[25] Vu du Doubs n°248 sep/oct 2018
[25] Vu du Doubs n°248 sep/oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°248 de sep/oct 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Doubs

  • Format : (289 x 350) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : la biodiversité sous haute protection départementale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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pARoLE d'élue 6 Photo  : Laurent Cheviet Sept./Oct. 2018 Béatrix Loizon, vice-présidente chargée de l’environnement, de la Trame verte et bleue, de l’espace rural et péri-urbain La population doit devenir partie prenante « Après 10 années d’aménagement d’Espaces naturels sensibles représentatifs de la biodiversité du Doubs, nous passons la vitesse supérieure à travers notre projet C@P25, avec trois priorités. Tout d’abord, nous souhaitons développer la mise en réseau des ENS et de leurs acteurs afin de favoriser le partage des bonnes pratiques. Dans le prolongement, nous voulons contribuer à l’amélioration de la gestion du cycle de l’eau que la nature calcaire de notre sol rend complexe. Enfin, nous voulons concentrer davantage nos efforts sur l’animation et la valorisation des ENS, dans un objectif de sensibilisation et d’éducation à l’environnement. Le Département, acteur de proximité, joue pleinement son rôle dans la préservation de la biodiversité. Mais la population doit être partie prenante de cet enjeu aujourd’hui majeur. Chaque citoyen, dans ses modes de vie et de consommation, a une part de responsabilité. En ce sens, nos ENS sont un formidable vecteur ! » Béatrix Loizon (au centre) en visite dans un site avec des techniciens du Département. 10 ans En 2008, les premiers Espaces naturels sensibles (ENS) voyaient le jour à Saône, pour son marais, à Étrabonne et à Quingey pour leurs pelouses sèches… 29 sites font aujourd’hui l’objet d’actions concrètes de protection et de mise en valeur, sur 56 initialement recensés par le Département. 16 sont ouverts au public. D’autres le seront bientôt. Partenariat Tantôt le Département est gestionnaire du site, tantôt c’est une commune, un syndicat mixte ou une association. Un partenariat est établi pour mener des études et des travaux, mettre en valeur et ouvrir l’ENS au public (tout ou partie). Le financement est assuré en grande partie par le Département. Les associations naturalistes, notamment, sont étroitement associées à l’étude, à l’inventaire et à l’animation des sites. 1,5 million d'euros C’est le montant annuel de la taxe d’aménagement affecté aux Espaces naturels sensibles du Doubs. Cette taxe est prélevée sur les permis de construire. Ainsi une maison de 170 m2 "rapporte" environ 1000e. C’est un moyen de compenser "l’artificialisation de l’espace" en investissant dans un site naturel à protéger ou à restaurer. Le Doubs en tête Sur 5 900 hectares d’Espaces naturels sensibles en Bourgogne-Franche-Comté, 4 000 se situent dans le Doubs. Une longueur d’avance que le Département entend bien conserver ! Photo  : Christian Bulle DOSSIER Belvoir mérite à nouveau son nom C’est l’un des premiers Espaces naturels sensibles créés dans le Doubs. Il s’inscrit dans un projet de vie local et global, avec mise en valeur du patrimoine, animations, gestion pastorale respectueuse de l’environnement, production agricole… Christian Brand, maire de Belvoir. Si rien n’avait été fait, le village et son château aux allures féodales seraient aujourd’hui dissimulés derrière une épaisse forêt. Le vaste panorama sur les vallons environnants serait refermé… Mais il en a été décidé autrement avec la création d’un Espace naturel sensible à l'initiative du Département. « J’ai réuni tout le monde dans un comité de pilotage  : le propriétaire du château, l’exploitant agricole en place, les randonneurs, les chasseurs, les environnementalistes, se souvient le maire, Christian Brand. Nous sommes tombés d’accord sur un plan de gestion qui, dix ans plus tard, a porté ses fruits. Nous venons de le renouveler avec le Département selon la même méthode. » un attRait touRistique de Plus 19 hectares de pelouses sèches ont été en grande partie défrichés et sont désormais confiés