[35] Nous Vous Ille n°100 fév/mar 2013
[35] Nous Vous Ille n°100 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°100 de fév/mar 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général d'Ille-et-Vilaine

  • Format : (210 x 296) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 89,7 Mo

  • Dans ce numéro : un million d'habitants en Ille-et-Vilaine (et vous, et nous).

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Il y a cinquante ans, le boom démographique Après la Seconde Guerre mondiale l’Ille-et-Vilaine comptait 550000 habitants, et Rennes moins de 100 000. Retour vers le passé. L’EXPLOSION DÉMOGRAPHIQUE RENNAISE > Durant les Trente Glorieuses, la population rennaise a presque doublé. En 1975, la capitale bretonne comptait 198 000 habitants. Pour loger les nouveaux arrivants, les tours ont poussé à Maurepas ou Villejean. Les pavillons ont ensuite « champignonné » dans les communes de l’agglomération. Entre 1975 et 2005, Cesson-sévigné est passée de 6 000 habitants à plus de 15 000. La courbe est similaire à Bruz. PH. ARCHIVES DÉPARTEMENTALES Industries À partir des années 50, nombre d’usines se sont implantées en Ille-et-Vilaine. La majorité des paysans et leurs enfants se sont reconvertis en ouvriers. Un moyen d’endiguer l’exode breton. Fermez les yeux, et imaginez la courbe démographique de l’Ille-et-Vilaine. Entre 1800 et 1946, le tracé oscille entre 500 000 et 600 000 habitants. Et puis, le boom. À partir des années soixante, la courbe grimpe. Sans relâche, elle s’envole et dépasse définitivement celle des autres départements bretons. En 2012, plus d’un million de personnes résident en Ille-et-Vilaine. Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Rennes 2, Jacqueline Sainclivier fait remonter le phénomène démographique à 1945. Cette année-là, Rennes troque son modeste costume de chef-lieu départemental pour celui de préfecture régionale. « Avant, Rennes n’était qu’une ville de 90 000 habitants. Ses atouts ? Son palais de justice, son statut de chef-lieu administratif et académique départemental. Point. À partir de 1945, le rayonnement de la ville et du département est tout autre ! » L’ouverture de Citroën Il ne suffit pas de revendiquer un statut régional pour endiguer du jour au lendemain le lancinant déclin démographique. Après la Seconde Guerre mondiale, les Bretons font davantage d’enfants que les Français. Mais les jeunes quittent massivement la région. La principale cause ? « Le déclin de l’emploi agricole sous l’effet de la mécanisation », dit l’Insee. Après 1945, l’agriculture bretonne perd 16 000 emplois par an pendant 30 ans. 90% des postes du secteur ont disparu au cours du siècle. Le recensement de 1968 annonce la fin de l’hémorragie démographique. « Depuis quelques années, l’État procède à la déconcentration, explique Jean Ollivro, géographe et historien. L’industrie automobile s’installe ainsi autour de Rennes. » La Barre-Thomas s’implante au milieu des années 50. Citroën suit au début des années 60. « Cette ouverture contribue à fixer la population, insiste Jacqueline Sainclivier. Les répercussions sont palpables sur l’Ille-et-Vilaine et même au-delà. Tous les matins, des cars viennent chercher les ouvriers dans leur village. » Outre l’industrie automobile, le département s’impose comme une terre fertile pour le secteur agroalimentaire. Une dizaine d’entreprises essaiment et embauchent aux quatre coins du territoire. Dans les années 1970, l’Ille-et-Vilaine rayonne grâce à des symboles de modernité : la construction des Horizons à Rennes, l’un des immeubles les plus élevés de France, de l’usine marémotrice de la Rance… De quoi gommer la réputation spartiate de la région, dont une partie des foyers ne sont toujours pas équipés de l’eau courante, du gaz ou du téléphone… Des cols bleus aux cols blancs En Ille-et-Vilaine, les villes attirent. La capitale bretonne notamment. Elle absorbe la population rurale. Les tours de Maurepas ou de