[34] L'Hérault n°260 octobre 2016
[34] L'Hérault n°260 octobre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°260 de octobre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Hérault

  • Format : (192 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : viticulture, cap sur l'avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LE JOUR OÙ… 1875 Cette année-là, l'Italie est enfin réunifiée et libre. Mais, après les troubles de décennies de guerre, la misère incite des milliers d'Italiens à chercher fortune ailleurs. À Sète, notamment. Les migrants italiens, souvent des pêcheurs émérites (photo début XX e siècle. Archives départementales) Les Italiens ici, ça ne date pas d'hier. Sans remonter à l'Antiquité et la conquête de la Narbonnaise par les Romains, on note, dès le Moyen Âge, l'arrivée de ressortissants de la Péninsule en France. Ils sont peu nombreux mais représentent une élite économique et culturelle  : marchands, par exemple, attirés au XII e siècle par les foires de Champagne, banquiers lombards autorisés à s'établir à Paris dès 1225 ou encore, quelques siècles plus tard, le très emblématique Léonard de Vinci à la cour de François I er. Le port de Sète, qui n'existe que depuis 1666 par la volonté de Louis XIV, n'échappe pas à la règle de cette immigration plutôt élitiste. Au XVIII e siècle, la ville accueille ainsi de riches commerçants de Sardaigne ou de Gênes qui vont contribuer à son développement. À tel point qu'à la veille de la Révolution, sa population aura sextuplé et comptera 6 500 personnes. Tout change à partir du dernier quart du XIX e siècle. Ce ne sont plus uniquement des entrepreneurs ou des artistes qui quittent la « Botte », en quête de nouveaux horizons, mais 22 — Octobre 2016 tout un petit peuple de crève-misère et de meurt-de-faim. Un filet continu d'abord, avant de devenir plus abondant pour ne se tarir que vers 1930. C'est que l'Italie, morcelée et en partie dominée, s'est battue des années pour recouvrer son unité et sa liberté. C'est chose faite en 1870, avec le concours de la France de Napoléon III. Les Garibaldiens s'en souviendront lors de la guerre de 1870 contre la Prusse, puis en août 1914, où ils combattront pour notre pays. N'empêche, cette résurrection en tant que nation ne remplit pas les écuelles des plus pauvres. Ceux du Mezzogiorno défavorisé, notamment. À Sète, on les appellera - à tort - les « Calabrais ». À partir de 1875, on dispose de données fiables concernant la provenance et la destination de ces migrants. C'est le cas, en particulier, de deux villages du golfe de Naples, Gaete et Cetara, qui se videront car nombre de leurs habitants vont venir s'installer dans l'Île singulière. Souvent, le chef de famille et son fils aîné tentent l'aventure en éclaireurs. Ce sont généralement de pauvres mais compétents pêcheurs qui s'engagent comme marins. S'ils rencontrent parfois l'hostilité, ils ne subiront pas les lynchages infligés à leurs compatriotes en d'autres lieux (Beaucaire 1882, Aigues- Mortes 1893…). Au contraire, beaucoup feront souche et prospéreront en devenant patrons-pêcheurs. D'autres seront manœuvres, dockers ou ouvriers, tout en s'intégrant dans une cité à laquelle ils contribueront à donner ses couleurs de Venise languedocienne mâtinée d'exubérance et de truculence napolitaine. Si les démographes affirment que cette immigration italienne fut limitée par rapport à celle, intérieure, venant des montagnes ou du Sud-Ouest, les Sétois savent que le sang transalpin fait profondément partie de leur histoire mêlée. Un mélange plutôt réussi à l'aune des artistes qui l'ont illustrée, de Georges Brassens à Paul Valéry, en passant par Hervé Di Rosa ou Jean Vilar. Entre autres.
HISTOIRE Extrait du Pratica Chirugiae (La Pratique de la chirurgie), de Roger de Parme, célèbre médecin du XII e siècle. Parchemin du XIV e siècle, conservé à la faculté de Médecine de Montpellier. L'Hérault en expo 2000 ans d'histoire Du 20 octobre 2016 au 14 janvier 2017, les Archives départementales célèbrent 2000 ans d'histoire de l'Hérault. Une occasion d'exposer des pièces rares. De vrais trésors de notre mémoire collective. C'est une expo événement. Ses visiteurs vont avoir la chance de découvrir des objets et documents précieux qui ne sortent jamais ou presque de leurs réserves sécurisées. Tel le cartulaire de l’abbaye de Gellone (Saint-Guilhem-le-Désert), composé de 588 actes datés de 804 à 1236, et précieusement conservé aux Archives départementales. Mais une vingtaine d'autres institutions françaises et étrangères ont été mises à contribution pour réunir les plus belles ou les plus parlantes pièces de notre histoire  : des archives nationales — jusqu'à celles de la Couronne d'Aragon ou du Prato en Italie —, les universités de Montpellier, de Bâle, de Padoue, des musées, des bibliothèques, etc. Ainsi sera visible pour la première fois dans l'Hérault l'original du manuscrit des frères Platter, qui visitèrent notre région au XVI e siècle. « L'Hérault est depuis toujours une terre de communication, où nombre de cultures ont déposé leur empreinte siècles après siècles », souligne Sylvie Desachy, directrice des Archives départementales. C'est l'une des leçons que donne cette vision globale des 2000 ans dont nous sommes issus, entre bouleversements et permanences. À l'exemple de cette voie immémoriale qui reliait l'Italie à l'Espagne, devenue Via Domitia avec les Romains et dont l'actuelle A9 ne s'écarte guère. D'ailleurs, l'exposition n'oublie pas les XIX e et XX e siècles, notamment en ce qui concerne les voies de communication, le commerce, le tourisme, la viticulture… + d'infos  : www.pierresvives.herault.fr Renaud Calvat, vice-président délégué à l’éducation et à la culture « Une sorte d’invitation au voyage » « Nous avons voulu une sorte d'invitation au voyage dans le temps et l'espace de l'Hérault, tout en montrant la multiplicité de ces espaces et leurs interactions. Ceux de la vigne, de l'olivier ou de la garrigue, bien sûr, mais aussi ceux d'un monde où domine le droit romain, où l'on valorise la culture scientifique et où très tôt se tissent des liens avec des universités comme Salerne, Bologne ou Padoue. Les influences méditerranéennes y sont très marquées et elles feront de Montpellier une tête de pont cosmopolite du savoir. Mais, par exemple, le savoir-faire de Pezenas, qui obtient le monopole des épices, permet aussi que s'élaborent des médicaments rares. Nous sommes réellement dans une dimension interactive qui concerne tout le territoire. 18 mois c'est le temps de préparation qui a été nécessaire pour monter l'exposition. 200 pièces sont exposées au public. Avec des actions spécifiques vers les jeunes et les scolaires. 1570 l'année ou Abraham Ortelius publie la 1 re carte du Languedoc. Octobre 2016 — 23



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