aux bovins et aux caprins (sauf 2 ha entretenus manuellement). La faune Le faucon pèlerin, espèce emblématique et rare du massif jurassien. Respect pour la nature Ici c’est un faucon pèlerin qui niche, là le Mélibée qui papillonne, ailleurs c’est l’Ophrys abeille, une petite orchidée, qui s’épanouit… Ces espèces sont protégées, respectons-les ! et la flore prospèrent. Le deuxième plan s’inscrit dans la continuité, avec le projet de réduire encore les boisements qui masquent le château, et de mieux organiser la vie pastorale (clôtures, eau…). Tant et si bien que cet ENS a trouvé toute sa place dans la vie locale. « Le sentier d’interprétation attire les promeneurs, constate Christian Brand. C’est un attrait touristique complémentaire à notre patrimoine historique. D’ailleurs les livrets mis à disposition gratuitement Un site médiéval. sous les halles partent comme des petits pains ! » Le site – abandonné lors de la mécanisation agricole – a retrouvé un intérêt pastoral avec un éleveur de chèvres qui produit un fromage bio très apprécié. D’autres initiatives ont fleuri… Une association s’attache à sauver les murs en pierre sèche, une autre a remis en état la fontaine des lépreux. La plantation d’une vigne est en projet. Ce n’est pas un retour vers le passé mais vers le futur ! Consultez le programme ! Chacun des Espaces naturels sensibles est agrémenté de panneaux illustrés et commentés le long d'un sentier d'interprétation. Huit d’entre eux disposent d’un livret à télécharger sur doubs.fr Des visites thématiques accompagnées sont organisées par le Département avec le concours d’associations compétentes. Photo  : Laurent Cheviet
« Je n’ai jamais vu autant de fleurs dans ces prairies ! », reconnaît Damien Bettinelli, agriculteur de 35 ans, installé à Ville-du-Pont. En novembre 2016, il a renouvelé son bail avec le Département pour l’exploitation de près de 8 hectares de prairies à la sortie de Montbenoît, en bordure du Doubs. Un peu sceptique, il a accepté une clause environnementale aux conditions exigeantes  : pas d’effluents (ni engrais chimique, ni fumier, ni lisier), deux fauches à partir DOSSIER Glamondans  : la zone humide retrouve son rôle Des anciens étangs moyenâgeux des moines de Vuillorbe, il n’en reste qu’un, entouré d’une zone humide qui reprend peu à peu ses droits… et ses devoirs. Une cane et ses canetons accueillent Amaury Tropée, lors d’une visite mi-juillet, tandis que des libellules volètent de-ci delà. Le bosquet de laîches faux-souchet (carex pseudocyperus, en latin) qui abrite leurs larves se développe bien et les roseaux reculent peu à peu… Autant de signes qui réjouissent le jeune technicien de la Fédération départementale des chasseurs. Le site de 12ha constitue une trame bleue dans le réseau hydrographique, entre le premier plateau et la vallée du Doubs. « Après étude, diagnostic et plan de gestion à partir de 2015, les travaux se sont déroulés en 2017, relate Amaury Tropée. L’objectif est de maintenir le site ouvert afin qu’il retienne l’eau assez longtemps et la filtre avant qu’elle rejoigne le sous-sol karstique. Nous devons pour cela bien maîtriser le niveau de l’eau, éviter son réchauffement… C’est pourquoi nous avons installé un "moine" qui permet de réguler les flux. » Pour remettre le site en état, une plantation de sapins – trop acide pour ce sol – a été abattue ; l’île a été en partie arasée ; une tonne de déchets a été évacuée avec l’aide des Francas… 300 mètres de haies seront plantés en 2019. La forêt communale fait l’objet d’une gestion adaptée par l’ONF (Office national des forêts). La ferme voisine est en agriculture biologique, en harmonie avec le site donc. Pourquoi sauver des milieux ordinaires ? Mais qu’est-ce qui pousse des chasseurs à consacrer autant d’énergie et de moyens financiers à sauver des zones humides ? « Pas d’espèces sans espaces préservés ! Nous ne pouvons pas assister à la dégradation des milieux naturels sans réagir, estime Amaury Tropée qui est responsable du pôle scientifique de la Fédération. Impliquée dans la sauvegarde de la biodiversité, celle-ci intervient sur une dizaine de zones humides dans le Doubs. « Nous nous intéressons à des milieux