Villejean poussent pour loger des milliers de nouveaux arrivants. À la fin des Trente Glorieuses, le département s’engage dans un nouveau tournant économique. Celui des nouvelles technologies et des télécoms. À écouter les historiens, il s’agit d’une suite logique. « Lorsque Citroën a ouvert, les décideurs ont cherché à donner du travail aux femmes des ouvriers. Celles-ci, souvent couturières de formation, étaient réputées pour être habiles de leurs mains. Elles ont donc travaillé dans l’électronique », rappelle Jacqueline Sainclivier. Profitant d’une main-d’œuvre déjà en place et de techniciens qualifiés passés sur les bancs de l’université rennaise, nombre d’entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies de l’information et Jacqueline Sainclivier : « Lorsque Citroën a ouvert, les décideurs ont cherché à donner du travail aux femmes des ouvriers. » de la communication s’implantent dans la cité du Minitel. Rennes Atalante naît au milieu des années quatre-vingt. Tandis que l’industrie automobile s’essouffle, les nouvelles technologies explosent. Ce changement modifie le visage de la société locale. Dans les années quatre-vingt-dix, le nombre d’ouvriers reste stable. Celui des cadres et des professions intermédiaires augmente de 33%. Moins touchée par les crises économiques, l’Ille-et-Vilaine renforce son attractivité. Au point d’attirer toujours plus de nouveaux venus, et de s’imposer comme un territoire d’un million d’habitants. ■ 16 NOUS VOUS ILLE FÉVRIER-MARS-AVRIL 2013
Citroën Après la Seconde Guerre mondiale, l’ouverture de cette usine automobile a redynamisé le département. Chaque matin, des cars de l’usine venaient chercher les 14 000 ouvriers aux quatre coins de l’Ille-et-Vilaine. PH. ARCHIVES DÉPARTEMENTALES Interview « L’Ille-et-Vilaine est de plus en plus urbaine, on a gommé sa ruralité. Mais les gens étaient plus proches. » Vous sortez un ouvrage photographique, L’Ille-et-Vilaine de Georges Dussaud (Editions Ouest-France). Les premières pages de votre livre annoncent « un voyage dans un autre temps si proche et si lointain ». Le département a-t-il tant évolué ? Pour ce livre, j’ai extrait 135 clichés de mes archives. Ces images montrent les petits détails de la vie quotidienne des années 1980 en Ille-et-Vilaine. Il s’agit de notre histoire. De notre mémoire collective. En trente ans, les changements sont saisissants. Regardez les photos de Rennes. L’atmosphère, les vêtements, les attitudes, les gens sont différents. En campagne, la vie des cafés semble d’un autre temps. L’agriculture s’est industrialisée. Qu’est-ce qui a le plus changé ? L’Ille-et-Vilaine est de plus en plus urbaine. On a gommé sa ruralité. Nombre de Georges Dussaud Photographe RICHARD DUMAS En trente ans, les changements sont saisissants. Regardez les photos de Rennes. L’atmosphère, les vêtements, les attitudes, les gens… sont différents. villages ont joui de l’attractivité des pôles urbains. Les « vraies » campagnes ont été désertées. À l’époque, la vie était plus austère. Plus difficile. Nous ne sommes pourtant pas plus épanouis aujourd’hui. On vit dans l’inquiétude de l’avenir. Mon livre montre des scènes de chasse ou de vie de bistrot. Ces clichés laissent transparaître une ambiance communautaire. Les gens étaient plus proches. Aujourd’hui, les habitants réclament quantité d’équipements : piscines, écoles, salles des fêtes… Ils oublient parfois de se retrouver. Vous avez vu ce département devenir attractif et dépasser le million d’habitants. Êtes-vous surpris ? Ce département est devenu économiquement dynamique. Les chercheurs et les étudiants ont afflué. Même la culture a trouvé sa place. Le département s’est toujours appuyé sur ses côtes magnifiques et l’attractivité rennaise. Ici, nous sommes moins touchés par le chômage. Je suis persuadé que l’on continuera à attirer de nouveaux habitants. FÉVRIER-MARS-AVRIL 2013 NOUS VOUS ILLE 17



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