[29] Penn ar bed n°116 fév/mar 2010
[29] Penn ar bed n°116 fév/mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°116 de fév/mar 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Finistère

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6,3 Mo

  • Dans ce numéro : budget 2010, au service de tous les Finistériens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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> m é m o i r e À Plomelin, près de Quimper Au Pérennou, les therme Si les rives de l’Odet attirent déjà de nombreux promeneurs en quête de nature sauvage, elles pourraient bien susciter l’intérêt d’amateurs d’archéologie férus d’Antiquité. Les thermes romains du Pérennou, connus depuis le XIX e siècle, ont été fouillés lors d’une campagne programmée en 2008. Une restauration va suivre, pour restituer au mieux cet édifice antique qui, ainsi valorisé, sera visitable dès l’été 2010. c’C’est en 2005 que le Conseil général du Finistère s’est porté acquéreur d’un linéaire de 900 mètres de terrain longeant l’Odet, depuis Kerautret jusqu’au Pérennou et comprenant ces « salles de bains romaines ». Une situation en bordure de l’Odet qui va ainsi permettre de les valoriser et de les intégrer dans un cheminement piétonnier. La campagne de fouilles, confiée à Jean-Charles Arramong, archéologue de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), de 2008 a d’abord consisté à entreprendre un grand nettoyage du 42 f i n i s t è r e pe n n -ar-b e d I n°116
Guével, le technicien du Conseil général en charge du projet de valorisation du site. « Leur exceptionnelle conservation tient autant à la situation géographique, à quelques mètres de l’Odet, qu’à leur histoire : inscrits dans le domaine du château du Pérennou avant les toutes premières fouilles de 1883-34, les thermes sont restés dans la même famille depuis, famille sensible aux éléments tant bâtis que végétaux légués par leurs ancêtres », précise le rapport de fouille archéologique de juin 2008. Ces thermes sont associés à une villa romaine, distante de plus de 400 mètres, implantée sur les hauteurs dominant l’Odet et qui appartient aujourd’hui à la commune de Plomelin. La campagne de fouilles 2008 aura donc défini l’évolution du bâtiment, depuis sa création au I er siècle de notre ère, à son abandon au cours du III e siècle. À cette époque, les thermes faisaient partie de la vie quotidienne. Les villas romaines des classes aisées disposaient de bains privés. Les bains publics jouaient également un rôle important pour l’hygiène générale. Les thermes, inventés par les Grecs, et perfectionnés par les romains, appartenaient à l’Etat ou à des personnes privées. Les romains s’y rendaient pour l’hygiène corporelle, les soins du corps, pour se détendre… Mais le lieu avait aussi une fonction sociale : on y faisait du sport, on y retrouvait ses amis… Les romains y suivaient un « parcours » d’échauffement progressif, puis de refroidissement, dans différentes salles aménagées (voir croquis), : l’apodyterium (les vestiaires), le sudatorium (salle de transpiration), le caldarium (bain chaud), le tepidarium (bain tiède), le frigidarium (bain froid). Le circuit imposait la structure architecturale de ces bâtiments antiques. Le sol était recouvert de mosaïques et chauffé par l’hypocauste. Le foyer d’un four tunnel, le praefurnium, attenant aux pièces chauffées, diffusait flammes et fumées entre les piliers des sous-sols puis dans les conduits de terre cuite (les tubulis) installés à l’intérieur des cloisons, pour s’évacuer ensuite au-dessus des toits par plusieurs cheminées. Au Pérennou, certaines questions restent toutefois posées : si l’évacuation des eaux usées a été expliquée et confirmée dès les premières fouilles du XIX e siècle, par quelle voie d’eau les thermes étaient-ils alimentés ? Aucun ruisseau n’ayant été localisé dans la proximité de l’édifice. Les romains canalisèrent-ils l’eau de la source du château du Pérennou par une conduite de bois aujourd’hui disparue ? L’acheminaientils manuellement ou bien récupéraientils l’eau de pluie des toitures ? Même questionnement sur l’utilisation de ces thermes : étaient-ils à usage exclusivement privé et en relation directe avec la villa comme peuvent le suggérer certains clichés aériens réalisés, ou une commercialisation de l’équipement était-elle possible ? Pour l’instant recouvert d’une bâche protectrice, le monument antique sera vraisemblablement ouvert au public au cours de l’été 2010. Aura-t-il alors livré tous ses secrets ? n s romains se dévoilent site et de ses abords. Réalisé avec l’aide du service espaces naturels du Conseil général il a permis de libérer les thermes de la végétation envahissante qui menaçait notamment les maçonneries. Les fouilles proprement dites ont vu la remise au jour des niveaux de sol, et du niveau d’implantation originel des thermes. Elles ont aussi localisé les parties étudiées au cours du XIX e siècle par la famille Marhallac’h, alors propriétaire du château du Pérennou. Les thermes romains du Pérennou demeurent ainsi dans leur configuration originale, « au complet » précise fièrement Christian Salle froide ou frigidarium Salle tiède ou tepidarium Vestibule ou apodyterium Seuil Salle chaude ou caldarium Chaufferie ou praefornium Pièce de service n°116 I fi n i s t è r e pe n n -ar-b e d 43



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