[22] Côtes d'Armor n°170 jui/aoû 2019
[22] Côtes d'Armor n°170 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°170 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de Côtes-d'Armor

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : de la préservation à la valorisation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
Circuits courts en agriculture Une ferme où l’on fait son marché À Pleumeur-Gautier, un jeune couple d’agriculteurs se lance dans la vente directe de produits laitiers fabriqués à la ferme, avec le soutien du Département. Pour des raisons économiques, mais aussi pour se rapprocher des consommateurs – de plus en plus nombreux – et leur démontrer la haute qualité de leur production. J ean-Baptiste Mallédan, installé avec son père en Gaec depuis 2004, représente dans sa famille la troisième génération d’agriculteurs. En 2017, lorsque son père prend sa retraite, il reprend la ferme avec son épouse Claire. Le couple dispose d’un troupeau de 80 vaches laitières de race normande, de 100 ha de terres, dont 35 ha de légumes de plein champ, et d’un atelier de 35 taurillons qui sont vendus à l’âge de 24 mois, pour la reproduction. « Nous sommes très attachés à la race normande, explique Jean-Baptiste, elle produit moins de lait que la prim’holstein, mais un lait plus riche. « Chaque vendredi, une centaine de clients Dans la famille, on a toujours travaillé avec de la normande. Elles sont au pré pratiquement toute l’année et se nourrissent d’herbe et de foin, ce qui nous garantit une production sans OGM ». Soucieux de diversifier leur activité et de faire face à la crise du lait, le couple décide dès 2017 de se lancer dans la transformation d’une partie de sa production laitière, en construisant un laboratoire pour y transformer différents produits laitiers destinés à la vente directe. Le projet a nécessité un investissement Claire Mallédan a élaboré une large gamme de produits laitiers. de 60 000 € , dont une aide du Département de 12 400 € , dans le cadre de sa politique d’aide à la transformation à la ferme (lire ci-contre). Une aide du Département « Notre objectif, au-delà de son aspect économique, était de nous rapprocher des consommateurs et de leur montrer comment nous travaillons pour transformer notre lait en beurre, crème fraîche, yaourts, fromage blanc, fromage frais aux fines herbes et riz au lait, reprend Claire, qui est en charge de l’élaboration des recettes, de la transformation et de la commercialisation. Je transforme environ 900 litres PHOTO BRUNO TORRUBIA
PHOTO THIERRY JEANDOT PHOTO BRUNO TORRUBIA N°170/Juillet - Août 2019 de lait par semaine, soit 10% de la production de la ferme. Le reste du lait est vendu à une coopérative ». Les produits, vendus sous la marque « Les délices de Claire », sont commercialisés chaque vendredi à la ferme, avec une moyenne de 100 clients par semaine. « Nous n’avons pas beaucoup communiqué pour nous faire connaître, c’est le bouche-à-oreille qui a bien fonctionné », ajoute Claire. De plus, les restaurants scolaires des communes avoisinantes ont également joué le jeu du « local »  : les écoles de Pleumeur-Gautier, Pleubian, Lanmodez, Pleudaniel et bientôt Lézardrieux, se fournissent à la ferme. Et l’on peut même trouver les produits de Claire dans quelques épiceries et supermarchés du secteur. « Nouer des contacts avec les consommateurs » « C’est une façon pour nous de nouer des contacts avec la clientèle, de s’ouvrir au monde extérieur et de montrer aux gens qu’un agriculteur peut travailler proprement dans le respect de la nature et des animaux » reprend Claire, qui ne compte pas ses heures entre le suivi du troupeau, son activité de crémière, et ses deux jeunes enfants de 3 ans 1/2 et 5 ans. « Je m’organise  : le lundi matin, je fais la crème, le fromage blanc et les yaourts ; le mardi, je fais le beurre, le riz au lait et l’égouttage du fromage blanc ; le mercredi, je m’occupe des vaches et je prends du temps avec mes enfants ; le jeudi, je prépare la crème pour le beurre du mardi suivant, le fromage frais aux herbes et les yaourts brassés nature, aux fruits et au caramel au beurre salé ; enfin le vendredi matin, je livre aux écoles et l’après-midi j’accueille les clients du marché fermier ». L’heure n’est pas au bilan après seulement une année de vente directe. « Il nous faudra deux ans pour savoir si l’activité est vraiment rentable », indique Claire, mais jusque-là, tous les voyants sont au vert, la preuve que Déjà 16 collèges adhèrent à Agrilocal Jean Baptiste et Claire Mallédan travaillent exclusivement avec des vaches de race normande, pour la qualité de leur lait. Les Côtes d’Armor ont été le premier Département breton à adhérer au réseau national Agrilocal. Ce dispositif est une plate-forme internet de mise en relation entre acheteurs publics (établissements scolaires, Ehpads, communes, intercommunalités...) et fournisseurs de produits alimentaires locaux, dans le respect du code des marchés publics et accessible gratuitement. L’objectif est de favoriser un approvisionnement de proximité, sans intermédiaire, pour faire bénéficier l’acheteur de produits locaux de saison et de qualité. Dans le cadre des contrats de territoire, le PHOTO THIERRY JEANDOT À SUIVRE/17 ACTIONS DÉPARTEMENTALES PHOTO THIERRY JEANDOT Loïc Roscouët, conseiller départemental délégué à l’Agriculture. « Renforcer les liens entre consommateurs et producteurs » « Le Département mène une politique volontariste en direction des agriculteurs  : aides aux démarches qualitatives, environnementales ou d’économies d’énergie, accompagnement social des exploitants en grande difficulté, promotion du « manger local », subventions aux structures de recherche, d’analyses et de sécurité sanitaire... La démarche de Claire et Jean-Baptiste Mallédan s’inscrit parfaitement dans cette politique et mérite le soutien du Département dans cette initiative qui privilégie la qualité et la vente en circuits courts. Il nous faut continuer d’accompagner les agriculteurs qui s’engagent dans cette voie, qui permet aux consommateurs de prendre la mesure des efforts entrepris par des agriculteurs. Des efforts qui permettent de « manger local » avec des produits à forte valeur ajoutée ». les consommateurs sont de plus en plus exigeants sur la qualité de leur alimentation et la limitation de son empreinte carbone. ◀ Bernard Bossard ▶ Ferme de kerlastre, lieu-dit Kerlastre à Pleumeur-Gautier Marché à la ferme tous les vendredis à partir de 16 h 02 96 92 22 79 Département incite fortement les collectivités à y adhérer. Par ailleurs, il incite également les collèges, dont il a la responsabilité, à avoir recours à cet outil de promotion du « man - ger local ». Aujourd’hui, 16 collèges et 14 com munes se fournissent auprès des 180 producteurs d’Agrilocal, pour un chiffre d’affaires de 205 000 € (chiffre 2018), en constante progression d’année en année. ◀ ▶ agrilocal22.com. Renseignements auprès de Frédérique Denis  : 02 96 62 27 31/06 89 09 52 18



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :