[30] Le Gard mag' n°96 avr/mai 2013
[30] Le Gard mag' n°96 avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°96 de avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Gard

  • Format : (210 x 290) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : découverte d'une grotte Chauvet gardoise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vu du Gard « L’individualisme ne me va pas. Seul, on n’est rien. » Dominique Granier : « Produire mieux et le faire savoir » Le président de la Chambre d’Agriculture vient d’être réélu pour un troisième mandat. Depuis 2001, le contexte économique s’est durci. Que pense celui qui se définit d’abord comme « vigneron et producteur de semences de tournesol » des nouveaux défis de l’agriculture gardoise ? Qu’attend-il des partenariats avec le Département ? Rencontre, au lendemain de la première session de travail de la Chambre, avec Dominique Granier, homme tout-terrain. Bio Dominique Granier est né à Montpellier, d’une famille gardoise. Après des études de sciences économiques, il travaille à la promotion de produits agro-alimentaires en Languedoc-Roussillon. Puis il reprend le domaine viticole familial d’Aspères avec son frère, œnologue. Parallèlement, il a adhéré au syndicat des jeunes agriculteurs, puis est devenu responsable du comité du foncier à la Safer (organisme qu’il préside aujourd’hui). Il vient d’être élu pour un troisième mandat de six ans à la présidence de la Chambre d’Agriculture du Gard. 18 | LeGARDMAG | avril-mai 2013 Les enjeux agricoles sont-ils les mêmes aujourd’hui qu’il y a 12 ans ? J’ai été élu la première fois en 2001, comme Damien Alary, et notre mandat a été marqué par les inondations : la priorité était de reconstruire. Aujourd’hui, notre agriculture a un problème de renouvellement des générations : le Gard compte 5 000 exploitants agricoles (contre 18 000 il y a 25 ans) et 10 000 salariés. La société a changé, les jeunes ne sont pas attirés par l’agriculture, métier sympa mais dur. On nous demande d’être à la fois agronomes, informaticiens, économistes, bilingues en anglais, commerciaux… Et les producteurs ne sont en général pas assez rémunérés par rapport au travail qu’ils fournissent. Le premier défi est donc de faciliter l’installation des jeunes agriculteurs. Certains métiers sont-ils plus menacés que d’autres ? Oui. Les éleveurs sont ceux qui ont le plus besoin de soutien. Auparavant, on comptait un troupeau par village, ce qui favorisait une agro-écologie : les éleveurs entretenaient les chemins, les drailles, et taillaient la garrigue qui était vivante et attirait jusqu’aux apiculteurs de la Loire. L’élevage est un métier ingrat, et pourtant il permet un éco-équilibre territorial. Les producteurs de fruits et légumes souffrent aussi, à cause de coûts de production importants. Le bio est-il une solution ? Je ne veux pas opposer agriculture conventionnelle, raisonnée et bio. Quand Damien Alary me dit qu’il veut développer les circuits courts et le bio dans les cantines des
collèges que gère le Département, j’applaudis. C’est exactement ce que les agriculteurs attendent des politiques : des engagements clairs qui apportent des débouchés. Mais, si on revenait aux fondamentaux de l’agronomie (travail du sol, binage, engrais verts), on n’aurait pas besoin de prôner la conversion en bio à tout prix. Petite démonstration : si on compte 500 agriculteurs bio sur 5 000, et que j’encourage les 4 500 restants à diviser par trois leurs intrants (pesticides etc.), écologiquement, je gagnerai davantage que si je convertis 500 agriculteurs de plus au bio. Mon objectif, c’est de m’occuper de tous pour que notre bilan final soit meilleur. Quels sont les problèmes spécifiquement gardois ? Celui de l’eau : trop d’eau (inondations), pas assez (sécheresse) et une qualité à surveiller. Je sais que Damien Alary y travaille au sein de la Compagnie BRL. Les questions de l’accès à la ressource, du coût de l’eau et de son utilisation économe me préoccupent beaucoup. La question de l’eau est au cœur des préoccupations de Damien Alary, président du conseil d’administration de BRL (compagnie du Bas-Rhône Languedoc), aux côtés du vice-président, Michel Brousse, également vice-président du Conseil général de l’Aude. Ici devant le canal Philippe Lamour. Un travail main dans la main De manière générale, nous subissons le handicap d’une agriculture méditerranéenne : températures élevées, sol aride et mité (petites parcelles, d’une moyenne de 70 ares). Le Département vous accompagne-t-il dans vos projets ? Oui, il est partie-prenante de toutes les questions qui nous concernent, alors que l’agriculture n’entre pas dans ses compétences obligatoires. Il a alloué une subvention de quelque 400 000 € à la Chambre d’agriculture pour la réalisation de notre programme, axé notamment sur une meilleure maîtrise du foncier. En tant que Président de la Safer *, j’y suis très sensible : il faut une vraie politique foncière régionale, et des moyens pour stocker le foncier, l’aménager et le redistribuer (en fermage, à la vente etc.). En mettant en place la conférence agricole annuelle, puis en l’intégrant à la conférence économique départementale, Damien Alary nous a réunis, entre chambres consulaires. Et, depuis, avec les CCI et la Chambre de Métiers, on ne se quitte plus ! Ces douze dernières années ont été un travail main dans la main. En résumé, quels seront les grands axes de votre nouveau mandat ? D’abord, créer des dynamiques collectives, sur le modèle des CUMA. Le Département soutient d’ailleurs ces coopératives d’utilisation du matériel agricole. J’ai moi-même l’esprit coopératif. Je pense que, seul, on est rien. Si nous avons obtenu l’AOC Terre de Sommières pour notre vin, c’est bien grâce à une action de groupe. Dans le Gard, on a tout : terre, eau, soleil… Et, demain, on aura besoin de nous. Il faudra produire plus et mieux, en gaspillant moins. L’agriculture mondiale a déjà réussi à nourrir 4,5 milliards d’humains supplémentaires entre 1950 et 2000, me rappelait le président de la FAO **. Je suis optimiste. Propos recueillis par PF (*) Safer : société d’aménagement foncier et d’établissement rural (**) FAO : Food and Agriculture Organization, organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. En avril, les fermes se découvrent Comment résister à la visite du poulailler du Papé Louis – 400 poules pondeuses bio gambadant autour d’un poulailler à ossature bois – qui permet aussi de découvrir les apiculteurs Jean-Michel et Stéphanie Gallifet, dont les ruches sont logées au cœur de cette exploitation agricole bio de Cardet ? C’est l’une des pistes proposées par les journées portes ouvertes dans les fermes gardoises, les 27 et 28 avril, déclinaison locale de l’opération « La France de ferme en ferme ». Pour le Département, qui soutient la Fédération des Civam du Gard organisatrice, c’est l’occasion de valoriser les circuits courts en distrayant enfants et parents. Trois secteurs sont proposés : Garrigues- Vallée des Gardons ; moyenne vallée du Vidourle ; Sud-Est de Nîmes- Pont du Gard. Une vingtaine d’agriculteurs jouent le jeu. Liste détaillée des participants sur www.defermeeenferme.com. PF avril-mai 2013 | LeGARDMAG |19



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