[25] Vu du Doubs n°203 novembre 2012
[25] Vu du Doubs n°203 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°203 de novembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Doubs

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : forum du Handicap, à la rencontre des aidants

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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dossier Aidants : à société nouvelle, NOUVEAU CONCEPT « Avec l’allongement de la durée de la vie est apparu le concept d’aidant, activité bénévole ou professionnelle », relève Catherine Philippe, juriste, maître de conférences en droit privé à l’Université de Franche-Comté. Des lois récentes et le plan Alzheimer reconnaissent le rôle de l’aidant et son droit à la formation, mais un cadre juridique reste à établir. « Très souvent les aidants s’inquiètent : "Ai-je le droit de faire ceci ou cela ? ". Une loi de 2007, entrée en application en 2009, a réformé et encadré les régimes de protection des majeurs. Le choix de tuteurs ou curateurs familiaux est encouragé. Mais si les professionnels doivent obtenir une certification à l’issue d’une formation spécifique, il n’en est rien pour les bénévoles qui, de ce fait, se sentent assez désemparés » Solidarité familiale, solidarité nationale « Aider est une activité très prenante qui engage des responsabilités. Si bien que se pose rapidement la question de la valeur financière de l’aide. Dans une famille, par exemple, le frère ou la sœur qui assume ce rôle doit-il être indemnisé ? D’un côté, il faut veiller à ne pas tarifier les relations humaines, d’un autre, la solidarité familiale a des limites. » « Nous sommes dans une période d’observation et de réflexion sur toutes ces questions récentes, avec, en toile de fond, une Catherine Philippe, juriste. évolution de la société qui oscille entre solidarité familiale et solidarité nationale : l’équilibre reste à trouver », conclut Catherine Philippe. On ne naît pas aidant, ON LE DEVIENT « Cela paraît tellement naturel d’aider, dans notre société, que nombre d’aidants ne se considèrent pas comme tels, tout en s’interrogeant sur leurs responsabilités... », constate Patricia Girerd, psychologue. Patricia Girerd, psychologue. L « a grande question que se posent les aidants, c’est : "Est-ce que je fais bien ? ", tout en pensant : "De toute façon, je n’en fait jamais assez ! ". On décèle là les traces d’une culpabilité ancrée dans notre société », observe Patricia Girerd qui accorde des consultations individuelles et anime le Café des aidants de Besançon, dans le cadre de l’ASSAD, notamment. « La gestion du risque est symptomatique de la relation aidant-aidé. Le premier peut éprouver, dans certains cas, un désir de surprotection, voire de fusion. Alors que le second a besoin de préserver un maximum d’autonomie. Or, accepter la prise de risque, c’est fondamental dans la vie, c’est ce qui permet de grandir, de s’épanouir... » Se sentir écoutés sans être jugés « Très vite, les aidants sont confrontés à leurs limites et à la nécessité de se faire aider. Franchir cette étape leur est souvent difficile car ils perçoivent cela comme un échec. Pourtant, c’est une invitation à prendre du recul, à garder un espace et un temps pour soi. Je les incite à déléguer des tâches comme la toilette, le ménage... Je leur conseille souvent de recourir à l’accueil de jour, voire temporaire. » « Pour accomplir leur mission, les aidants ont besoin de se sentir écoutés sans être jugés. L’objectif pour eux comme pour les personnes aidées, c’est de retrouver, ou de conserver, le plaisir de la relation, d’apprécier les moments partagés », conclut Patricia Girerd. L’ASSAD (Accompagnement, soins, services à domicile) propose une aide aux aidants. Tél. 03 81 41 96 86. http://www.assad25.fr/cest-pour-vous/aide-aux-aidants/18 vu du doubs novembre 2012
APF : nouveaux services POUR PLUS D’AUTONOMIE Dans l’extension nouvelle du quartier de Planoise, à Besançon, l’Association des paralysés de France concrétise un projet d’hébergements et de services novateurs, avec le soutien financier du Conseil général et de l’Agence régionale de santé. En avril 2013, les services de l’APF s’installeront dans des locaux neufs et fonctionnels en bordure du parc urbain de Planoise, à proximité des commerces, du théâtre de l’Espace, de Micropolis. Depuis décembre 2011, l’APF occupe des locaux provisoires à Palente, suite à l’incendie qui avait ravagé les locaux du CHAT et affecté les siens. À changement de lieux, changement de dimension ! Aux trois services "historiques" de l’APF vont s’ajouter de nouvelles missions novatrices dans le Doubs, et l’équipe passera dans le même temps de 20 à 50 salariés. « Historiques », l’accueil de jour (20 places), le Service d’accompagnement à la vie sociale (50 personnes suivies dont 10 dans le Pays de Montbéliard) et le Service d’accompagnement médico-social d’adulte handicapé (20 personnes suivies) répondent aux besoins de réadaptation à la vie à domicile après la période plus ou moins longue de rééducation. Vers la vie autonome En avril, seront inaugurés un foyer de vie de 15 places pour des personnes en situation de handicap moteur, mais relativement autonomes – dont un appartement de 70 m² pour deux personnes –, ainsi qu’un foyer d’accueil médicalisé, de 15 places aussi pour des personnes qui ont besoin d’une aide pour les actes essentiels de la vie quotidienne. Ces nouvelles places dans le Doubs, très attendues, ont été financées à 80% par le Conseil général, et à 20% par l’ARS (État). « Ce qui est novateur, c’est que 30% des places sont réservées à l’apprentissage de la vie autonome, souligne Marie- Christine Piercy-Garon, directrice de l’APF. Les personnes concernées s’engagent dans une démarche volontaire de conquête de leur autonomie, avec l’appui d’une équipe sociale et médicale. Nous accueillons à présent de jeunes adultes qui ont eu la possibilité de suivre une scolarité ordinaire, ce qui n’était pas le cas des générations précédentes. Ils aspirent à conserver leur indépendance, à quitter le milieu familial pour mener leur vie personnelle, exercer un métier, vivre en couple... Nous devons les y aider. » Des expériences novatrices Deux actions nouvelles s’inscrivent dans cette démarche d’émancipation et d’intégration. Une section d’apprentissage à la vie autonome accueille cinq jeunes en accueil de jour, encadrés par des éducateurs, une conseillère en économie sociale et familiale, une psychologue. Et trois jeunes ont emménagé en colocation dans un logement de Néolia, dans le quartier des Chaprais, à Besançon. Cette expérimentation d’une durée de trois mois constitue une première nationale, en partenariat avec l’Assad et l’Hygiène sociale de Franche- Comté. « Ces projets redonnent leur place de citoyen aux individus : d’objets de soins, souvent pendant de longues années, ils deviennent acteurs de leur vie, c’est un changement de perspective radical », conclut Marie-Christine Piercy-Garon. Steve, heureux d’accéder au réseau de transport Mobidoubs pour rallier les locaux de l’APF et la maison de ses parents vers Pontarlier. Marie-Christine Piercy-Garon, directrice de l’APF, avec Patrick Di Cristo, architecte, Damien Arnaud-Jouffrey, Frédéric Chessa, de la société SBI sur le chantier des futurs locaux. novembre 2012 vu du doubs 19



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