[24] Vivre en Périgord n°50 déc 17 à avr 2018
[24] Vivre en Périgord n°50 déc 17 à avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de déc 17 à avr 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Dordogne

  • Format : (190 x 238) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 15,7 Mo

  • Dans ce numéro : très haut débit, le déploiement s'accélère.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Thibeaud, Guy Krivopisko, Guy Perlier, Jacky Tronel, Pascal Plas, Patrice Rolli) mais aussi des spécialistes des différents champs de l’histoire (Corinne Marache, Jacques Puyaubert, Françoise Taliano des Garets). Cette équipe mêle des chercheurs périgourdins et des chercheurs extérieurs ce qui permet de varier les regards et la distance envers le territoire étudié. Quel rôle pour le conseil scientifique ? Au-delà de la formation du conseil scientifique, il a été proposé d’entreprendre l’écriture d’un ouvrage de synthèse sur la Dordogne durant la Seconde Guerre mondiale. L’idée a été immédiatement chaleureusement accueillie par le CDM et par le Conseil départemental par la voix de son président Germinal Peiro. Pourquoi écrire un livre sur la Dordogne pendant la Seconde Guerre mondiale ? En effet, nul n’ignore ce que la série télévisée « Un village français » - dont Jean- Pierre Azéma a été le garant historique – a si bien montré  : combien l’histoire de la Résistance et de la Seconde Guerre mondiale plus largement en France est complexe. Depuis longtemps, l’histoire des années noires a suscité des débats historiographiques parfois virulents et des conflits de mémoire. Depuis les travaux d’historiens comme Robert Paxton, François Bédarida, Pierre Laborie et Jean- Pierre Azéma – dont la synthèse De Munich à la Libération parue en 1979 reste une référence – jusqu’aux travaux récents d’Olivier Wieviorka, Fabrice Grenard, Sébastien Albertelli, Raphaël Spina, les connaissances sur les années 1939-1945 ont été considérablement enrichies, notamment grâce à l’ouverture 34 des archives, à un travail méthodique. L’histoire de la Dordogne pendant la guerre de 1939-1945 est en chantier depuis longtemps, amorcée par exemple, par l’ouvrage pionnier de Guy Penaud Histoire de la Résistance en Périgord (Fanlac, 1985), les remarquables textes de Marie-Thérèse Viaud, professeure au lycée de Ribérac et correspondante de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP) et les publications récentes de Bernard Reviriego, Jacky Tronel ou Patrice Rolli. Mais il reste beaucoup à faire pour aboutir à une histoire plus « totale » de la Seconde Guerre mondiale dans le département et parvenir à une histoire rigoureuse, dépassant les querelles de mémoire autour de la Résistance en particulier. Crédit photo  : Collection Archives Départementales de la Dordogne, Fonds du Comité d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale La Dordogne constitue-t-elle un cas spécifique en France ? Les tensions ne sont pas spécifiques au Périgord mais elles y sont peut-être plus vives qu’ailleurs. Cela s’explique par l’ampleur d’une Résistance dans laquelle les FTPF ont beaucoup compté et les enjeux de mémoire qui en découlent après la guerre, dans une Dordogne où les communistes étaient forts avant 1939 et le sont durablement après 1945. Sous la Ve République, avec l’implantation du gaulliste Yves Guéna en Dordogne à partir de 1962, une bonne entente s’établit entre mémoire communiste et mémoire gaulliste au nom du respect d’un combat commun contre l’occupant dans la Résistance. L’ancien maire de Périgueux a ainsi résumé, en 2002, ce respect mutuel en remettant les insignes d’officier de la Légion d’honneur à Roger Ranoux  : « Nous n’avons pas en tout point la même vision de la société, mais l’essentiel nous réunit (…). Oui, nous nous retrouvons au coude à coude sur les champs de bataille quand la France est en péril. Et si la République est menacée, nous nous retrouvons même parfois dans les urnes… ». Depuis quelques années, cette entente est remise en cause, violemment critiquée car accusée d’avoir eu essentiellement des motivations électorales et d’avoir nui à l’histoire de la Résistance dans le département. Il est donc temps, non pas d’entrer dans des polémiques, mais de travailler à l’écriture de cette période complexe de l’histoire locale, en toute sérénité et avec pour seul
