[34] L'Hérault n°244 mars 2015
[34] L'Hérault n°244 mars 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°244 de mars 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Hérault

  • Format : (192 x 240) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 16,4 Mo

  • Dans ce numéro : élections départementales, je vote.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« tout a commencé il y a 3,9 milliards d’années dans l’océan ancestral », explique gilles Boeuf. président du museum national d’histoire naturelle, professeur à l’université pierre-et-marie-Curie, professeur invité au Collège de France en 2013-2014, cet expert mondialement connu viendra donner une conférence le 28 mars à la maison départementale de l’environnement sur le thème : « la biodiversité à l’épreuve du climat ». Venez rencontrer un homme qui met son expertise et son enthousiasme au service de la réflexion commune et des stratégies de réponse à adopter. Samedi 28 mars 2015 à 15h, Maison départementale de l’environnement, Prades-le-Lez. Sur inscription, places limitées. Tél. : 04 99 62 09 40. 18 — Mars 2015
l’invité « C’est plus possible, on n’a qu’une Terre ! » Gilles Boeuf, spécialiste de physiologie environnementale et de biodiversité, parcourt la planète pour convaincre les hommes que leur avenir est intimement lié à la nature. « On va s’en tirer en se retroussant les manches et en travaillant différemment. Moins d’arrogance, plus d’humilité, de partage et d’harmonie entre l’humain et la nature. » Gilles Boeuf « Tout a commencé il y a 3,9 milliards d’années dans l’océan ancestral », dites-vous. Vous faites référence à l’apparition de la vie ? Oui. Il ne faut pas confondre biodiversité et nature. La biodiversité, c’est la fraction vivante de la nature. La Terre se forme il y a environ 4,6 milliards d’années. Pendant 700 millions d’années, il y a une nature : du vent, un océan, des falaises, des volcans, des tsunamis… Mais pas de vivant. La biodiversité, et donc la vie, commence le jour où une cellule, la première dans l’océan ancestral, se divise en deux cellules au bout de quelques heures, puis en quatre, huit… Dans votre ouvrage, La biodiversité, de l’océan à la cité, vous mentionnez une soixantaine de crises d’extinction durant ces 600 derniers millions d’années. En quoi la perte de biodiversité actuelle est-elle plus inquiétante ? Parce qu’aujourd’hui il y a l’humain ! Souvent la ministre de l’Environnement me dit : « Gilles, vous voulez sauver la planète ! » Et je lui réponds : « Pas du tout, ce n’est pas la planète que je veux sauver, c’est le bien-être de l’humain sur la planète. » Ces crises du passé ont amené à des extinctions massives et la vie a toujours repris le dessus, mais il a fallu beaucoup de temps… Ensuite, elles ont toujours été multifactorielles : la température qui augmente, des continents qui se rencontrent, une météorite qui s’écrase sur la Terre… Or, on sait que le facteur essentiel de l’actuelle perte de biodiversité, c’est la présence d’une seule espèce, qui a eu le culot de s’appeler Homo sapiens, l’homme savant. Donc ça change… On dit que les écosystèmes sont dotés de résistance et de résilience… Ils sont effectivement capables de résister à des agressions. La vie s’est adaptée à des événements parfois catastrophiques. Ce qui est grave aujourd’hui, c’est que l’humain agit beaucoup trop fort. Avec des polluants non biodégradables, qui tuent tout. Et parfois l’écosystème ne peut plus résister. Le phénomène de la surpêche est typique. On dit les ressources marines renouvelables. C’est vrai : le cadeau du vivant à l’humanité est que tout se renouvelle ! Mais quand vous exploitez un stock et que vous dépassez sa capacité à refaire des bébés, c’est fini. Comment faire pour adapter nos conduites à cet enjeu ? Il faut que chaque humain, quand il prend sa voiture, qu’il désherbe son jardin, qu’il va faire ses courses…, pense à l’impact sur la biodiversité. Parce qu’on ne pourra pas vivre sans elle. Et il faut passer à une économie différente. Le grand drame : on gagne de l’argent en détruisant la nature et en la surexploitant. C’est plus possible, on n’a qu’une Terre ! On ne peut pas aller ailleurs. Donc, comme on n’arrête pas de faire des bébés - on a multiplié par trois la population humaine depuis les années 1960 -, le système ne peut plus continuer comme ça. Nous devons arrêter de nous mettre sur un piédestal, avec l’humain ici et la nature à côté. 0 Interview complète sur herault.fr Mars 2015 — 19



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