[38] Isère magazine n°130 novembre 2012
[38] Isère magazine n°130 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°130 de novembre 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : lire c'est vivre !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Trésor d’Isère » Avec ses deux tours et ses imposantes proportions, le château à motte de Bocsozel témoigne d’un illustre passé. » Le blason des Bocsozel, (en bas), avec celui de la Maison de Savoie. LE MOTTIER GRENOBLE Le château de Bocsozel Les Bocsozel font partie des plus illustres familles du Dauphiné et de Savoie. Leur fief se trouve au Mottier, où ne subsistent plus que deux tours de leur fier château féodal. Où est-il situé ? Au Mottier, village de 720 habitants, situé près de La Côte- Saint-André. Les vestiges du château se trouvent au sommet d’une motte castrale dominant, à 564 mètres d’altitude, la plaine du Liers. Par beau temps, on aperçoit le Mont Blanc. Son histoire Le château est étroitement lié au conflit delphino-savoyard qui s’achèvera en 1355, avec la signature du traité de Paris. Le Mottier » L’anecdote Un Bocsozel décapité ! « Adieu, pré monts et plaine, Rochers forêts et bois, Ruisseau, fleuves et fontaines, Où perdu, je m’en vois » … Si les Bocsozel se sont illustrés au combat, en croisade ou en religion, l’un des plus connus était… poète. Disciple de Ronsart, petit-fils du chevalier Bayard, assidu à la cour du Roi de France, Peyraut Le Chastelard de Bocsozel suivra le seigneur d’Anville est jusqu’à cette date comme Saint- Quentin-Fallavier, La Côte-Saint- André ou Voiron, une enclave savoyarde en terre dauphinoise. Point stratégique, le site avait déjà été investi par les Romains qui y avaient installé un poste de guet pour surveiller la voie Lyon-Grenoble. Des poteries ont été retrouvées au début du XX e siècle par Hippolyte Müller, fondateur du Musée dauphinois. On suppose qu’une maison forte, de bois et de terre, a ensuite été élevée, vers l’an mil, par une famille seigneu- en Écosse et tombera fou amoureux de la reine Marie Stuart. Imprudent, on affirme qu’il se cacha sous son lit à plusieurs reprises. Découvert, il fut emprisonné et décapité en 1563. Photos : M. Giraud - DR riale voulant affirmer son autorité dans la région. Deux chartes du 25 janvier 1000 et du 2 avril 1003 attestent la présence d’un vaste domaine foncier et du castrum Bocizelo (château de Bocsozel) sur le coteau dominant la plaine du Liers. Ceint de remparts, l’ensemble couvre deux hectares et abrite les dépendances seigneuriales ainsi que des maisons d’habitation. À partir de 1036, Bocsozel devient la propriété d’une famille apparentée aux comtes de Maurienne alors que le Dauphiné est en train de se constituer. Au XII e siècle, la motte castrale fait place à un château en pierre, avec la construction d’une tour carrée venant s’appuyer sur les remparts. Dauphinois et Savoyards sont en effet en guerre et Boczosel fait régulièrement l’objet de raids dévastateurs, menés par les Dauphins et leurs vassaux. Cette haine sera entretenue jusqu’au transport du Dauphiné au royaume de France en 1349 et un échange de terres entre Français et Savoyards en 1355. Avec la paix, Boczosel n’a plus de raison d’être. Depuis des années déjà, quittant l’exiguïté du bourg castral, les villageois se sont installés dans la plaine, à proximité du monastère. Le comte de Savoie a également fait construire, à La Côte-Saint-André, un autre château beaucoup plus confortable. Bocsozel sera progressivement abandonné et le domaine morcelé au gré des successions. La commune l’acquerra au début des années 1980. En quoi est-il remarquable ? Ancienne conservatrice au Musée dauphinois, Chantal Mazard ne tarit pas d’éloges sur ce château à motte, « l’un des plus exceptionnels de la région, par ses dimensions imposantes, son excellente conservation et sa constitution, avec tertre, terrasses, levées de terre, fossés… » Les deux tours, l’une ronde, l’autre quadrangulaire, témoignent par les matériaux utilisés, galets roulés, tuf et briques, de la puissance des seigneurs de Boczosel – la brique étant employée sur les faces extérieures pour traduire sa richesse. Aujourd’hui ? Lieu de promenade, les vestiges sont en accès libre. Pour une visite guidée, groupes et scolaires peuvent faire appel aux bénévoles de l’association des Amis de Bocsozel, qui, depuis 1984, ne ménagent pas leurs efforts pour restaurer et animer le site. ■ Richard Juillet » Contact : 04 74 54 47 64. >32 Isère Magazine - novembre 2012
