[24] Vivre en Périgord n°51 mai à sep 2018
[24] Vivre en Périgord n°51 mai à sep 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°51 de mai à sep 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Dordogne

  • Format : (190 x 238) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : mon département, utile et innovant !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PÉRIGORD SOLIDAIRE MINEURS NON ACCOMPAGNÉS Qui sont-ils et quelle est leur situation ? Derrière le vocable Mineur Non Accompagné (MNA), il existe une réalité complexe. Ces jeunes étrangers de moins de 18 ans chassés de leurs pays par la guerre ou la misère, arrivés sur le territoire français sans parents, ni famille proche pour les accueillir, vivent des situations très sensibles. Les Départements sont chargés de l’accueil des MNA au titre de l’Aide Sociale à l’Enfance. C’est la Cellule Départementale des Informations Préoccupantes qui s’occupe de l’évaluation des MNA. Privés d’autorité parentale, ces jeunes sont, par définition, en danger réel ou potentiel. En 2013, notre département accueillait 42 MNA. En 2017, ils sont trois fois plus nombreux (145) et la tendance 2018 confirme cette hausse (60 MNA pris en charge depuis le 1er janvier). 24 D’où arrivent ces jeunes ? Jusqu’en 2015, les MNA qui se présentaient en Dordogne arrivaient principalement du Pakistan, d’Afghanistan et du Bangladesh. En 2016, c’est une population majoritairement originaire d’Afrique (Mali, Guinée) et cette tendance se confirme en 2017 et 2018. Un phénomène que nous rappellent chaque jour les médias à travers les images de ces populations qui fuient les conflits dans le monde et viennent chercher refuge en Europe. Jeunes MNA accueillis au foyer de la Beauronne Jeunes MNA accueillis au foyer de la Beauronne Aujourd’hui, les évaluations des MNA sont de plus en plus complexes à mener  : ils sont souvent sans papier avec des consignes des passeurs qui sont présents en France, voire en Dordogne. Les hébergements que nous pouvons leur proposer les inscrivent dans le monde de l’enfance alors qu’ils aspirent au monde adulte et que leur expérience de vie leur a donné une plus grande autonomie. En Dordogne, nous arrivons encore à accueillir et mettre à l’abri au sein de nos
structures de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) tous les jeunes qui se présentent. Nous travaillons en étroite collaboration avec les services de la Police de l’Air et des Frontières, les Services de la Sécurité publique, le 115 sur des situations au cas par cas, la Justice, les services de soins. Le temps de l’évaluation permet une vérification d’identité, d’âge, un bilan de santé. Lorsqu’ils nous sont confiés par Nombre d’enfants accueillis à l’Aide Sociale à l’Enfance depuis 2010 2 Q U E S T I O N S À Mireille BORDES vice-présidente chargée de l’économie sociale et solidaire, de l’enfance et de la famille, des fonds européens On a le sentiment que les Départements se sentent un peu seuls pour faire face à la situation ? La problématique des MNA a pris une telle ampleur qu’elle ne peut pas être portée dans le cadre du seul fonctionnement de l’ASE par les Départements. Leur accueil et leur accompagnement devraient être considérés comme une compétence à part entière, distincte de l’ASE. Les réponses nécessaires correspondent à des modes de prise en charge et des métiers différents. Sur le volet financier, le concours de l’Etat n’est pas à la hauteur. Actuellement, il ne nous aide par décision judiciaire, un parcours d’intégration se met alors en place. Mais le dispositif est au bord de l’asphyxie. Au-delà des problèmes financiers et de la surcharge de travail liés à l’augmentation des accueils, ce sont les missions de base de l’ASE qui sont impactées. Aujourd’hui, pour permettre à l’ASE de faire face à la situation dans de meilleures conditions, le Conseil départemental a décidé de créer (par redéploiement) 4 postes d’assistants socio-éducatifs dont 3 référents éducatifs répartis sur le territoire et un poste au sein de la Cellule Départementale des Informations Préoccupantes. Il convient de préciser que le cas des jeunes majeurs, qui restent vulnérables, est lui aussi préoccupant car ils peuvent vite devenir des proies faciles pour les réseaux de traite des êtres humains. L’Aide Sociale à l’Enfance, c’est aussi  : - Plus de 3500 jeunes qui bénéficient chaque mois d’une prestation dans le cadre de la protection de l’enfance - 345 assistants familiaux exemple que sur les 5 premiers jours, alors que chacun sait que cela dure au minimum plusieurs mois. Nous attendons un geste significatif de la part du gouvernement qui réponde à l’engagement pris par le chef de l’Etat en juillet dernier. Pour l’instant, nous ne voyons rien venir... Quels sont les choix politiques forts de votre collectivité ? Pas un seul enfant mineur ne doit rester livré à lui-même. Le Département de la Dordogne a mis en place un accueil en collaboration avec les structures compétentes et un suivi actif par des éducateurs. Dans le même temps, les Départements ne peuvent pas tout assumer. Pour les MNA, nous devons faire face à l’urgence mais il faut aussi anticiper l’avenir. Sur cette question, nous avons à la fois besoin d’une prise de conscience nationale, mais aussi européenne. Nous avons des solutions à élaborer ensemble. 25



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