[38] Isère magazine n°111 été 2010
[38] Isère magazine n°111 été 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°111 de été 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Isère

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : et si, cet été, vous visitiez une splendide cité antique en Isère ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Photos : D. R Trésor d’Isère » La grotte sous le château. » Le château de la Sône surplombant l’Isère. » La chapelle et ses fresques du XVII e siècle. » Le grand salon d’apparat. l’édifice. Dotée d’une haute tour couronnée de mâchicoulis, la maison-forte est transformée en forteresse. Au gré des alliances, cessions et héritages, le château passe dans le giron de plusieurs familles de la région, accueillant d’illustres personnages comme le futur roi Louis XI qui y séjourne lorsqu’il se rend à l’abbaye de Saint-Antoine ou chasse dans les forêts alentour. Il subit aussi d’importants outrages lors des guerres de Religion qui mirent le Dauphiné à feu et à sang. En 1603, en piteux état, il est cédé par Horace du Rivail à Félicien de Boffin, avocat général au Parlement de Grenoble. Il restera près de deux siècles dans cette famille qui le réaménagera en château de plaisance. Sur la terrasse, un grand corps de logis est bâti sur trois niveaux, lui donnant sa configuration actuelle. Des jardins sont dessinés. La famille Boffin s’éteignant, il est vendu, en 1788 pour 40 000 livres à un magistrat de Grenoble, Paul- César du Colombier, qui, sans s’en douter, sera le dernier seigneur de La Sône. Durant les XIX e et XX e siècles, ce sont principalement des industriels, les familles Jubié et Mau- vernay, qui vont y résider. Grâce à ses chutes d’eau, le village de La Sône a en effet développé depuis le XVIII e siècle d’importantes activités de moulinage de la soie. Jacques Vaucanson y séjournera en 1773 et en 1779 pour voir fonctionner les machines de son invention. De nos jours, il est la propriété de Jean-Louis Pons, un passionné de vieilles pierres qui, depuis 1976, a restauré demeure et jardins. En quoi est-il remarquable ? Il est l’un des rares châteaux à avoir été habité quasiment sans discontinuité depuis 900 ans. En témoignent les nombreux remaniements dont il fut l’objet jusqu’à son architecture actuelle. Il abrite aussi une chapelle et des fresques » Zoom L’anecdote… Construit en partie en pierre de tuf locale, le château de La Sône recèle plusieurs cavités et souterrains. Depuis ses douves, une légende, bien vivace, raconte qu’au Moyen-Age, un passage aurait été construit sous l’Isère pour rejoindre l’autre rive de la rivière en cas d’attaque ou de siège par » Les jardins à la française. Un château au fil de l’eau Toujours élégant malgré les siècles et les outrages, surplombant fièrement l’Isère, le château de La Sône, près de Saint-Marcellin, invite à la découverte et la flânerie. Il est le témoin de 900 ans d’histoire. Où est-il situé ? Le château est situé à La Sône, village de 700 habitants, à 7 km de Saint-Marcellin. Il s’élève sur la rive droite de l’Isère. Son histoire Si la topographie détermine le plus souvent l’emplacement d’une place forte ou d’un pont, le château de La Sône n’échappe pas à la règle. Perché sur un éperon rocheux dominant la rivière, il fut dès l’Antiquité un poste de guet destiné à surveiller la vallée de l’Isère. Les Romains bâtiront également un pont, à proximité, pour relier le Viennois au Diois, via les Chambaran et le Royans. Sa première mention officielle date du XIII e siècle. C’est alors une maison forte, propriété d’une famille de la petite noblesse locale du nom de La Reffrerie. Le fief passe ensuite aux mains des seigneurs de Saint-Quentin* puis des princes du Dauphiné. Il est cédé en 1349 par Humbert II, dernier dauphin du Viennois, au fils aîné du roi de France. Au XIV e siècle, Ardanchon de La Reffrerie entreprend d’importants travaux pour agrandir et renforcer » L’entrée du château, face nord. du XVII e siècle et, dans ses salles basses, une grotte, utilisée comme cachette durant les guerres de Religions. Son parc présente des arbres remarquables, hêtre pourpre, cèdre, ginkgo biloba. Mais le plus étonnant reste la charpente massive en bois de châtaignier qui couronne la grande tour. Aujourd’hui ? Classé monument historique, le château est ouvert à la visite jusqu’au 1er octobre, dimanches et jours fériés à 15h, 16 h et 17 h sur réservation. Juillet et août, tous les jours, sauf le samedi, à 15h, 16 h et 17h. Il a aussi vocation à l’accueil d’événements privés et professionnels et d’expositions de peinture. Cette année des œuvres de Carole Roubeau sont présentées. ■ * Saint-Quentin-sur-Isère. >50 I s è r e M a g a z i ne - é t é 2010 Richard Juillet » Contact : 04 76 64 41 70. www.chateaudelasone.com des ennemis. On le cherche encore ! Photos :
