[30] Le Gard mag' n°62 jui/aoû 2009
[30] Le Gard mag' n°62 jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de jui/aoû 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Gard

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : photovoltaïque, bio, santé... ce qu'ils en disent, ce qu'il en pense.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Ce qu’ils en disent… Pauline CAESTEKER, mère de Juliette, Edgar et Achille. Nîmoise. Agent administratif à la CRAM, en congé parental. Epoux pompier. Accompagnée de Katia LE STANG, mère de Romane et Marceau, Nîmoise, fonctionnaire de police. Professeur Pierre MARÈS, chef du service gynéco-obstétrique et président de la commission médicale d’établissement (CME) du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nîmes, secrétaire de la Conférence nationale des présidents de CME des CHU. 10 GARD mag’n°62 - été 2009 Pauline : « Le bio est encore lié à des images stéréotypées de beatniks qui ne mangent que des graines germées. Les mentalités ne semblent pas encore prêtes à un changement radical de mode d’alimentation. Il faut se battre, dans les écoles primaires, pour faire valoir qu’un composant bio par repas, ce n’est pas suffisant... Pourtant manger bio ne revient pas forcément plus cher, car il incite à consommer différemment... Mais nous voulons du bio local, et il est encore insuffisamment développé. Je sème quelque chose et mes enfants, devenus adultes, en garderont peut-être la trace... ou prendront le contre-pied de leurs parents ! Ce qui compte, c’est le respect des autres et le respect de la nature. » Jean-Paul JAUD, réalisateur et producteur de documentaires pour la télévision, passé au grand écran avec le film « Nos enfants nous accuseront » tourné à Barjac (sortie en DVD prévue le 26 octobre prochain). Bien connu comme réalisateur de directs de matchs de foot sur Canal Plus. Projette de réaliser un deuxième film à Barjac, toujours sur le thème du bio, mais élargi aux questions des cosmétiques, des produits d’entretien... et du foncier. Sachant qu’il faut trois ans pour convertir une terre et recevoir le label bio, comment le Conseil général peut-il aider les agriculteurs à sortir d’un système polluant – qui les place en première ligne et dont ils subissent Je suis attaché à une médecine « à la française », qui place le patient au cœur du dispositif. Pour moi, la décision médicale doit primer sur la décision du gestionnaire – revendication que j’ai portée au niveau national au moment de la discussion de la loi Bachelot sur la réforme hospitalière. Dans le Gard, il est déterminant d’attirer de nouveaux médecins, pour garantir une couverture équilibrée du territoire. D’ailleurs, les formations actuelles valorisent le travail en équipe : un médecin n’évoluerait pas professionnellement en restant isolé. Notre réponse aux déserts médicaux a été de développer la télémédecine, qui fonctionne bien dans le Gard depuis dix ans. Par exemple, pour une grossesse à risque, nous nous transmettons Katia : « Nos pays développés, où la nourriture est chargée de produits chimiques, connaissent beaucoup plus de cancers qu’ailleurs, où les produits sont restés naturels. Or, on ne continue à traiter que les conséquences de ces maladies, sans s’attacher aux causes. Faut-il attendre 2012, comme le prévoit le Grenelle de l’environnement, pour que 20% des repas servis en restauration collective soient issus de l’agriculture biologique ? Avec le bio, on redécouvre la diversité alimentaire, on suit les saisons... » Ma question L’éducation au bio ne pourrait-elle pas commencer dans les cantines scolaires ? Quels moyens se donnent les « politiques » de proposer du bio en restauration collective ? eux-mêmes, avec leurs enfants, les effets nocifs – en leur permettant de surmonter financièrement cette phase sensible ? Peut-il mener une politique d’acquisition foncière pour faciliter ces reconversions ? Ma question Barjac, municipalité gardoise, a décidé de passer au bio pour la restauration collective, entraînant dans son sillage d’autres communes du département, comme Vauvert. La position du Gard est formidable et responsable. Mais que comptez-vous faire pour développer de manière sensible les terres cultivées en bio ? des images à distance, avec des praticiens formés. Aujourd’hui, nous mettons aussi en place la « home medecine », qui permet au patient de dialoguer avec son médecin grâce à une webcam : un diabétique, par exemple, n’est plus obligé de se déplacer... Autre réponse que nous avons apportée : la mise en réseau du CHU de Nîmes avec les centres hospitaliers de Bagnols-sur-Cèze et d’Alès. Ma question Comment continuer à assurer un accès aux soins de qualité à tous les Gardois et comment, au niveau des acteurs locaux, se coordonner pour lutter contre la désertification médicale ?
