[28] Eurélien n°2 déc 06/jan-fév 2007
[28] Eurélien n°2 déc 06/jan-fév 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de déc 06/jan-fév 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général d'Eure-et-Loir

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : collèges... des outils pour la réussite.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 Oulins-plage Si, passé l’été, la baignade d’Oulins (moins de 3 km du château) est fermée, les plaisirs des bords de l’eau continuent avec parcours sportif, promenades et pêche, tant dans l’étang que dans la Vesgre (1 ère catégorie). Eurélien n°2 - Hiver 2006 - Découverte Découverte Là où Diane a chevauché, le H, D, C : l’entrelacement des « chiffres » est si habile que, cinq siècles après, nul n’a définitivement pu dissocier ce ménage à trois des initiales d’Henri II, de son épouse Catherine de Médicis et de sa favorite Diane de Poitiers, passée à la postérité comme un symbole de la fidélité conjugale et amoureuse. C’est cette impression d’ambivalence entre irrésistible séduction et charmes discrets qui marque toute promenade à Anet et alentour, entre pierre et verdure, plateau et vallons, forêts et grandes cultures, Eure et Vesgre, Eure-et-Loir, Eure et Yvelines. Contrairement à la pensée chinoise, il ne faut pas être fou pour regarder de près le doigt de l’Eure-et-Loir avant de se préoccuper de ce qu’il montre ! C’est peut-être approcher son empreinte, son identité. Alors que d’autres châteaux claironnent leur puissance aux campagnes alentour, la demeure d’Anet ne se laisse découvrir qu’aux derniers instants, comme un bijou caché qui, à l’instant où il se dévoile, fait oublier tout ce qui est autre. Construit « par » et « pour » Diane de Poitiers, sans doute s’est-il édifié à l’image d’une femme à la beauté incomparable, dévouée dès ses 15 ans à un époux de 41 ans son aîné (le sénéchal de Brézé) puis à son rôle de mère-amante d’un futur roi de 20 ans son cadet (Henri II). Troublants dévouements pour une maîtresse-femme qui n’aura jamais oublié d’arrondir sa bourse, aura fait prospérer son patrimoine avec une rare lucidité, piloté (en double commande) les affaires du royaume et son pouvoir sentimental, jusqu’à pousser son royal maître dans le lit conjugal ! Aller découvrir le château d’Anet, c’est, aussi, s’offrir le choix entre une allée royale, celle qui, par la RD 928, traverse la belle forêt de Dreux, et les allées détournées, qui, par vallée et coteaux de l’Eure longent le massif forestier. Les deux approches offrent la même vision d’un bourg reposé, où la vie commerciale se concentre sur une rue (dédiée à Diane, naturellement), et où les bâtisses sont convenues de ne pas se hisser du col de crainte de poser leur ombre sur le château. Même l’église, si hardiment défendue contre les Ligueurs, laisse oublier son harmonieuse facture des XII e, XV e et XVI e siècles et n’ose rivaliser avec la chapelle (merveilleuse) du château.
Eurélien n°2 - Hiver 2006 - Découverte pays d’Anet reste envoûté Le Roi des forêts La chapelle étourdissante Après quelques pas dans les rues calmes bordées d’un habitat qui mérite de s’attarder, c’est, bien sûr, vers le château que tout promeneur se doit de revenir. Une invitation préalable : guider ses premiers pas « autour » du domaine, jusqu’à la pièce d’eau bordée par la RD 928. D’abord, pour apercevoir par l’entrée « privée » de la propriété, la si jolie sculpture de La Diane au Cerf (copie, l’original étant au Louvre). Ensuite pour deviner la riche faune naturelle de ces lieux. Dépouillé (sous l’Empire) de deux de ses trois corps de bâtiments, le château offre un fond visuel discret au portail d’entrée qui constitue l’un des chefs-d’œuvre d’Anet. Marquant les heures de son sabot, le grand cerf affirme la suprématie royale mais tourne son regard vers la maison de Diane, nouant et dénouant inlassablement le « chiffre » favori qui, ici reproduit à l’infini, ne peut lier qu’Henri et Diane. Un terroir de discrétion Par quelles caractéristiques de son terroir, le « doigt » de l’Eure-et-Loir semble-t-il destiné à abriter les « vies privées » de ceux que font briller les lumières de la capitale (voire de la terre entière) ? Les villages du canton d’Anet (jusqu’au plus nordiste, Guainville) sont comme les armoires anciennes aux multiples tiroirs cachés. Les traverser n’en offre qu’une première clef : Renseignements : Office de Tourisme d’Anet - 02 37 41 49 09 Le plus étonnant est encore caché et attend de se révéler aux moins initiés aux arts et à l’architecture. L’intérieur de la chapelle est tout simplement enivrant avec une coupole faite d’un damier de caissons en réseau hélicoïdal. A donner le « tournis » avec ses impressions de trompe-l’œil au moindre déplacement. Surtout, ne pas céder à la tentation de baisser le regard : le sol est une projection de la coupole ! Cinq siècles après, la Dame d’Anet continue de faire tourner les têtes… Laissant derrière soi les pierres aux fétiches « couleurs » (blanc et noir) de Diane (dont quelques peintres hardis n’hésitèrent pas à la dépouiller !), la tentation est grande pour le promeneur d’aller perdre ses pas en forêt… dans des allées que les « pacsés » royaux fréquentèrent avec assiduité. Au cœur de ce massif de 3 300 hectares, il est possible d’échapper à l’envoûtement de la favorite : le pavillon de chasse qui brise l’allée royale (RD 928) n’a été construit qu’au XVIII e siècle. Il est devenu l’indicateur du tout proche arboretum où, sans complication aucune, chacun peut s’initier à identifier la flore environnante. beaucoup se font comme un malin plaisir à laisser passer les plus pressés. S’y attarder et s’accorder le bonheur de la découverte, c’est s’assurer de dénicher ici de romantiques moulins, là de bucoliques perspectives, ailleurs des enclos trop protégés pour ne pas receler des secrets que les villageois se gardent bien de révéler. Peut-être s’y souvient-on des cent coups d’épée par lesquels, dans le manoir de Rouvres (disparu), le beau-père de Diane mit fin aux amours de son épouse (Charlotte de Savoie) et de l’un de ses veneurs… Aujourd’hui, quelques artistes et décideurs (mondialement reconnus) viennent s’y laisser oublier de tous et y trouver le repos. La preuve, si besoin en était, que les plus beaux écrins sont, souvent, les plus discrets. Les orchidées des Cailles Prenez votre guide de la flore (ou un accompagnateur spécialisé) : la promenade empruntant un bout de chemin de Grande Randonnée (GR22) à partir de Boncourt réserve bien des surprises ! L’objectif est la vallée des Cailles (boucle de 4 km) dite aussi vallée aux orchidées : pas moins de 14 variétés de ces reines des pelouses (calcicoles). Un rappel : toute cueillette est interdite. Inutile, en outre, d’y chercher les oiseaux prisés des chasseurs : les cailles, ici, sont les silex (cailloux) ! 21



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