[22] Côtes d'Armor n°173 nov/déc 2019
[22] Côtes d'Armor n°173 nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°173 de nov/déc 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de Côtes-d'Armor

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : agir au quotidien.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Toute la journée, les salariés de l’atelier Artex, à Langueux, collectent, trient et conditionnent les textiles, chaussures et linges de maison, pour leur donner une seconde vie. Atelier d’insertion Artex Une seconde vie 700 tonnes par an, c’est ce que collecte chaque année l’atelier de revalorisation du textile Artex, qui trie, conditionne et recycle les textiles pour leur donner une seconde vie. Ce chantier d’insertion de l’Adapei-Nouelles Côtes d’Armor est soutenu par le Département. Il emploie une vingtaine de salariés en contrat d’insertion pour les aider à remettre le pied à l’étrier. C e tee-shirt tout déformé, cette robe qu’on ne peut plus voir en peinture, ces chaussures tellement usées qu’il va décidément falloir s’en séparer, le cœur plus déchiré qu’un jean usé jusqu’à la corde… Qu’en fait-on ? Poubelle ? Pas question, tranche Jacqueline Evo, directrice de l’atelier de revalorisation du textile Artex, situé à Saint-Brieuc. « Plus de 95% des textiles se recyclent. À partir du moment où les vêtements sont propres et secs, même usés, ils nous intéressent ». Recycler les vêtements, le linge de maison et les chaussures afin de réduire la masse de déchets textile, c’est la mission de l’atelier Artex, basé rue Gustave Eiffel, à Langueux. Dans ce vaste hangar, 700 tonnes de textiles sont stockées, triés puis conditionnés par les 26 salariés, tous en contrat d’insertion. Mais avant d’être triés et valorisés, ces vêtements, chaussures et autre linge de maison sont récupérés par les agents chauffeurs livreurs dans les 120 conteneurs disposés sur le territoire de l’agglomération. Les bonnes pratiques Pour optimiser le tri et le recyclage des textiles, Jacqueline Evo fournit quelques conseils aux usagers  : « Il est nécessaire que les gens utilisent des sacs de 30 litres maximum, bien fermés. Bien entendu, les vêtements, chaussures et linges de maison doivent être propres et secs. Les sacs autres que les sacs en cuir, oreillers, traversins, couvertures et couettes ne sont pas acceptés. Par ailleurs, nous nous retrouvons régulièrement avec des produits indésirables, avec des textiles faits n’importe comment. Les paillettes incrustées dans le coton, les vêtements avec des clous en métal ou avec des multi-textures apposées dessus  : tous ces textiles ne se recyclent pas. Il y a bien trop de vêtements sur le marché par rapport au besoin, alors veillons à choisir des vêtements qui pourront rester dans le circuit ». 54% des textiles directement revendus Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’atelier est savamment organisé. Sur chacune des cinq tables de tri réparties dans l’atelier, les deux agents de tri n’hésitent jamais quant à la destinée des centaines de vêtements qui passent chaque jour entre leurs mains  : « Chaque binôme dispose de onze bacs de tri  : fripes, blousons, chaussures, laine cardée, layette, linge de maison… », précise la directrice. Une fois triés, dans 54% des cas, les textiles sont directement revendus, soit à La Boîte à fringues (située rue Chaptal à Saint- Brieuc), soit à l’export, principalement en Afrique. 31% sont recyclés pour différents usages  : ils pourront ainsi être ainsi coupés pour en faire des chiffons d’essuyage, broyés pour la production de matières composites, ou encore défibrés pour la production de nouveaux textiles. « 18% de notre stock ne peut être mis à la vente ou recyclé. Ces déchets partent à la poubelle. À terme, ils four- PHOTO THIERRY JEANDOT
