[22] Côtes d'Armor n°115 décembre 2012
[22] Côtes d'Armor n°115 décembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°115 de décembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de Côtes-d'Armor

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : aide alimentaire, les associations se mobilisent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 Actions Côtes d’Armor M A G A Z I N E Un jour avec… Originaire de Cavan, Olivier vit et travaille au pays, entre Saint- Nicolas-du-Pélem, Plourac’h et Merdrignac. Technicien au service Espaces naturels sensibles au Conseil général, il passe ses journées dans son élément préféré, les landes du Centre- Bretagne. À la fois un métier et une passion. Rencontre sur son terrain de prédilection. Espaces naturels sensibles Olivier Le Bivic l’homme de la lande S a formation agricole en productions animales ne le destinait pas à son actuelle profession. « Je ne me retrouvais pas vraiment dans cette sp » cialit », surtout dans le contexte des ann » es 1989. J’ai alors pass » un autre BTS en production forestière car j’ » tais attir » par le milieu forestier » explique Olivier. Commence alors un parcours jalonné de jobs en relation avec la nature, vente directe de produits fermiers, bûcheronnage élagage, responsabilité d’un bois privé de 500 hectares, nettoyage de cours d’eau. Des tâches qui montrent une certaine logique et une réelle cohérence entre elles. Derrière ce goût prononcé pour les landes, les bois, la végétation des zones humides, les oiseaux, Olivier retrouve toutes les composantes de l’environnement et aussi les bases de sa culture familiale. C’est ainsi Un lien entre nature et culture que, petit à petit, le puzzle s’est mis en place. « Je n’ai jamais eu l’impression de choisir tout ce qui m’est arriv » ». Si Olivier montre un attachement viscéral à cette partie du département, cela a quelque chose à voir avec sa filiation. Pour lui, cela ne fait aucun doute. Il a intégré cette dimension, qui contribue à son équilibre dans son quotidien profession nel. En parallèle, il parti - cipe à l’animation du territoire. « J’invite les gens autour de moi à aller à la rencontre de leur h » ritage. Il est à leur port »e, pourquoi le cher cher ailleurs ? J’ai en charge une vingtai ne de sites et, outre ses espaces naturels et ses landes embl » - matiques, la commune de Plourac’h possède tous les ingr » dients d’une qualit » de vie rurale authentique ». Jouant le rôle de relais local, Olivier entretient de nombreuses relations avec la population, les associations et les élus. « Au caf » du village, tenu par le maire, je rencontre des anciens qui, pour certains, travaillaient dans la lande. J’en profite pour collecter des informations. Nous conversons en breton que je parle depuis toujours avec mes parents et mes enfants qui l’apprennent à l’ » cole ». Olivier, technicien et animateur Comme tout pionnier, Olivier s’est parfois senti seul, en décalage avec les jeunes du secteur, partis vers d’autres horizons. « Beaucoup se sont r » install » s au pays. Une nouvelle dy - namique se met en place. Je me sens moins dinosaure ». Tout en parlant, il remarque au loin un busard. « Une espèce de retour au pays, elle aussi ». Au cours de la conversation, Olivier, très pédagogue, transmet ses connaissances du milieu : « Dans les ann » es 1976, on fauchait encore les landes. C’est peu à peu qu’elles ont » t » converties à l’agriculture. À peu de chose près, elles ressemblent à ce qu’elles » taient à l’ère n » olithique ». Parmi ses nombreuses tâches, un gros travail administratif. À côté de la mise en œuvre de circuits de randonnée ou de l’introduction d’un troupeau de moutons, des animaux rustiques qui s’accommodent très bien de ce milieu naturel, qu’on s’imagine hostile, il conseille ses collègues, rédige les cahiers des charges des conventions avec les instances présentes sur le territoire, ne laissant rien au hasard. Un hasard qui pourtant l’a mené à la place qui est désormais la sienne, entre culture et nature. Et si Olivier a le sentiment du devoir accompli en matière de développement local, il reste un homme discret et modeste. Joëlle Robin Bruno Torrubia « Dans ces espaces naturels, je dois aussi composer avec les chasseurs et les fans de quad », explique le technicien.
