[29] Penn ar bed n°127 oct 12 à jan 2013
[29] Penn ar bed n°127 oct 12 à jan 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°127 de oct 12 à jan 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Finistère

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : faciliter l'accès au service public.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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> mémoi r e L’association Hangar’t fête ses 20 ans Le pop art rural de Nizon 42 finistère penn-ar-bed I n°127
L’association Hangar’t est née en 1992 sous la houlette d’Yves Quentel. Il a su attirer de nombreux habitants de Nizon, à Pont-Aven, dans une aventure artistique qui fête ses 20 ans cette année. « « A Pont-Aven, dans les années soixante-dix, l’ambiance était très propice à la création, se souvient Yves Quentel, fondateur et initiateur de l’association Hangar’t. A cette époque, ma rencontre avec le peintre figuratif Fernand Daucho, ainsi que mon travail d’assistant du photographe Michel Thersiquel, pendant quatre années, ont été les premiers déclics. Deux personnalités, deux influences qui seront déterminantes lors de la création du Hangar’t vingt ans plus tard. » L’idée : réaliser un travail sur la mémoire rurale, à partir de photographies. Les premiers collectages de photos effectués, Yves Quentel décide rapidement d’impliquer les personnes qui apportent leurs documents, photos de familles, cartes postales anciennes… Si l’ombre de Paul Gauguin plane sur Pont- Aven et Nizon depuis le XIX e siècle, c’est Andy Warhol, la star du pop art, qu’Yves Quentel propose comme référence à l’association Hangar’t qui va naître de ces réflexions. Et avec Quentel, comme avec Warhol, chacun a droit à son quart d’heure de célébrité… « Warhol pour les couleurs, les idées, et Bernard Rancillac, plasticien et artiste-peintre pour la technique, précise Yves. Pourquoi Rancillac ? Je cherchais un moyen de transformer les photos en peinture. J’ai donc affiné la technique, j’ai essayé de la rendre accessible, pour que tout le monde puisse venir. » Elle est assez simple : grâce à une suite d’agrandissements photocopiés de l’image initiale, photo ancienne ou carte postale, on obtient un document très contrasté, en noir et blanc, que l’on transforme en diapositive. Cette diapositive est ensuite projetée sur l’écran blanc d’un contreplaqué ou d’une toile. Le peintre se positionne alors devant l’image pour appliquer la peinture acrylique, d’abord sur les zones claires -il n’y a pas de dessin-, traitant ensuite les zones sombres par des couleurs plus foncées, par-dessus les zones claires. Bretonnes en coiffe et équipes de foot Les premières réunions du groupe se déroulent, en février 1992, dans la salle du restaurant-café-boucherie-charcuterie Le Noc, à Nizon. Il y a là quelques agriculteurs, tous bénévoles actifs sur la commune de Nizon. « On va faire des tableaux à partir de photos, rien de plus facile. Vous verrez : si vous êtes capables de peindre une porte ou un volet de votre maison… vous y arriverez. Tout le monde ici a fait du coloriage à l’école ? Cela ne s’oublie pas… » Silence, froncements de sourcils. L’incrédulité est palpable. Les premières séances d’atelier dans l’ancienne conserverie Lomenec’h à Pontic-Malo connaissent pourtant un vrai succès : « En un mois, on a réalisé vingt-neuf tableaux. » Entraide, échange, respect, la mayonnaise du Hangar’t prend vite, l’atelier de « l’Ecole de Nizon » rassemble spontanément toutes les couches sociales du bourg venues raconter l’histoire de leur famille à travers la peinture. Les visiteurs aussi se font de plus en plus nombreux, curieux de découvrir ces nouveaux artistes, leurs voisins agriculteurs, employés, commerçants ou retraités… Tous découvrent un nouveau mode d’expression, propice à de joyeuses discussions, créant de la convivialité, des moments forts, authentiques, un vrai lien social. Anciens ou plus contemporains, les sujets retenus sont choisis collectivement. Les Bretonnes en coiffe et collerette côtoient les équipes de foot, les moissonneusesbatteuses, les joueurs de boules ou les chevaux. « Chaque photo raconte une histoire, dit Marie José, documentaliste et peintre à l’association. C’est un témoignage, l’occasion aussi d’évoquer le passé, un levain. » Depuis 1992, le Hangar’t a grandi et son atelier désormais installé au-dessus de la boulangerie Le Beux, route de Trégunc, fourmille toujours d’activités… Les toiles naissent sous les pinceaux d’artistes de 15 à 70 ans et plus. Léna, la doyenne, a dépassé les 80 ans… et c’est l’une des plus actives ! Les tableaux circulent, exposés dans les commerces de la commune. Aucune œuvre n’est signée ni vendue. L’objectif est culturel et social. Le Hangar’t, qui compte aujourd’hui une soixantaine d’adhérents, a su ainsi fédérer des personnes du monde rural autour d’un projet culturel et collectif qui mêle toutes les générations, contribuant à créer du lien social. Et si tous les Nizonnais n’y participent pas, tous en sont fiers. n wwPlus d’infos sur l’association Hangar’t www.asso-hangart.com Pour les 20 ans de l’association, les peintres de Nizon exposent à New York ! Du 25 au 31 octobre, quelque 35 tableaux réalisés sur toile par les peintres du Hangar’t seront exposés à la galerie Angel Orensanz Foundation Art Center de Manhattan à New York, dans le cadre d’une exposition intitulée « Hangar’t : From Gauguin to Warhol ». n°127 I finistère penn-ar-bed 43



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