[34] L'Hérault n°260 octobre 2016
[34] L'Hérault n°260 octobre 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°260 de octobre 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Hérault

  • Format : (192 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 10,6 Mo

  • Dans ce numéro : viticulture, cap sur l'avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER Touchés mais pas vaincus À Castelnau-le-Lez, Camille et Richard Banton ont vu, impuissants, la grêle labourer leurs vignes le 17 août. Les plaies des ceps à peine cicatrisées, ils se sont retroussés les manches pour vendanger. L a joie des vendanges. La naissance sereine de sa première cuvée. Voilà ce qu’aurait dû vivre Camille Banton si des grêlons gros comme des œufs de pigeon n’avaient frappé les deux tiers du vignoble au domaine de Serane, à Castelnau-Le-Lez. À 27 ans, cette œnologue vient d’intégrer la propriété familiale, avec l’ambition de développer une nouvelle gamme de bouteilles, très qualitatives, en IGP Pays d’Oc. « Des épisodes climatiques de cette envergure sont un coup dur, surtout pour les jeunes. S’installer reste un combat. Or, la dotation jeunes agriculteurs prévoit des pénalités si le plan d’entreprise ne se réalise pas comme prévu, notamment en matière de revenu minimum à atteindre », précise Camille, également secrétaire générale Richard Banton  : « Un an de travail anéanti. » 12 — Octobre 2016 du Syndicat des jeunes agriculteurs de l’Hérault. Si elle n’a pas sollicité d’aides, la famille a consenti de lourds investissements pour son installation. « Un an de travail anéanti, une baisse de la moitié du chiffre d’affaires… Nous allons devoir nous serrer la ceinture pendant quelques années », soupire son père, Richard, qui n’a guère eu le temps de s’apitoyer. Ces vendanges, marquées par la sécheresse, lui ont donné du fil à retordre  : « Je voyais les raisins perdre du poids et sécher sur pied, alors même qu’ils manquaient de maturité. » Pour lui, le métier est en pleine mutation. « Nous jonglons entre bonnes et mauvaises années de récolte. Confrontés à des charges administratives pesantes et à des contraintes réglementaires croissantes en matière de sécurité alimentaire, de traçabilité et « Les viticulteurs doivent maintenant développer de nouvelles compétences et engager des moyens adaptés à ces évolutions climatiques. Mais tout à un prix… » d’impact environnemental, les viticulteurs doivent maintenant développer de nouvelles compétences et engager des moyens adaptés à ces évolutions climatiques. Mais tout a un prix. Certaines zones viticoles à haute plus-value pourront se le permettre, d’autres sans doute pas. » Même si le découragement guette parfois, Richard Banton n’est certainement pas prêt à abandonner la casquette de vigneron  : « C’est une question de passion. »
Cap sur l'avenir La grêle a causé des dégâts particulièrement importants en Pic Saint-Loup. Pour Bruno Daneluzzi, qui dirige la cave des Vignerons du Pic, à Assas, l’heure est au bilan et à la réflexion. Bruno Daneluzzi  : « Saurons-nous pousser ceux qui auront pris notre place dans les linéaires ? » B runo Daneluzzi, directeur de la SCA Les Vignerons du Pic, à Assas, raconte  : « Je venais de signer le dernier accord de vente concernant nos AOC, à Lunel, quand on m’a appris la nouvelle. J’ai cru à une plaisanterie. Mais une fois sur place, j’ai vu des vignes en hiver. » Bilan  : un tiers de la production volatilisée, dont la moitié en Pic Saint-Loup, avec un manque à gagner estimé à 1 million d’euros. « Grâce à une taille intelligente, la vigne peut se régénérer sans pour autant donner des fruits », indique Bruno Daneluzzi, qui s’attend à une « double peine » l’an prochain. Les stocks étant déjà tendus, il ne cache pas son inquiétude. « Un rayon vide ne le reste pas longtemps. Saurons-nous pousser ceux qui auront pris notre place dans les linéaires ? Cinquante ans de travail au sein d’une appellation ne s’effacent pas aussi vite, mais il faudra se montrer offensifs. » En attendant, priorité à la solidarité. La coopérative accompagne « ceux qui sont en difficulté vis-à-vis des banques et des assurances ». Nombre d’entre eux n’étaient pas couverts. « Ils n’avaient rien connu de tel en cinquante ans de métier et se croyaient à l’abri. La coopérative a un droit de regard sur les pratiques culturales d’un adhérent mais ne peut pas l’obliger à s’assurer. 1,50 à 2 euros l’hecto, c’est énorme, et les contrats sont complexes. » Des vendanges 2016, Bruno Daneluzzi gardera le souvenir d’une « course contre la montre ». Comme beaucoup, ce professionnel s’interroge sur les bouleversements climatiques. « En Languedoc, les cépages commencent à souffrir. Le taux de mortalité de la syrah est inquiétant. Les « Lorsqu’on m’a appris la nouvelle, j’ai cru à une plaisanterie. Mais une fois sur place, j’ai vu des vignes hiver. » nappes phréatiques s’épuisent dans certains pays méditerranéens. » De l’irrigation aux cépages résistants, en passant par la confusion sexuelle, il n’écarte aucune piste d’avenir tout en fustigeant les lourdeurs administratives et la rigueur des cahiers des charges en AOC. « Le Département travaille intelligemment sur ces différentes problématiques et se montre à l’écoute. » Il faut dire que la vigne est « le fleuron de l’Hérault ». Octobre 2016 — 13



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