[22] Côtes d'Armor n°168 mar/avr 2019
[22] Côtes d'Armor n°168 mar/avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°168 de mar/avr 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de Côtes-d'Armor

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : efficace et proche des Costarmoricains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Guirec Soudée L’incroyable odyssée de Guirec et sa poule, Monique Ils ont hiverné dans la banquise, ont franchi le passage du Nord-Ouest, fait le tour des Amériques... Eux, ce sont Guirec Soudée et Monique, sa poule rousse. Parti pendant cinq ans sur les mers du monde avec son voilier, le natif de Plougrescant s’était fixé comme horizon de réaliser quelques rêves. Aujourd’hui, le jeune homme de 27 ans a reposé les pieds sur la terre ferme, savourant un repos bien mérité avec celle qui n’a jamais eu froid aux œufs. D écidément, elle n’est pas farouche Monique. Aux côtés de Bosco, son ami chien, Monique vaque tranquillement à ses occupations, et se laisse volontiers caresser lorsque Guirec Soudée nous accueille ce petit matin de janvier dans sa chaleureuse longère, située sur un petit caillou au large de Plougrescant. C’est ici que le navigateur et sa petite poule ont posé les pieds et les pattes en décembre dernier, après cinq années passées sur les mers du monde. « Ça fait du bien de retrouver le confort, les amis, la famille. Avoir un point fixe est essentiel ». Pour autant, aventurier dans l’âme, Guirec rêve de repartir, « bientôt »... « L’école, ce n’était pas mon fort. À 18 ans, j’ai décidé de tout arrêter car je voulais découvrir le monde », explique le jeune homme. À peine majeur, il part en Australie avec 200 € en poche, Guirec, sa poule Monique et son chien Bosco, dans son fief de Plougrescant. avec un objectif en tête, rassembler l’argent nécessaire à l’acquisition d’un bateau, l’envie chevillée au corps de partir naviguer. Deux ans et plusieurs petits boulots plus tard, il rentre en France, et achète un voilier abîmé de dix mètres en acier, qu’il surnomme Yvinec, du nom de la petite île où il vit. Après quelques mois de réparation, il largue les amarres, un certain jour de novembre 2013. Il a alors 21 ans. PHOTO BRUNO TORRUBIA
Côtes d’Armor magazine - N°168/Mars - Avril 2019 Les escales s’enchaînent  : Espagne, Portugal, Madère, Canaries. C’est là que l’aventurier croise la route de la désormais célèbre poule rousse. « J’ai eu un coup de foudre quand on me l’a proposée ! Je voulais un animal avant d’embarquer, je trouvais qu’une poule c’était sympa. Mais on m’avait dit qu’une poule stressée ne pondait pas d’œufs, et qu’elle ne survivrait pas ». C’était sans compter que Monique est tout sauf une poule mouillée. « Je l’ai emmenée à la pêche, faire du surf, du paddle… ». C’est ainsi que la plus aventurière des poulettes embarque sur le voilier. Ensemble, ils traversent l’Atlantique en solitaire, sans moyen de communication, en totale autonomie, direction les Antilles. « Après 28 jours de mer et 25 œufs, des voiles déchirées, des pannes GPS de plusieurs jours », ils débarquent à Saint-Barthélémy, en mai 2014. Guirec multiplie de nouveau les petits boulots dans les Antilles, histoire de retaper son bateau. 140 000 fans sur Facebook Entre-temps, il raconte ses aventures sur Facebook avec Monique, qui suscite une sympathie évidente sur les vidéos, et que Guirec se plaît « à mettre en scène ». Ils créent rapidement le buzz, fédérant sur leur page 140 000 fans. En parallèle, Guirec tiendra son carnet de bord pendant tout le périple, avec la perspective éventuelle de publier ses récits. Un an plus tard, cap vers le Groenland, en passant par les Bermudes, le Canada, St-Pierre-et-Miquelon. Avec ce projet complètement fou de s’emprisonner dans la banquise, et avec seulement 36 kg de riz, aucun moyen de com- « Quand munication et les œufs de Monique pour survivre. « Quand nous arrivons, je hurle ma joie, c’est le plus beau jour de ma vie ». Un bonheur très vite terni par l’annonce du décès de son père, apprise par un pêcheur inuit. « Un cauchemar. Mais je n’ai pas eu le choix, il m’a fallu transformer cette peine en force. Mon père était fier de moi, il aurait rêvé d’être là ». Dans ces glaces, ils y resteront 130 jours. Dehors, il fait nuit en permanence, le ressenti est régulièrement de -60 degrés. Il faut aussi compter sur les pannes de chauffage, qui font chuter le thermomètre à -4° dans l’habitacle. Le bateau tient finalement le choc, résiste aux glaces qui viennent se fracasser contre la coque. « Plusieurs fois, j’ai cru tout perdre », reconnaît le Breton. Mais ils s’en sortent. Il faut dire que la copine à plumes aura joué à merveille son rôle d’équipier, du haut de ses 106 œufs pondus, tenant volontiers le rôle de confidente. En avril 2016, la fonte de la banquise les délivre. « Cette expérience a été la plus dure, mais aussi la plus magique. On y a croisé des animaux qui me fascinent, phoques, rennes, renards polaires, et admiré des aurores boréales de folie ». Tempêtes et creux de vagues vertigineux L’été qui suit, Guirec devient le plus jeune marin à traverser le fameux passage du Nord-Ouest en solitaire. on a des rêves, on peut tout faire PHOTO GUIREC SOUDÉE Pendant 130 jours, l’équipage est resté emprisonné dans les glaces du Groënland, pendant l’hiver 2015-2016. À DÉCOUVRIR/29 Trois livres sur les aventures de Guirec et Monique Deux livres sur les folles aventures du tandem sont actuellement en vente  : un carnet de bord superbement illustré, et intitulé La fabuleuse histoire de Guirec et Monique (éd. Arthaud), ainsi que La poule qui fit le tour du monde, un livre pour enfant, paru aux éditions Hachette. Le récit écrit de leur épopée devrait également paraître prochainement, chez Flammarion. Gardez l’oeil, il devrait s’intituler Le monde selon Guirec et Monique. 32 jours plus tard, ce sera l’Alaska, le Canada, la Californie, puis la traversée du Pacifique jusqu’en Antarctique en 80 jours de mer, en passant par le mythique Cap Horn. Au programme, des tempêtes, des creux vertigineux... « Mais il y a toujours une telle magie quand on aperçoit les côtes... Et puis nous avons été accueillis par les albatros et les manchots qui dansaient sur les icebergs », se souvient l’aventurier. La suite, ce sera la remontée de l’Atlantique jusqu’aux Caraïbes, en juin 2018, avant de regagner la Bretagne, en décembre, où l’équipage a reçu un accueil digne des plus grands héros au port de Paimpol, attendus par une foule d’admirateurs, dont la plupart avait suivi les aventures sur les réseaux sociaux. Pour l’heure, notre marin dans l’âme savoure la vie sur la terre ferme, finalise ses projets de livre et de film, projette d’« offrir des copines poules à Monique »... et fourmille déjà de projets de voyages. « Quand on a des rêves, on peut tout faire. Il ne faut jamais baisser les bras car il y a toujours une solution. Il faut y aller ! ». ◀ Stéphanie Prémel/Kristell Hano ▶ https://www.guirecsoudee.com Page Facebook  : Guirec Soudée Adventure



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