[22] Côtes d'Armor n°175 mai/jun 2020
[22] Côtes d'Armor n°175 mai/jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°175 de mai/jun 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de Côtes-d'Armor

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : cet été, cap sur les Côtes d'Armor.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 / DOSSIER Covid-19 Une mobilisation exceptionnelle PHOTOS THIERRY JEANDOT Dès le début du confinement, le Département s’est mobilisé pour faire face à une crise sanitaire, sociale et économique sans précédent. Prenant la mesure des enjeux pour les Costarmoricains, l’ensemble de la collectivité s’est adaptée et a su faire preuve d’une très grande réactivité. Retour sur un événement hors du commun où la proximité, la solidarité et l’esprit d’innovation ont permis de faire face. INTERVIEW Alain Cadec, président du Département Comment avez-vous vécu le confinement ? Ce fut un confinement actif car il fallait prendre des décisions urgentes quotidiennement. Je réunissais chaque jour une cellule de crise avec la direction générale à l’hôtel du Département ou en visioconférence, pour réorganiser la collectivité afin d’assurer le maintien du service public. Avec les élus des autres collectivités, fidèles à notre capacité de travailler ensemble, nous échangions très régulièrement sur des problématiques communes pour agir, de concert, plus efficacement. Quels enseignements tirez-vous de cette crise ? À l’échelle de notre société, cette crise doit être riche d’enseignements dans bien des domaines. Il ne faudra pas les oublier. Les collectivités territoriales ont fait montre de leur réactivité, de leur humanité et de leur détermination. Je tiens à saluer les élus, les maires notamment, qui ont fait preuve d’un grand sens des responsabilités alors que l’État central se montrait défaillant. Sans les Communes, Intercommunalités, Départements, Régions, quelles auraient été les conséquences de cette crise ? Comment aurait-on fait sans masques, sans garde d’enfant des personnels soignants, sans élus locaux pour garder un lien avec les plus fragiles, ou pour soutenir l’économie ? L’autre enseignement, c’est la mobilisation individuelle que j’ai pu observer. Au sein du Conseil départemental, nos agents se sont impliqués, sans ménager leur peine pour rester aux côtés des plus fragiles. Je pense également aux soi - “ Politiques sociales et aides au tissu économique gnants, bien sûr, aux personnels des structures partenaires comme les établissements sociaux et médico-sociaux, les services d’aide à domicile. Les pompiers se sont également vite adaptés, tout comme les personnels enseignants et administratifs des collèges qui, avec les agents départementaux ont permis un accueil des enfants de soignants puis un retour au collège des élèves dans les meilleures conditions de sécurité possible. Ce ne sont que quelques exemples.
Côtes d’Armor magazine - N°175 / Juillet - Août 2020 Vous vantez la réactivité des collectivités. Vous vous êtes dans le même temps montré critique envers l’État, sur la question du remboursement des masques notamment… Et il y a de quoi ! La volonté du Gouvernement de rembourser une partie des masques commandés par les collectivités territoriales semblait être une bonne idée… jusqu’à ce que l’on apprenne que seules les commandes passées après le 13 avril seraient prises en compte. C’est un scandale. On nous reprocherait donc d’avoir su anticiper en passant commande dès la seconde quinzaine de mars. Au-delà de l’incidence financière que cela représente pour notre collectivité, et ce n’est pas anodin, c’est le principe même qui me choque. Je tiens à préciser que si je dénonce de nombreuses défaillances de l’État central dans sa gestion de la crise, nos relations avec les services déconcentrés de l’État, la Préfecture des Côtes d’Armor et l’Agence régionale de santé étaient excellentes et toujours constructives car eux connaissent la réalité du terrain. Quelles sont les conséquences du Covid-19 sur les finances départementales ? De grandes incertitudes planent sur les finances départementales. Notre Département s’est mobilisé et a engagé des dépenses supplémentaires pour faire face à cette crise, déjà plus de 3 millions d’euros. Cela