[25] Vu du Doubs n°203 novembre 2012
[25] Vu du Doubs n°203 novembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°203 de novembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Doubs

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 8,2 Mo

  • Dans ce numéro : forum du Handicap, à la rencontre des aidants

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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dossier LORSQUE ELLIOT PARAÎT Trois ans après Charlotte, 19 ans à présent, Marie-Claire et Michel donnent naissance à Elliot. « Dès que je l’ai vu, j’ai compris qu’il était atteint d’une trisomie 21. Le choc est vite passé parce que j’ai estimé que s’il était là, c’était qu’il avait quelque chose à vivre et à partager ». Depuis, cette famille vit à 100%, voire 200%, visiblement. Alors qu’on leur prédisait le pire (problème de marche, d’élocution, d’autonomie), Marie-Claire et Michel, et la sœur adorée, n’ont eu de cesse de l’aider à repousser plus loin ses limites. Après le passage chez une nourrice qui lui a fait découvrir plein de choses – Chantal Morrin –, une intégration plus délicate en maternelle, Elliot a suivi un parcours scolaire et de formation au sein de l’ADAPEI de Besançon – dont Michel est administrateur. En institut médico-professionnel, le jeune homme expérimente diverses activités afin de trouver une voie professionnelle. Autonome, pétillant de vie, « il nous surprend chaque jour », confie Michel qui témoigne régulièrement dans les collèges et les lycées afin de démystifier le handicap. « Il y a tellement d’idées reçues et de crainte, au sujet de l’agressivité, de la vie amoureuse... C’est important d’en parler sereinement. » Aujourd’hui, le projet d’Elliot, c’est de passer le permis moto...comme Papa ! Elliot partage la passion de la moto éprouvée par son père. L’AUTRE TRAVERSÉE DU DÉSERT de Patricia Choulet Patricia Choulet ne s’étend pas sur sa première traversée du désert, lorsqu’à partir de ses 11 ans elle perd la vue progressivement. Scolarité loin de Besançon, formation professionnelle à Strasbourg. Elle parle plus volontiers de son embauche à 21 ans, chez France Telecom où elle est à l’origine d’une première française : devenu Orange, son employeur lui aménage son poste pour la rendre autonome au milieu des opérateurs du plateau de dépannage. « J’aimerais que cette expérience s’étendent à d’autres personnes handicapées... ». Sportive accomplie – natation, randonnée, tandem... –, Patricia pratique l’aïkibudo depuis qu’elle s’est fait agresser dans la rue. C’est Cops, son chien, qui lui donne la vue pour mener toutes ses activités ! Après avoir participé cinq années consécutives au raid Handifort, l’envie de relever un nouveau défi la titillait... lorsque le coureur et triathlète Jessy Lestrat s’est présenté à elle. « Lors d’un raid au Maroc, j’ai vu une femme aveugle franchir la ligne d’arrivée Patricia et Jessy s’entraîne 8 à 10 h par semaine en vue de l’ultratrail des Augrabies. avec un guide. Cela m’a bouleversé, j’ai eu envie de vivre cette expérience. » Patricia et Jessy s'entraînent pour participer à l’ultratrail Les Augrabies (parc national d’Afrique du Sud), en octobre 2013, avec les encouragements du coureur Gilles Verdenet. Tenez-vous bien : 250 km en six étapes dont une de nuit ! « Nous allons donner du rêve aux mal-voyants, disentils en chœur. Rien n’est impossible avec le désir de se dépasser ! » Contact pour soutien : Association Course autour du monde, Gérard Verdenet, 9 rue Ville haute, 25111 Montgesoye. Tél. 03 81 57 12 33. 16 vu du doubs novembre 2012