Côtes d’Armor magazine - N°172/Novembre - Décembre 2019 niront de la matière pour devenir des combustibles solides de récupération ». Dans cet atelier, tous les salariés sont employés en CDDI (Contrat à durée déterminée d’insertion), pour une durée qui peut s’étendre de deux à 24 mois. Remettre les chômeurs de longue durée sur le chemin de l’emploi, c’est l’autre mission, essentielle, dévolue à Artex. Ce chantier d’insertion a pu remettre le pied à l’étrier de plus de 1000 personnes depuis sa création, il y a plus de 20 ans. « Ici j’ai repris courage, ce travail m’a redonné confiance en moi, témoigne Vanessa, agent de tri en poste depuis près de deux ans. Ça m’a fait du bien car « Ce travail m’a redonné confiance en moi je sortais de quatre années de chômage difficiles, après avoir été licenciée pour raisons économiques ». En novembre, le contrat de Vanessa prendra fin. Pour la suite, cette maman de deux enfants, titulaire d’un CAP de vente en boulangerie, souhaite enchaîner rapidement sur un contrat, dans la vente si possible. Elle espère pouvoir compter sur le stage en boulangerie qu’elle a pu réaliser pendant sa mission au sein du chantier d’insertion, grâce au travail mené par les conseillers en insertion. Débloquer des situations difficiles Ce travail d’accompagnement des salariés le plus souvent en situation grande précarité, c’est l’un des maillons fondamentaux d’Artex. « Nous leur proposons un suivi individualisé selon leur profil, et mettons en place des actions pour débloquer des situations, que ce soit dans le champ du social, de la santé, de la mobilité ou encore du projet professionnel, explique TifennDuplenne, conseillère en insertion. Pour Vanessa par exemple, nous l’avons aidée à trouver un stage en boulangerie, et lui avons permis de libérer du temps de travail pour préparer son code. Nous avons égale - ment réussi à lui dé - bloquer une aide fi - nancière pour qu’elle puisse passer son permis voiture. Cela peut également passer par une forma - tion en langue fran - çaise, car 50% des salariés sont issus de nationalité étran - gère ». Leïla par exemple, 36 ans, est arrivée de Géorgie il y a 10 ans avec sa fa mille. « Mon contrat ici s’arrête bientôt, après deux ans passés ici. J’ai fait un stage en école cette année, j’espère pouvoir travailler ensuite avec des enfants », indique cette mère de famille de trois enfants, dans une langue française encore hésitante. Une remise au travail et un accompagnement précieux, quand on sait que sur ces 26 personnes accueillies, 52% ont plus de trois ans d’inactivité, et que 93% sont bénéficiaires des minima sociaux. Le Département, via le Fonds social européen, subventionne l’accompagnement technique et professionnel de ces personnes. ◀ Stéphanie Prémel ▶ www.adapei-nouelles.fr Vanessa, agent de tri, en contrat depuis 2017 au sein de l’atelier. « Ici, j’ai repris courage ». 700 tonnes de textiles, linges de maison et chaussures arrivent chaque année dans l’entrepôt de l’atelier avant d’être triés. À SUIVRE/19 ACTIONS DÉPARTEMENTALES PHOTO THIERRY JEANDOT PHOTO THIERRY PHOTO THIERRY JEANDOT JEANDOT Marie-Christine Cotin Vice-présidente chargée de l’emploi et de l’insertion « Plus de 400 personnes en ateliers et chantiers d’insertion » « À l’image d’Artex, en ce qui concerne les chantiers et ateliers d’insertion, notre objectif est avant tout de trouver des solutions pour leur permettre de sortir rapidement de cette situation délicate qui doit rester transitoire. C’est pourquoi, en 2019, nous consacrons plus de 3 M € en faveur de l’insertion professionnelle. Plus de 400 personnes bénéficient chaque année des ateliers et chantiers d’insertion ». Mardi 3 décembre Journée départementale de l’insertion par l’activité économique Le 3 décembre dans la salle de l’Estran, à Binic, le Département organise une journée à l’attention des entreprises costarmoricaines pour réunir à la fois les acteurs des Structures de l’Insertion par l’activité économique et le monde économique. L’objectif  : présenter aux entreprises la plus-value que pourrait leur apporter le recrutement de salariés en contrat d’insertion. PHOTO THIERRY JEANDOT



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