ordinaires où l’on observe une érosion de la biodiversité ordinaire  : lièvres, perdrix, alouettes, papillons, grenouilles se font rares dans notre département. Il est temps d’agir ! » LES FLEURS REPRENNENT LE POUVOIR ! Damien Bettinelli expérimente de nouvelles pratiques agricoles à la demande du Département. Photo  : Laurent Cheviet du 1er juillet seulement… Cette démarche s’inscrit dans l’action de préservation et de restauration de la trame verte et bleue menée par le Département pour la biodiversité. Inventaire en cours « Avec le recul, c’est une bonne chose car, lorsqu’il déborde, le Doubs apporte des alluvions qui enrichissent le sol suffisamment. Le foin est en quantité et en qualité très correcte. Je vois aussi les libellules pulluler le long du Doubs. J’espère que cela durera ! » Le Département a Qu'est-ce qu'un "moine" ? Il ne s’agit pas ici des moines de Vuillorbe qui étaient propriétaires du site, mais d’une trappe à plusieurs niveaux. Placée au niveau de la digue, elle permet de réduire ou d’augmenter le débit d’eau évacuée. L’étang et son "moine" au premier plan. missionné le Conservatoire botanique national pour initier un inventaire de la flore qu’il va suivre plusieurs années. Les premiers indices sont favorables, une trentaine d’espèces sont recensées. Président de la fruitière des Jarrons, Damien Bettinelli est sensible aux arguments environnementaux. Il travaille en agriculture raisonnée depuis 2003 et constate une amélioration de la qualité de ses prairies. « Cela n’empêche pas les anciens de dire que je fauche mal les prairies du Département », confie-t-il avec humour. Photo  : Laurent Cheviet Photo  : Lionel Georges Sept./Oct. 2018 paRole d'élu « Un patrimoine naturel et historique » « C’est un projet qui me tenait à cœur depuis longtemps car cette zone humide communale est un patrimoine naturel et historique auquel la population est attachée. Le projet a pu se réaliser dans le cadre du programme RézoHumide, avec la Fédération départementale des chasseurs, l’appui technique et financier du Département et de l’Agence de l’eau, et le soutien de la Communauté de communes du Doubs Baumois. Le sentier pédestre d’interprétation en projet présentera de surcroît un attrait touristique. » Claude Dallavalle, maire de Glamondans, conseiller départemental du canton de Baume-les-Dames SUR LES TRACES DES CASTORS À l’origine, ce n’était pas les castors qui devaient être l’attraction de l’ENS de la boucle du Doubs à Avanne, mais les brochets ! Ce site inondable, où le Doubs forme presque une île, a été aménagé pour favoriser la fraie de ce poisson carnivore. La ripisylve est aussi propice à l’observation des oiseaux. Et les brochets alors ! Mais les castors ont ravi la vedette, alors même qu’ils se cachent pour dormir le jour. Ils sont de retour dans le Doubs et progressent le long de la rivière. Leur présence est attestée à Deluz, désormais. « Cela surprend les promeneurs », commente Quentin Letalec, de la Ligue de protection des oiseaux, qui anime des visites sur plusieurs ENS. « Je dois lutter contre beaucoup d’idées reçues ! Le plus grand rongeur d’Europe joue son rôle dans la biodiversité. Ses constructions et ses interventions contribuent à entretenir les berges, notamment. » Les visites organisées à l’initiative du Département sont ainsi l’occasion de sensibiliser le public aux nombreux enjeux environnementaux. La sensibilisation du public, un enjeu majeur pour le Département. SUR LA PISTE DES ENS Catherine Duffait, directrice de l’école de Geneuille, et Cécile Haulet, enseignante, ont participé avec leurs élèves à l’action pédagogique portée par le Département, Sur la piste des ENS. « C’est un support très utile dans notre programme d’acquisition de connaissances, notent-elles. Lors de la visite de la gravière du village, nous avons bénéficié de moyens adaptés, comme une longue-vue. Le vocabulaire technique était enrichissant. Les enfants ont pu observer des cas concrets et participer activement. Par la suite, ils ont réalisé un nichoir et un gîte à insectes. C’est une expérience que nous recommandons ! » Photo  : Laurent Cheviet 7



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