[30] Le Gard mag' n°79 mai 2011
[30] Le Gard mag' n°79 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°79 de mai 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Gard

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : Damien Alary, « un Gard actif avec vous. »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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C’est une question de bien-être : on vieillit mieux chez soi, quand on ne souffre ni d’incapacité majeure, ni d’affection grave. En 2010, 51% des centenaires vivaient d’ailleurs à domicile. C’est aussi une question économique : l’hébergement en établissement coûte cher. Autant de bonnes raisons de jeter un regard attentif aux initiatives innovantes comme celle de l’I2ML. Le projet, piloté par l’Université de Nîmes, regroupe un centre de recherche (sur les déficiences sensorielles : vision, audition, équilibre), un institut de formation et une plate-forme technologique liée à une pépinière d’entreprises – une association inédite dans le champ social en général, et gérontologique en particulier : « Notre programme est volontairement orienté vers des sujets non médicaux liés à l’accompagnement de la longévité, précise le Pr Gérard Grassy, directeur de l’Institut. Nous nous intéressons aux gérontechnologies, ces produits et services qui permettent le maintien à domicile plus longtemps et en plus grande autonomie. » L’appartement du futur De quoi parle-t-on ? De réfrigérateur intelligent, capable de dire s’il contient les produits nécessaires à une recette, ou d’annoncer quels aliments sont périmés. D’une salle de bains (lieu qui concentre 80% des chutes) dotée de revêtements antidérapants, de barres d’appui, de sièges de douche, d’éclairage adapté etc. – tous équipements testés 6 GARD mag’n°79 - mai 2011 par des personnes âgées volontaires : « Nous apportons la rigueur d’une étude clinique au service de l’évaluation de matériels... », commente le Pr Grassy. Un plancher intelligent à capteurs de pression, un simulateur de conduite pour évaluer les capacités des personnes âgées (en collaboration avec l’université de Sherbrooke, au Québec)... Les idées ne manquent pas. L’enjeu est majeur : le Gard comptait 65 045 personnes âgées de plus de 75 ans en octobre 2010. Inscrite au Feder et au contrat de projet Etat-Région 2007-2013 pour un budget de 4 M €, la fondation I2ML bénéficie de partenariats forts avec ses membres fondateurs, dont la Mutualité française, des entreprises et des collectivités locales. Le Conseil général du Gard, compétent pour l’hébergement des personnes âgées, et plus généralement sur les questions de logement, vient d’y adhérer. Mais surtout, l’I2ML ne travaille pas seul : il s’appuie sur l’Institut des Neurosciences de Montpellier, l’Ecole des Mines d’Alès, le CHU de Nîmes et les universités de Sherbrooke et de Montréal pour proposer un label de qualité et un soutien à l’industrialisation pour le marché des seniors : « Cette filière Autonomie Vieillir n’est pas une maladie... Pour encourager le maintien à domicile des personnes âgées dans de bonnes conditions et soutenir l’économie liée à ce secteur, le Conseil général parie sur l’Institut méditerranéen des métiers de la longévité (I2ML), une toute jeune fondation partenariale public-privé, née le 1er février dernier. Avec elle, la domotique, c’est automatique. La domotique au service des seniors « Créer une filière économique autour du maintien à domicile des seniors. » Pr. G. Grassy offre des opportunités d’emplois majoritairement non délocalisables », note le directeur. Des prolongements pourraient être étudiés dans le cadre du projet du Bois de Minteau, notamment pour le volet domotique, avec la création éventuelle d’appartements témoins. Des projets sont déjà à l’œuvre à l’Aramav, à Nîmes, où des solutions innovantes sont proposées aux malvoyants. L’I2ML n’en est qu’à ses balbutiements, mais son travail est riche de promesses, dans une région, le Languedoc- Roussillon, qu’on prédit comme la plus âgée de France en 2030... ■ P.F.
Sur le vif C’est une véritable levée de boucliers. Depuis quelques mois, le Gard vit au rythme des pétitions, manifestations, réunions de sensibilisation et créations de collectifs de résistance. En cause, le gaz de schiste. Pour le Conseil général, l’arrêt du projet s’impose. Joël Lancelot est professeur à l’Univer sité de Nîmes et chercheur sur le site de Géochimie ISotopique environnementale (GIS) du CNRS. « Les risques liés à l’exploitation du gaz de schiste sont incontestables. Le sous-sol gardois présente de nombreuses fractures, entre autres d’âge pyrénéen, les microséismes engendrés par l’exploitation peuvent réactiver certaines de ces failles. En outre, le risque de contamination des nappes phréatiques situées dans les calcaires voisins des schistes ne doit pas être sous-estimé. Quant à une exploitation propre du gaz de schiste, il reste à en faire la démonstration. Pour autant, on ne peut pas faire l’économie d’une réflexion. Il faut bien prendre en compte que le pétrole et le gaz naturel vont se raréfier de plus en plus et leur exploitation va se faire dans des milieux de plus en plus extrêmes. Le tout va conduire à une augmentation inéluctable du prix de ces hydrocarbures. Dans 70 à 100 ans, ces ressources seront épuisées. En France, les potentialités importantes en gaz de schiste doivent être sérieusement considérées et évaluées. Toutefois, des études d’impact auraient dû être engagées et accompagnées d’un large débat public, avant d’entamer la phase de prospection. » Gaz de schiste, c'est non ! Présenté comme un possible substitut au pétrole, ce gaz est emprisonné dans le sous-sol gardois, entre 400 et 2500 m de profondeur. Dès 2010, les pétroliers s’y intéressent et obtiennent de Jean-Louis Borloo, à l’époque ministre de l’Ecologie, des permis d'exploration. Dans la plus grande discrétion, cinq permis sont ainsi délivrés en Languedoc-Roussillon. Trois d’entre eux touchent directement le département. Gisement estimé : plusieurs milliards de mètres cubes de gaz – et quelques années de consommation française. Le Gard, futur Gasland ? En juin 2010, un documentaire américain, « Gasland », fait sensation. Il dénonce les dégâts environnementaux de l’extraction du gaz de schiste aux Etats-Unis et pointe les ravages de la méthode d’extraction, dite de fracturation hydraulique. Bilan non exhaustif de l’opération : pollution et mitage du sous-sol, risque de contamination des nappes phréatiques, production de microséismes susceptibles de réactiver des failles existantes, atteintes sévères à l’environnement du site d’exploitation en surface... Face à ces risques, « la concertation s’impose », résume Patrick Malavieille, vice-président du Conseil général. « Les Cévennes gardoises et l’ensemble de notre Département ne sauraient subir un tel désastre. Nous souhaitons avoir des informations claires quant à la réalité des projets engagés sur notre territoire. » Cette exigence de transparence a été réaffirmée avec force par l’assemblée départementale, dès le 24 février dernier, dans un vœu voté à cette occasion : les élus demandaient « l’arrêt immédiat de toutes recherches et tous travaux et l’abandon du projet ». Une façon de réaffirmer la vigilance du Département, à l’heure où le territoire des Causses et Cévennes postule au patrimoine mondial de l’Humanité. ■ Plus d’infos sur n°79 - mai 2011 GARD mag’7 D.D.



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