[34] L'Hérault n°221 février 2013
[34] L'Hérault n°221 février 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°221 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Hérault

  • Format : (192 x 240) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'abonnement à L'Hérault, ça marche !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LA GRANDE HISTOIRE sur les feutres ou la peinture avec Blandine Rolland, artthérapeute : « Je leur donne une grande variété d’outils. Le dessin, la peinture, c’est très puissant, c’est valorisant. Tout le monde a un potentiel créatif. » Dès 16h, elle se rend au secteur protégé. Cette fois-ci, elle s’occupe d’Erasmino, dont le prénom évoque à lui seul ses origines italiennes. Blandine pousse son fauteuil jusqu’à l’arrière-salle où il va pouvoir peindre tranquillement. Elle lui installe la toile et prend sa main pour initier le geste avec le pinceau. « Je regarde beaucoup son visage. MonsieurC. peignait avant. Donc on travaille sur une stimulation de ce qu’il connaît, m’explique-t-elle. Je ne suis pas magicienne. Mais plus on stimule, plus on retarde la progression de la maladie. » En silence, Erasmino commence par peindre le contour du cadre, avant de se concentrer sur la toile. - « Est-ce que vous aimez le bleu ? », l’interroge Blandine, en lui tendant une assiette en carton, remplie de peinture. Non loin de là, l’épouse d’Erasmino discute avec d’autres résidents. Elle vient le voir tous les jours. Tendre amour. Protéger, soigner, rassurer Une fois par semaine, une psychologue est présente à l’Ehpad. Il y a aussi un médecin coordinateur et trois infirmiers qui se relaient pour délivrer les médicaments aux résidents, soigner les blessures, changer des pansements, faire des prises de sang… « Nous suivons les ordonnances des médecins traitants, gérontologues, neurologues. En plus d’Alzheimer, certains ont des pathologies cardiaques, des allergies, du diabète, des infections qui nécessitent des antibiotiques… explique Sylvain Chambon. Notre rôle, c’est de les aider à vivre au mieux avec leurs pathologies. Jusqu’à la fin. » Il y a aussi une douzaine d’aides-soignants, coordonnés par Cindy Reyes : « Ici on est plus que soignants, on fait partie de leur vie ». Destinée à une carrière de sage-femme, Cindy a commencé à travailler à l’hôpital, en service de gériatrie. « Je me suis dit qu’il y avait vraiment des choses à faire pour améliorer le quotidien des personnes âgées. » Quand elle a connaissance du poste à pourvoir à l’Ehpad d’Aniane, elle fonce. Son bureau est au deuxième étage. Ce qui lui permet d’être proche en cas de besoin. « On ne peut avoir aucun automatisme avec les personnes atteintes d’Alzheimer. Il faut beaucoup de patience. Au début, j’étais pour leur dire la vérité. Mais il faut du temps pour le faire. Par exemple, une des résidentes réclame régulièrement son mari décédé. Mais quand on lui redit qu’il est mort, c’est comme si on lui annonçait pour la première fois. Il faut donc du temps. » « Plus que soignants, on fait partie de leur vie. » Cindy Reyes, coordinatrice des aides-soignants. « Notre rôle, c’est de les aider à vivre au mieux avec leurs pathologies. Jusqu’à la fin. » Sylvain Chambon, infirmier. Des jeux qui titillent les souvenirs Jeudi, 17h. Delphine organise un atelier mémoire au deuxième étage : elle a préparé toute une série d’expressions à compléter. Elle s’installe devant les résidents. Il y a Michel, Georges et Anne-Marie, Carmen et Yvette. - « Un prêté pour un… » - « rendu ! » - « Tant qu’il y a de la vie… » - « Y’a de l’espoir ! » Yvette est au taquet. Elle est incollable. Clothilde répète « On reconnaît les vieilles ! » pour justifier le fait qu’elle connaisse les expressions. Delphine fait le clown, prenant à partie son auditoire qui s’est désormais totalement décroché de l’écran de télévision. Les rires envahissent la salle. Juste à côté, Erasmino joue aux cartes avec sa femme. D’autres résidents arrivent. Puis, Delphine se lance dans un baccalauréat. « Un nom de fille qui commence par A ? » … Robe de chambre, pyjama et télévision Avant de souper, les aides-soignants aident ceux qui le souhaitent à se changer pour la nuit. C’est plus confortable. Le repas commence vers 18 h 10. Ça sent bon la soupe. Sylvain, l’infirmier, entre dans la salle à manger avec son chariot. Il distribue les médicaments répartis dans des piluliers. Au besoin, il écrase les gélules pour ceux qui n’arrivent pas à déglutir. Marthe sort de la salle à manger avant les autres. Elle veut rentrer chez elle. Anthelmette, qui passe au même instant, tente de l’apaiser d’un baiser sur la joue. Mais Marthe n’a qu’une envie : partir. Le repas fini, chacun quitte sa table. Les aides-soignants accompagnent les moins autonomes ou les plus fatigués à leur chambre. Carmen, Yvette et Clothilde regardent les infos à la télé. Un reportage sur les manifestations liées au mariage et à l’adoption pour les homosexuels. Georges et Anne-Marie rentrent dans leur chambre commune et se couchent l’un en face de l’autre. Carmen me souhaite « Bonne nuit, chérie ». Puis Yvette se lève. Et enfin Clothilde. À 20h, tout le monde est couché. Addie déambulera dans la nuit, sous surveillance. Libre et en sécurité. Merci au personnel, aux résidents et leurs familles des Jardins d’Aniane pour leur accueil et leurs témoignages. Valérie Pépin-Pérez (texte) Margaux Hette (illustrations) 38 —Février 2013
A noter La maladie d'Alzheimer, première cause de dépendance lourde des personnes âgées, touche à l'heure actuelle quelque 860 000 personnes en France. La majorité est suivie à domicile par les proches, souvent confrontés à de grandes difficultés morales et financières. Créée en 2002, l’Allocation personnalisée d’autonomie (Apa) est une prestation accordée aux plus de 60 ans par le Président du Conseil général, pour couvrir leurs dépenses d'aide à la vie quotidienne : portage de repas ou aide à domicile, frais d’accueil de jour en Ehpad… L’Apa est versée en fonction du degré de perte d'autonomie et des ressources. Contact : Direction des personnes âgées du Conseil général de l'Hérault, Tél. : 04 67 67 75 75. En chiffres 2,1 millions de Français atteints d’Alzheimer d’ici à 2040 185,5 M € budget départemental dédié aux personnes âgées en 2012 178 structures héraultaises pour personnes âgées, dont 163 Ehpad Contacts Le Clic c’est quoi ? Un guichet d'accueil de proximité, d'information, de conseil et d'orientation destiné aux personnes âgées et à leur entourage. Une véritable porte d'entrée dans le dispositif départemental d'accompagnement et de suivi de nos aînés. Retrouvez la liste des onze Clic sur herault.fr. Tél. : 04 67 67 75 75. A nos lecteurs Ce reportage n'est que le reflet d'une réalité particulière et d'une action exceptionnelle : celle de l'Ehpad d'Aniane qui accueille 45 résidents dont 12 atteints d'Alzheimer. Février 2013 — 39



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