objectif, la réalisation d’un ouvrage scientifique. Il nous est apparu – et le CDM l’a parfaitement compris – qu’une telle histoire doit être globale et ne pas se limiter à la Résistance car comment comprendre et rendre compte de la belle page écrite par les résistants sans replacer leur action dans le contexte national et local, dans la vie quotidienne des Périgourdins. Enfin – cela est évident mais il n’est pas inutile de le rappeler – un tel ouvrage doit adopter une méthode scientifique rigoureuse qui exclut une histoire « au service de telle ou telle cause », une histoire qui recherche le sensationnel, une histoire qui manipule les sources pour ne retenir que ce qui va dans le sens d’une idée ou d’une impression. Le projet de livre est-il original dans l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale en France et particulièrement en Dordogne ? L’objectif est d’autant plus stimulant qu’il existe peu de publications à l’échelle départementale et régionale abordant tous les aspects de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit donc d’insérer l’histoire de la Dordogne dans l’histoire régionale, renouvelée récemment par deux très bons ouvrages  : Comprendre la Résistance en Aquitaine par Michel Chaumet et Cyril Olivier (CRDP Aquitaine, 2010) et Vichy en Aquitaine sous la direction de Jean- Pierre Koscielniak et Philippe Souleau (Editions de l’Atelier, 2010). Et au-delà des frontières aquitaines, mettre en perspective les années 1939-1945 en Dordogne dans un cadre national afin de souligner les spécificités du département. Sabotage ferroviaire du groupe AS Bugeaud (ligne Périgueux, Ribérac, Angoulème) Crédit photo  : Collection Archives Départementales de la Dordogne, Fonds du Comité d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale Comment l’équipe d’auteurs a-t-elle été constituée ? Un tel projet ne peut être que collectif. D’ores et déjà se sont mis au travail Anne-Marie Cocula qui fera un rappel de la Dordogne en guerre dans l’Histoire, les révoltes paysannes du XVII e siècle ; Corinne Marache (professeure d’histoire contemporaine, spécialiste du monde rural) et Sébastien Durand (docteur en histoire, auteur de plusieurs ouvrages sur l’économie de guerre) pour l’étude de la société et de l’économie périgourdine pendant la guerre ; Jacques Puyaubert (docteur en histoire, auteur d’un ouvrage sur Georges Bonnet) et Bernard Lachaise, auteur d’un ouvrage sur Yvon Delbos) qui présenteront le régime de l’Etat français de Pétain en Périgord ; Françoise Taliano des Garets (professeure d’histoire contemporaine à Sciences Po Bordeaux, spécialiste d’histoire culturelle) ; Michel Chaumet et Pascal Plas, tous deux fins connaisseurs pour traiter de la Résistance et Odile Girardin-Thibeaud (docteure en histoire, auteur d’un master sur l’amiral Platon et d’une thèse sur les amiraux de Vichy) qui traitera de la collaboration. La conclusion de l’ouvrage reviendra sur la mémoire de la guerre en Dordogne. Quelles sources seront utilisées pour écrire le livre ? La recherche s’appuie principalement sur les archives publiques conservées aux Archives départementales de la Dordogne dans lesquelles un gros travail a été effectué pour établir les inventaires des sources, les mettre à la disposition des chercheurs, les guider par des présentations publiques où Nicolas Cournil apporte les meilleurs conseils pour aborder toutes les facettes de la Seconde Guerre mondiale. S’y ajoute le précieux site  : http://memoires-resistance.dordogne.fr qui présente les témoignages recueillis entre 2009 et 2011. 35



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