était nécessaire. Dans le même temps, nous savons que les dépenses sociales vont croître, notamment en ce qui concerne le Rsa. Autre facteur aggravant, que nous dénonçons depuis longtemps, c’est le caractère imprévisible que l’État impose aux budgets des Départements, en liant une part importante de ses dotations aux variations du marché immobilier. Or, cette année, cela pourrait se traduire par une baisse de nos recettes de 30 millions d’euros. Cela représente tout de même l’équivalent de deux nouveaux collèges ! Vous restez néanmoins optimiste ? Oui, car nous saurons faire face, notamment grâce aux efforts réalisés depuis le début de notre mandat pour maîtriser nos dépenses de fonctionnement. Nous abordons la situation avec des reins plus solides. En nous efforçant depuis presque cinq ans de diminuer notre endettement (20 millions d’euros), nous avons amélioré notre capacité à emprunter. C’est ce qui nous permettra, demain, de maintenir notre investissement en 2020 et 2021. Nous sommes le premier investisseur du département. Comme nous l’avons montré pendant la crise, nous restons mobilisés et allons de l’avant. Et j’en profite pour rappeler que même si les années qui viennent seront difficiles, il est hors de question que nous augmentions les impôts. Enfin, d’un point de vue personnel, le confinement et la première phase de déconfinement nous ont également rappelé que nous avions de la chance de vivre ici, dans le plus beau département de France. J’invite d’ailleurs les Costarmoricains, et plus largement les Bretons à profiter de l’été pour redécouvrir la richesse de nos paysages, la richesse de notre patrimoine culturel. ◀ Être là pour les plus fragiles DOSSIER / 7 Parmi les actions menées par le Département pendant la période de confinement, nombre d’entre elles avaient pour but de protéger et d’aider les plus fragiles d’entre nous. A “ Plus d’un million chat de plus d’1,3 million de masques (chirurgicaux, FFP2 et réutilisables) et d’équipements de protection individuelle (gants, charlottes etc.) pour les personnels exposés du Département et des établissements sociaux et médico-sociaux ; abonnements journaux et dons de tablettes pour maintenir les liens familiaux pour les personnes accueillies en Ehpad ; subventions exceptionnelles pour la banque alimentaire ; augmentation des aides alimentaires d’urgence etc. Les actions entreprises par le Département pendant la période de confinement et les semaines qui ont suivi, sont nombreuses. « Nous nous sommes donnés pour objectif de maintenir notre mission de service public et l’intervention qui est la nôtre en faveur des plus vulnérables supposait que nous réagissions vite et bien, indique Sylvie Guignard, vice-présidente du Département chargée de la Cohésion sociale. Mais au-delà de l’achat des masques et des engagements financiers, je retiens la mobilisation humaine sans faille. » Les consultations urgentes et les vaccinations des nouveau-nés de moins d’un an dans les centres de Protection maternelle et infantile (PMI) ont ainsi été maintenues, ainsi que le suivi de femmes présentant une grossesse à risque et des de masques Une consultation de PMI à Guingamp. nouveau-nés lorsque des vulnérabilités sont repérées. Par ailleurs, les pôles sociaux et les intervenantes sociales en commissariats et gendarmeries ont été particulièrement mobilisés afin de prévenir ou d’apporter des réponses face à d’éventuelles violences conjugales. « Nos services de Protection de l’enfance, je pense à nos agents, au Centre départemental Enfance Famille, aux associations partenaires et au réseau des assistants familiaux, ont été particulièrement mis à l’épreuve et je tiens à rendre hommage à leur engagement, tout simplement exceptionnel, auprès des enfants dont nous avons la responsabilité, souligne Valérie Rumiano, vice-présidente du Département chargée de l’Enfance et de la Famille. S’agissant des mineurs non accompagnés dont le département a la charge, tout un service s’est mobilisé (y compris les « administratifs ») pour leur assurer, durant le confinement, le portage des repas sept jours sur sept, et les jeunes recevaient la visite d’une infirmière une fois par semaine. » ◀



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