C’est notre histoire C’était le 11 juin 1430 Le Dauphiné reste français 81 ans après le rattachement du Dauphiné à la France, la bataille d’Anthon, qui s’est déroulée à Janneyrias dans le Nord- Isère en 1430, a bien failli sonner le glas de cette union. C’était sans compter sur la détermination des Dauphinois. A près une rapide prière, Raoul de Gaucourt remet son heaume et donne le signal du combat. Nous sommes le dimanche 11 juin 1430. Cela fait à peine 18 mois qu’il a été nommé gouverneur du Dauphiné par le roi de France, Charles VII, et déjà doit-il une nouvelle fois faire face à la mort ! Compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, Gaucourt a heureusement une pratique guerrière hors pair et a préparé une petite surprise à ses ennemis du jour, Orangistes, Bourguignons et Savoyards. Ces derniers, profitant d’un royaume de France très affaibli par près d’un siècle de combats avec l’Angleterre et ses alliés, ont en effet décidé de conquérir le Dauphiné. Le prince d’Orange, Louis II de Châlons, possède, au nord, la Franche-Comté et, au sud, la principauté d’Orange. En annexant le Dauphiné, il peut réunir ses terres et se bâtir un petit royaume indépendant. Quant à Amédée VIII, duc de Savoie, il a fait savoir qu’il soutiendrait le parti le plus favorable à ses intérêts, en l’occurrence, les Orangistes. Grenoble, la vallée du Grésivaudan, l’Oisans et les Ecrins lui sont promis. Pour les Bourguignons, tout ce qui peut nuire à la France est bon à soutenir. La bataille trouve son origine deux ans plus tôt. Au mépris d’une trêve entre Français et Bourguignons, Châlons s’est emparé de trois places fortes dauphinoises situées en Nord-Isère : Anthon, Auberive-sur-Varèze et Colombier*. Ces châteaux lui serviront de base logistique pour conquérir le Dauphiné. Alors qu’il pensait agir impunément, cette agression lui vaut les remontrances de Charles VII. Ce dernier menace Châlons qui, penaud, accepte de rendre les châteaux. En théorie seulement, car dans la pratique, il consolide ses positions et se tourne vers ses alliés pour lever une puissante armée. Face à lui, les Dauphinois s’organisent. En ce début d’année 1430, Gaucourt, instruit des préparatifs de Châlons, appelle Charles VII au secours. Mais le roi de France ne peut lui envoyer des troupes. En revanche, il demande à Humbert de Grolée, sénéchal de Lyon, d’engager les mercenaires espagnols de Rodrigue de Villandrando. Des Lombards sont également enrôlés ainsi que ce qu’il reste de la noblesse dauphi- Un combat à un contre trois ! noise. Au total : 1 600 hommes. Le 20 mai, les Etats du Dauphiné, réunis La Côte-Saint-André, votent une somme de 50 000 florins pour subvenir aux frais de guerre. Le 27 mai, Gaucourt et Villandrando passent à l’attaque avec succès. Stationnée à Anthon, l’armée de Châlons, forte de 4 300 hommes, se met alors en marche. Pour Gaucourt, la situation est délicate : comment remporter la victoire à un contre trois ? Une stratégie est élaborée : les Dauphinois et leurs alliés se battront en terrain couvert, profitant de l’épaisse forêt des Franchises, à Janneyrias, que l’ennemi doit emprunter pour se rendre à Colombier (voir plan). Vers » Zoom Que reste-t-il de cette bataille ? La Maison du patrimoine de Hières-sur-Amby conserve des pointes de flèche, de lance, carreaux d’arbalète et une dague (photo), retrouvés sur les lieux » Plan de la bataille d’Anthon. 13 heures, à la vue des premiers cavaliers orangistes, Villandrando et ses 400 hommes embusqués les assaillent, avec férocité. Surpris, les chevaliers bourguignons refluent en désordre vers leur corps d’armée principal qu’ils dispersent involontairement. Sur les flancs, Milanais, Lyonnais et Dauphinois resserrent l’étau et achèvent l’encerclement. C’est la panique ! Châlons, blessé, s’enfuit. Pour ses troupes commence un véritable massacre. Le surlendemain, au marché de Crémieu, 1 200 destriers seront proposés à la vente par les mercenaires de Villandrando. Le Dauphiné est sauvé. * Aujourd’hui Colombier-Saugnier dans le Rhône. de la bataille. Une stèle commémorative a également été érigée sur la RD 517 entre Janneyrias et Charvieu-Chavagneux. Enfin, des rues et impasses du hameau du Piarday, à Charvieu-Chavagneux, portent le nom des belligérants : Grolée, Gaucourt, Châlons, Villandrando, Maubec et même un certain Pierre Terrail, aïeul du chevalier Bayard. » Contact : Maison du patrimoine : 04 74 95 19 10. >51 I s è r e M a g a z i ne - é t é 2010 Richard Juillet



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