Vivre mieux Agriculture Agriculteur et... boulanger A Torchefelon, près de Bourgoin-Jallieu, Christian Dalmasso fabrique sa propre farine pour faire son pain, élaboré à partir d’un mélange d’une centaine de variétés anciennes de blé. « R egardez ces pailles très hautes, cette diversité de couleurs, ces épis barbus... Un vrai coup de foudre visuel. » Installé à Torchefelon, Christian Dalmasso est intarissable lorsqu’il décrit ses champs de blé ! Il faut dire qu’ils n’ont rien de commun avec ces étendues uniformes que l’on peu observer en plaine de Beauce ou de Brie. Ses parcelles ont été ensemencées avec un mélange d’une centaine de blés différents, des céréales anciennes comme le Mottin rouge ou le Roussou, qu’il a découvert grâce à l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural Rhône-Alpes (ARDEAR) et le réseau national Semences paysannes. Chaque année, il récolte environ 35 tonnes de ce blé biologique qu’il transforme en farine puis en miches et pains allongés, grâce au moulin et au fournil installés à la ferme. La production d’environ 350 kg par semaine est vendue en direct ou livrée à des magasins spécialisés comme la Gamme paysanne à La Frette, La Ronde des fermes à Estrablin ou encore Biocoop à Bourgoin-Jallieu. On peut égale- Un conservatoire du blé• Roussou de l’Oisans, Mottin rouge du Nord-Dauphiné... Christian Dalmasso conserve chaque année sur pied 80 variétés anciennes de blés, mais aussi de l’orge, du seigle et de l’avoine sur des petites parcelles de 1 mètre sur 10. Cette collection de souches ment acheter son pain dans des fermes relais par l’intermédiaire de l’association de producteurs locaux « Mes voisins de paniers ». Une centaine de blés différents Ingénieur formé à l’Isara* de Lyon, Christian Dalmasso a repris la ferme du Pic Bois en 1995. A l’époque, lui permet d’ensemencer ses champs mais aussi de proposer à d’autres agriculteurs intéressés, une alternative aux variétés modernes de blé. Il collabore aussi avec l’INRA et le réseau Semences paysannes pour sélectionner et croiser des variétés anciennes de céréales. Chaque année, Christian Dalmasso récolte 35 tonnes de blé bio qu’il transforme en pain. l’exploitation consistait en un élevage de chèvres et la transformation de leur lait en fromage. En 2000, avec l’arrivée de deux associés, Laurence Ferrini et Thierry Beati, il décide de se diversifier et choisit la boulange, comme activité complémentaire, non sans quelques difficultés. « Les blés biologiques que nous avions semés au départ ne nous permettaient pas d’obtenir des récoltes pérennes. La production était en dents de scie, certainement à cause de l’inadaptation de ces semences aux sols difficiles », explique-t-il. Il a alors interrogé les anciens du village sur leurs pratiques d’antan, recherché aux Archives départementales et à l’INRA** la liste des variétés de blés de montagne ou celles emblématiques de la région. M. Giraud » Question à Christian Nucci, vice-président du Conseil général chargé de l’agriculture « Un soutien au bio et aux filières courtes » ■ Comment le Conseil général soutient-il l’agriculture biologique ? Le Conseil général, qui réserve un budget de 5,3 millions d’euros au secteur agricole isérois, soutient l’agriculture biologique et l’offre de produits locaux. Ses aides revêtent plusieurs formes. Il finance les diagnostics, à hauteur de 50%, pour les exploitants désirant se convertir à l’agriculture bio. Il aide les agriculteurs investissant dans des projets à valeur ajoutée : vente directe, transformation fermière... augmenté de 10% pour le bio. Par ailleurs, le Conseil général soutient l’association ADAbio qui promeut une agriculture respectueuse des personnes et de leur environnement. Il soutient enfin la filière bio pour l’approvisionnement en produits « AB » de la restauration collective et des collèges. Un travail qui a abouti en 2004 – avec l’arrivée également d’un dernier associé, Baptiste Laboureur – à la formule « magique » qui donne entière satisfaction aujourd’hui. « Le blé qui nous sert à faire notre pain est un mélange d’une centaine de variétés anciennes, locales mais aussi du monde entier, que nous ressemons chaque année. Ainsi, en période de sécheresse, nos blés d’Europe du sud nous permettent d’assurer un rendement minimal et inversement, avec nos blés d’Europe du nord les années fraîches et humides ». Cette diversité génétique présente d’autres avantages : un arôme incomparable du pain et une teneur très faible en gluten qui le rend beaucoup plus digeste. ■ Richard Juillet Contact : La Ferme du Pic Bois, 04 74 92 23 93. * Institut supérieur d’agriculture Rhône-Alpes. ** Institut national de la recherche agronomique. >33 Isère Magazine - novembre 2012



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