familiaux. n Des actions de prévention, d’information et de soutien aux aidants sont organisées par le Conseil général et ses partenaires : conférences sur la maladie d’Alzheimer, ateliers mémoire, groupes de paroles et d’aide aux aidants… ACCUEIL DANS LES ÉTABLISSEMENTS n Financement de nouvelles places en maison de retraite et réhabilitation des établissements. Le Conseil général verse aussi l’APA en établissement qui couvre une partie du « forfait dépendance » (dépenses liées à la dépendance) et l’aide sociale pour les personnes à faibles ressources. n Des places en unités spécialisées (unités psychogériatriques) pour les malades d’Alzheimer ou les personnes atteintes de syndromes apparentés sont programmées par le Conseil général à chaque ouverture ou rénovation d’Ehpad : un tiers de la capacité d’accueil des nouveaux établissements. COORDINATION DE L’ACCOMPAGNEMENT n Avec les Coordinations territoriales pour l’autonomie (Corta) dans les 13 territoires de l’Isère, le Conseil général renforce le travail en réseau de tous les professionnels qui interviennent auprès des personnes âgées : auxiliaires de vie, infirmiers, kinés, assistantes sociales, personnel hospitalier, Ehpad… L’objectif : agir de manière coordonnée, avec une vision globale, pour une meilleure prise en charge (sans rupture,sans manques, ni doublon). n Le dispositif des Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer (MAIA) permet d’améliorer l’accès à l’information et l’accompagnement des malades en situation difficile (voir p.26). F. Pattou F. Pattou » Question à Gisèle Perez vice-présidente du Conseil général chargée des personnes âgées et des personnes handicapées « L’Isère, un département pionnier » ■ En quoi le Conseil général de l’Isère est-il précurseur pour l’aide aux malades d’Alzheimer ? Après une phase d’expérimentation, il sera le premier Département de France à généraliser le dispositif des Maisons pour l’Autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer (MAIA) à l’ensemble de son territoire dès 2013, pour qu’il bénéficie au plus grand nombre. Nous serons aussi pionniers pour expérimenter un bouquet de services d’aides humaines et techniques, appelé « Autonom@dom », destiné à améliorer la prise en charge médicale et sociale à domicile. Très innovante, cette plateforme sera accessible par téléphone 24 h sur 24 et intégrera tous les services et les aides dont les personnes âgées ont besoin pour vieillir chez elles en sécurité. Nous allons aussi créer en Isère une maison pour les jeunes malades d’Alzheimer (moins de 60 ans), unique en France. Cette structure de 30 places regroupera un foyer d’accueil médicalisé et une maison d’accueil spécialisée : deux unités avec des niveaux de soins différents, qui permettront aux personnes de rester dans le même lieu tout au long de l’évolution de la maladie. Cette maison aura aussi une philosophie de vie différente, sur le modèle familial : les patients ne seront pas des résidents passifs mais participeront à la vie de la maison et le lien avec leurs familles sera préservé. Cette expérience s’inscrit dans le plan Alzheimer et a fait l’objet d’un appel à projet lancé par le Conseil général et l’Agence régionale de santé pour une ouverture en 2015. s >21 Isère Magazine-février-mars 2013



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