Actions > n°115 | décembre 2012 27 Organismes génétiquement modifiés Séralini jette un pavé dans la mare Le 19 septembre, la revue scientifique Food and chemical toxicology publiait une étude de Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen, qui concluait à la toxicité du maïs transgénique NK603. Si ces résultats suscitent la controverse, ils pointent la nécessité d’études indépendantes de longue durée sur le sujet. L es travaux du Pr Séralini et de son équipe du laboratoire Criigen à Caen ont montré l’apparition de tumeurs mammaires et de troubles hépatiques et rénaux chez des rats exposés au maïs transgénique NK603 (1) et à l’herbicide Roundup. Cette étude se distingue par sa durée. Des rats ont en effet été nourris aux OGM pendant une période longue de 2 ans, tandis que les études d’homologation, réalisées par les industriels, n’excèdent pas trois mois. Elle met en avant qu’après 13 mois d’expérience, les rats nourris aux OGM ont des tumeurs deux à trois fois plus fréquentes que ceux non nourris aux OGM. Au bout de 23 mois d’expérience, elle conclut que 50 à 80% des rats femelles nourris avec OGM souffrent de tumeurs, contre 30% parmi ceux non nourris aux OGM. La parution de ces résultats a suscité une vive controverse. Six académies scientifiques (2) ont indiqué qu’il s’agissait d’un « non- » v » nement scientifique ». Plus tard, ce sont le Haut conseil aux biotechnologies (HCB) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui, après avoir été saisis par le gouvernement, réfutaient les conclusions du Pr Séralini. « Le comit » scientifique du HCB note que le dispositif exp » rimental, les outils statistiques utilis » s et les interpr » tations donn » es par les auteurs de l’ » tude, souffrent de lacunes et faiblesses m » thodologiques r » dhibitoires qui ne permettent pas de soutenir les conclusions avanc » es », explique le HCB dans un communiqué du 22 octobre. Ceci étant, afin de « r » pondre aux interrogations de la soci » t » », le HCB recommande « qu’une » tude de long terme, ind » pendante, contradictoire et transparente, soit entreprise sous l’ » gide des pouvoirs « La première étude toxicologique menée sur deux ans » publics quant à la s » curit » sanitaire du maïs NK603 ». De son côté, l’Anses, bien qu’elle réfute les conclusions de l’étude, souligne l’originalité de l’approche consistant à analyser les effets à long terme des OGM associés aux préparations phytopharmaceutiques. « Ce travail de recherche ne permet pas de remettre en cause les » valuations r » glementaires pr » c » dentes sur le maïs NK603 et le Roundup », estime l’Anses, qui souligne en revanche, « le nombre limit » de publications traitant des effets potentiels à long terme d’une consommation d’OGM associ » s à des pesticides ». Et l’agence d’en appeler à la mo - bilisation de « financements pu - blics nationaux ou europ » ens d » di » s à la r » alisation d’ » tudes et de recherches d’envergure visant à consolider les connaissances sur les risques sanitaires insuffisamment document » s ». Là est sans doute le grand mérite de l’étude du professeur Séralini : une prise de conscience semble (enfin) se faire jour pour la réalisation d’études indépendantes de long terme. Dans une tribune publiée le 26 octobre dans Le Monde, il, dénonçant « la r » futation pr » cipit » e et la mise au pilori organis » e », répond au feu des critiques : « Il s’agit de la première » tude toxicologique men » e sur deux ans et fond » e sur un tel nombre de paramètres biologiques, d’analyses anatomo-pathologiques, etc. À ce jour, plus de 160 scientifiques du monde entier nous ont apport » leur soutien ou soulign » l’originalit » de notre travail, dont l’unique statisticien de l’Acad » mie des sciences. Diff » rentes agences charg » es de l’ » valuation de ces substances ont nomm » des sous-comit » s qui viennent de discr » diter notre recherche. Ainsi peuvent-ils ne pas interdire l’OGM et le pesticide en question… N » anmoins, Thierry Jeandot il y a un premier pas : l’Anses et le HCB appellent à tester dor » navant à long terme ces substances. Ce que quelques autres et moi-même n’avons cess » de r » clamer depuis quinze ans. Les citoyens savent d » sormais que les autorit » s garantes de leur sant » n’ont jusqu’à pr » sent pas cru bon de devoir l’exiger […] Les scientifiques ont le droit de se tromper. Mais ils ont le devoir d’ » viter ce qui peut être » vitable : la plupart des grands scandales de sant » publique le sont. La science que je pratique n’est pas faite pour nourrir l’ogre insatiable de la finance mais pour prot » ger les êtres humains d’aujourd’hui et de demain ». Invité par le Conseil général en 2006 Rappelons que Gilles-Eric Séralini avait été invité en 2006 par le Conseil général à apporter une contribution lors d’une session extraordinaire consacrée à l’avenir de l’agriculture. Cette m’me année, alors que l’État n’avait pas encore légiféré sur l’interdiction des OGM, le Conseil général adoptait une délibération dans laquelle il se déclarait contre les cultures d’OGM en plein champ et demandait à ce que la recherche dans ce domaine repose sur l’action publique et s’intéresse aux aspects liés à la santé, qu’il s’agisse des conséquences à long terme des OGM ou des apports bénéfiques de ces cultures pour lutter contre certaines maladies. Laurent Le Baut Gilles-Eric Séralini avait été invité en 2006 par le Conseil général à apporter une contribution lors d’une session extraordinaire consacrée à l’avenir de l’agriculture. Les OGM interdits en France depuis 2008 En France, la culture des OGM est interdite depuis 2008, mais l’importation est autorisée pour l’alimentation animale. La France fait figure d’exception, car deux OGM sont autorisés dans le reste de l’Union européenne. Après les avis du HCB et de l’Anses sur les travaux du Pr Séralini, le gouvernement a estimé qu’il fallait renforcer les études sur les effets à long terme de la consommation des OGM et a décidé de porter au niveau européen la demande d’une remise à plat du dispositif communautaire d’évaluation, d’autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides. (1) Le maïs transgénique NK603 est un maïs qui a été manipulé pour’tre tolérant au glyphosate, la molécule de l’herbicide Roundup de Monsanto. (2) Académies nationales d’agriculture, de médecine, de pharmacie, des sciences, des technologies et vétérinaire.



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