Propos recueillis par P.F. Je viens d’un milieu modeste pour lequel l’école de la République, cela avait du sens : le maître d’école sensibilisait les élèves à ce que les parents, moins avertis, ne pouvaient pas délivrer comme messages. Aujourd’hui, l’éducation au goût, à la santé et à la protection de l’environnement n’est pas proposée dans toutes les familles, et nos interventions pour éveiller la curiosité des jeunes publics sur ces questions peuvent contribuer à introduire plus d’équité. Avec mes collègues de l’assemblée départementale, j’ai l’ambition d’assurer des repas 100% bio dans les collèges gardois d’ici cinq ans. A la rentrée, nous conduirons d’ailleurs une opération de restauration collective bio sur une zone pilote, qui impliquera non seulement écoles et collèges, mais aussi maisons de retraite et hôpital, et surtout l’amont de la filière, c’est-à-dire les producteurs. Nous organisons déjà des visites de classes à Ecol’O Fruits, le verger bio du domaine que nous avons acquis, au Mas d’Asport, entre Nîmes et Saint- Gilles, pour en faire une vitrine de l’agriculture durable du département du Gard et dispenser des formations aux bonnes pratiques agricoles. J’ai écrit, en mai dernier, au président de la SAFER*, pour lui demander officiellement de favoriser l’achat de terres pour les agriculteurs bio... Toutefois il faut savoir que, dans le domaine du bio, nous Nous nous rejoignons sur toutes ces questions de santé publique. Ma préoccupation est bien l’équité dans l’accès aux soins. Comment pallier ces problèmes de démographie médicale, si ce n’est en soutenant les solutions innovantes ? Quand le Conseil général se pose en coordinateur des maisons de santé pluridisciplinaires (MSP), il est dans son rôle d’aménageur du territoire. Ces services de proximité, qui réunissent dans un même pôle médecin, dentiste, infirmiers, kinésithérapeute et autres professions paramédicales, apportent une solution concrète à la désertification médicale et à la problématique de la qualité des soins offerts aux patients gardois. Ils permettront aussi le maintien de personnes âgées à domicile dans les cantons ruraux. Sur la base d’un vrai projet médico-social, on assure, pour les patients, une continuité des soins tout en améliorant considérablement les conditions d’exercice des professionnels de santé : le médecin n’est plus isolé dans sa pratique, les tâches administratives sont partagées, il peut s’appuyer sur ses confrères spécialistes par la télémédecine et mener des actions de prévention plus efficaces. Prenons le cas d’un généraliste qui suit des … ce qu’il en pense J’ai l’ambition d’assurer des repas 100% bio dans les collèges gardois d’ici cinq ans Le passage au bio ne se décrète pas : il faut aider les agriculteurs à se convertir. Ma préoccupation est bien l’équité dans l’accès aux soins. Car le passage au bio ne se décrète pas : il faut aider les agriculteurs à se convertir. Et, vous avez raison, le bio est encore largement importé. Pour développer un bio de proximité, nous avons décidé de consacrer, en 2009, 20% de notre budget agricole à la structuration de cette filière. Il y va de la santé de nos enfants, de l’avenir de la planète mais aussi de la sauvegarde de l’emploi local. Au-delà de nos actions ponctuelles, spectaculaires, de promotion du bio, nous entreprenons donc un vrai travail de fond, de longue haleine : il prendra du temps mais les résultats seront durables. n’agissons pas seuls, mais toujours avec nos partenaires : Chambre d’Agriculture, Civam Bio et professionnels. Nous travaillons ensemble à réformer le monde agricole en profondeur. Par mes racines rurales, terriennes, je suis guidé par le bon sens : respecter la terre qui nous nourrit, permettre aux gens qui l’exploitent d’en vivre. J’ai donc, très tôt, cherché à soutenir l’offre gar doise bio et à développer les circuits courts. Concrè tement, nous aidons les agriculteurs en structurant la filière bio, de l’amont à l’aval. Par ailleurs, nous majorons toutes nos aides quand nous soutenons la reconversion et l’installation de jeunes agriculteurs en bio. Politiquement aussi, je tiens à porter haut et fort le message de la reconversion bio. J’ai pris l’initiative de solliciter la Région, par un courrier signé de tous les présidents de Conseils généraux du Languedoc-Roussillon, pour la mise en œuvre d’un grand programme stratégique conjoint, un véritable bond quantitatif et qualitatif pour le bio régional. Toutefois je ne veux pas laisser sur le bord du chemin les autres agriculteurs. J’ai la responsabilité d’un département dans son entier, pas seulement des « bons élèves ». Mon expérience de la chose publique m’incite à accompagner les gens plutôt qu’à les culpabiliser. Je ne veux pas pointer du doigt les agriculteurs conventionnels, de même que je comprends les familles modestes qui peuvent avoir des difficultés à se comporter en éco-citoyennes. S’intéresser aux fruits de saison ou surveiller leur consommation d’eau, c’est aussi cela contribuer au développement durable. (*) SAFER : Société d’aménagement foncier et d’établissement rural, chargée de la vente et de l’achat des domaines agricoles. patients diabétiques. On peut imaginer que leur éducation alimentaire soit prise en charge collectivement par une infirmière dans le cadre de sessions d’information, au lieu de faire l’objet de consignes répétées individuellement lors de chaque consultation. Une réunion de concertation a été organisée dans chaque territoire con cerné avec les élus, l’assurance maladie et la MSA, pour faire le point sur l’avancée des projets à Bessèges - Saint-Ambroix - Barjac ; Sauve - Saint- Hippolyte - Lasalle ; Le Vigan ; Saint-Jean-du-Gard - Saint- André-de-Valborgne. La MSP du Vigan devrait voir le jour prochainement. Autre engagement fort : quand je décide de consacrer 600 000 euros à l’achat du robot chirurgical qui équipe désormais le CHU de Nîmes, c’est encore pour permettre aux patients du service public hospitalier de bénéficier des meilleurs soins. Et, grâce à votre mise en réseau des trois centres hospitaliers, tous les Gardois pourront accéder à ce robot - autrement dit bénéficier d’actes d’une grande précision et d’une sécurité optimale en urologie, chirurgie digestive et gynécologique - quel que soit le lieu où ils consultent. n°62 - été 2009 GARD mag’11



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