Martine Vaillant : « Avec la télécommande de mes implants, je peux suivre une visite guidée s'il y a une boucle magnétique. » Laurent Pitoy : « Il arrive un moment où on ne peut plus pousser la puissance d’un appareil auditif. » Mélissa et Christine Sungh : « Les mails, les sms... ça facilite la vie ! » C’EST LA NUIT QUI RÉVÈLE LA SURDITÉ C’est en éteignant la lumière de la chambre de son fils que Pascaline Riot a eu la conviction qu’il entendait mal. « Détecté à l’âge de deux ans et demi, il n’a été reconnu malentendant que deux ans plus tard, indique-t-elle. Il avait développé la lecture labiale intuitivement ! » Aujourd’hui, Franck peut suivre les cours de 3 e au collège Proudhon grâce à un appareillage performant. Mais l’adolescence est là avec son lot de questionnements, de doutes, d’espoirs... « J’ai trouvé soutien et entraide auprès de l’Association de parents d'enfants déficients auditifs [Ndrl : APADA de Franche-Comté], notamment dans les moments où je me sentais mise de côté par les équipes médicales », confie Pascaline. Surmonter la peur... des bruits Martine Vaillant aussi a trouvé réconfort et informations auprès de l’APEDA- FC et de sa déléguée régionale, Christine Singh. « J’ai ressenti les premiers symptômes de ma surdité à 36 ans. Mais à 42 ans, plus aucune prothèse ne pouvait y remédier, témoigne-t-elle. Le sentiment d’isolement est accentué par le fait que ce handicap qui ne se voit pas : on ne bénéficie pas d’une attention particulière. Ma vie privée et professionnelle a basculé, et c’est une spirale infernale... » « J’ai appris la lecture labiale mais on ne capte que 30% d’un dialogue, poursuit Martine. Heureusement, j’ai pu me réinsérer dans la fonction publique, et bénéficier d’un premier implant cochléaire en 2007, puis d’un deuxième. C’est très performant mais demande beaucoup d’efforts et de temps pour la rééducation et les réglages. Et le coût est élevé. D’où l’intérêt de contracter une assurance auprès de l’APEDA-FC ! Il faut aussi surmonter la peur du retour dans le monde des bruits tous azimuts : ce n’est pas évident ! C’est pourquoi on a besoin d’aidants... Et aussi d’appuis techniques comme les informations visuelles, les boucles magnétiques qui permettent de suivre une visite guidée dans un musée. » La langue des signes française, une culture Toutes les personnes sourdes ne peuvent pas être appareillées ou ne le veulent pas. Pour compenser leur handicap, elles ont développé des stratégies de communication, et même une culture dont l’ambassadrice la plus connue reste la comédienne Emmanuelle Laborit. Laurent Pitoy, 35 ans, atteint d’une surdité progressive dès l’âge de 3 ans, est éducateur sportif. Il a connu les appareils auditifs, ne peut plus en porter. « Je compense par la vue, par la suppléance mentale, par la lecture labiale, explique-til. Je pense de plus en plus en langue des signes (LSF), c’est plus reposant ! Je constate toutefois qu’il y a trop peu d’interprètes en France. » Vive le téléphone portable Mélissa redouble d’efforts, à 22 ans, pour maîtriser toutes les formes de communication. La LSF, c’est sa langue naturelle ! « Jusqu’à cinq ans, elle avait trop peu d’audition pour apprendre à parler en utilisant la Langue française parlée complétée (LPC), et, dans le même temps, les spécialistes de l’époque ne voulaient pas qu’elle se familiarise avec la langue des signes de crainte qu’elle ne fasse plus d’efforts pour parler. Ce dilemme lui a fait perdre du temps », relate sa maman, Christine Singh, qui fait remarquer aussitôt en observant Mélissa et Laurent avec tendresse : « Le téléphone portable a ouvert des horizons à cette génération très utilisatrice des nouvelles technologies de communication ! » APEDA, Maison de la Famille, à Besançon. Tél. 03 81 80 19 82. Courriel : apeda.fc@wanadoo.fr novembre 2012 vu du doubs 17



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