[34] L'Hérault n°221 février 2013
[34] L'Hérault n°221 février 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°221 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Hérault

  • Format : (192 x 240) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'abonnement à L'Hérault, ça marche !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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A Sète, le retour événement d’une comédienne rare dans une pièce aux variations infinies Florence au XVIII e siècle. La locandiera Mirandolina dirige un petit hôtel où séjournent un chevalier, un marquis et un comte. Alors que ces deux derniers font une cour assidue à leur hôtesse, le chevalier (André Marcon), misogyne déclaré, jure de ne jamais tomber sous son charme et la traite grossièrement. Il n’en faut pas plus à la bouillante Mirandolina pour s’ingénier à le rendre fou amoureux... C’est à Dominique Blanc que le metteur en scène Marc Paquien a confié le rôle-titre de la Locandiera, la célèbre pièce de Carlo Goldoni, pendant italien de notre Marivaux national, car, dit-il, « elle en possède la légèreté, la lumière, mais aussi l’ombre intérieure essentielle à ce personnage ». Pleine d’humour et d’espièglerie, cette comédie de l’amour est un spectacle où l’on rit beaucoup et d’où l’on sort le cœur léger. Les 5, 6, 7 et 8 février à 20 h 30 à Sète, chai Skalli (rencontre avec l’équipe artistique à l’issue des représentations). Tél. : 04 67 74 66 97 26 —Février 2013
L’INVITÉE « Le doute est indispensable à la vie d’artiste » Dominique Blanc réunit talent et discrétion. Quatre César, deux Molière, elle est la comédienne la plus titrée du cinéma et du théâtre français. Elle incarne aujourd’hui la Locandiera de Goldoni. « Quand les choses ne vous sont pas données, vous avez tout loisir de vérifier que votre vocation est bien réelle. » Dominique Blanc Qu’est-ce qui vous a plu dans cette pièce ? L’idée de jouer un personnage hors du commun, d’une intelligence tout à fait exceptionnelle, m’a semblé très réjouissante. J’avais également besoin de marquer une pause dans les rôles dramatiques, de prendre des risques en m’aventurant sur le terrain moins familier de la comédie. Pourquoi êtes vous devenue comédienne ? Je crois que c’était véritablement une vocation. A 10 ans, je mettais en scène mes camarades de classe. Lycéenne, abonnée à différents théâtres de Lyon, où nous habitions, ce métier me faisait rêver. Les gens sur scène avaient l’air plus heureux que ceux assis dans la salle. C’est ce bonheur-là qui m’a attirée. Comment se sont passés vos débuts ? Quand j’ai décidé de monter à Paris pour faire du théâtre, mes parents se sont montrés extrêmement inquiets. Aucun membre de la famille n’était dans une branche artistique. J’étais timide. Et je ne connaissais personne. Devoir tracer mon chemin sans réseau leur paraissait très difficile. Ils ont été intelligents par rapport à mon désir : si c’était vraiment ma voie, il fallait que je paie mes cours. J'ai donc multiplié les petits boulots, dont celui de femme de ménage. Quand on monte sur scène pour jouer la reine de Saba après avoir mis les mains dans les toilettes, il ne faut pas avoir trop d’ego… Au cours Florent, j’ai eu la chance d’avoir pour professeur Pierre Romans. Une rencontre déterminante, il m’a reconnue dans une sensibilité artistique qui m’a beaucoup plue. Puis Patrice Chéreau m’a offert mon tout premier rôle dans un spectacle. Les difficultés ne vous ont jamais découragée ? Quand les choses ne vous sont pas données, vous avez tout loisir de vérifier que votre vocation est bien réelle. Volontaire, j’avais la motivation nécessaire et les pieds bien enracinés. Les épreuves et les obstacles, les échecs et les vexations sont très formateurs. Ils n’ont fait qu’accroître mon envie de réussir dans un métier qui n’est pas facile. Quels ont été les moments forts de votre vie ? Impossible à résumer car je suis une femme incroyablement gâtée. J’ai fait des rencontres extraordinaires, obtenu deux Molière, quatre César. Cette reconnaissance, de la part d’une profession pas forcément très tendre, était d’autant plus importante pour quelqu’un comme moi qui ne venait de nulle part. Ces récompenses m’ont procuré un plaisir fou, m’ont confortée dans l’idée que j’avais fait le bon choix, mais elles ne m’ont pas enfermée dans la vanité : des doutes, j’en ai encore, cela me semble indissociable de la vie d’artiste. Y a t-il un rêve que vous voudriez concrétiser ? J’aimerais beaucoup réaliser un long métrage : j’ai fait mes premiers pas derrière la caméra il y a cinq ans pour un documentaire, et l’an dernier pour un court métrage sur le peintre Edward Hopper : avoir la responsabilité de tous les choix artistiques s’est avéré passionnant. Il me reste aussi tant d’auteurs à aborder comme Tchekhov ou Shakespeare. En fait, je n’ai pas un, mais plein de rêves ! Février 2013 — 27



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