[22] Côtes d'Armor n°115 décembre 2012
[22] Côtes d'Armor n°115 décembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°115 de décembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de Côtes-d'Armor

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : aide alimentaire, les associations se mobilisent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 Dossier Côtes d’Armor M A G A Z I N E … Aide alimentaire à la veille de l’hiver Les associations se mobilisent Marie-Thérèse Jacob, de la Banque alimentaire et son président, Jean- Paul Galliou. En 2011, cet organisme a distribué près de 400 t de denrées aux associations du département, un chiffre qui va fortement augmenter cette année. Le programme européen remis en question Créé en 1987, le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD), doté de 480 M € en 2011, concerne 19 pays (13 millions de personnes). La France, dotée à hauteur de 72 M €, fait partie des trois premiers pays bénéficiant de cette aide, avec l’Italie et la Pologne. Elle représente près du tiers des ressources d’aide alimentaire des quatre associations françaises qui en bénéficient directement. Au niveau national, le PEAD est complété par le PNAA, Programme national d’aide alimentaire (près de 10 M € par an), permettant d’acheter des produits non autorisés dans le cadre communautaire, notamment la viande, les fruits et légumes. À l’heure où nous mettons sous presse, le PEAD est fortement remis en question par l’Europe, les associations se mobilisant auprès des pouvoirs publics pour en maintenir le montant. alimentaire de Guingamp, Ultimo et Sidarmor », poursuit Marie-Thérèse Jacob. Le Secours populaire (1) et les Restos du Cœur ont leurs propres réseaux. « Une mutualisation des moyens serait n » cessaire pour une meilleure efficacit » ; tout le monde en est conscient, mais c’est difficile à mettre en œuvre. En revanche, sur le terrain, on s’arrange très bien entre nous. Celui qui a des produits en trop les donne à celui qui en manque ». Outre les denrées fournies par les programmes européens et nationaux, à eux seuls insuffisants, toutes les associations complètent leurs stocks à travers des achats ou des collectes auprès des professionnels (« ramasses » dans les industries agroalimentaires, grandes surfaces alimentaires, chez les producteurs locaux) et des particuliers. « L’apport est diff » rent selon les associations, explique Jean-Paul Galliou, le nouveau président de la Banque alimentaire 22. En ce qui nous concerne, l’Europe repr » - sente 50% de nos denr » es, 15% pour le PNAA. Le reste provient des dons des particuliers et de la ramasse quotidienne chez les professionnels ». Libre ensuite à chaque association de décider de la forme d’aide mise en place : bons d’achat en coopération avec des grandes surfaces, distribution de repas chauds (essentiellement sous forme de maraudes destinées aux personnes sans abri), distribution de paniers ou de colis permettant de confectionner plusieurs repas. « C’est la formule la plus utilis » e actuellement, mais cela interdit tout choix aux b » n » ficiaires, regrette Jean-Paul Galliou. C’est pourquoi toutes les associations souhaitent « Favoriser l’autonomie des bénéficiaires » le d » veloppement des » piceries sociales et solidaires. Cela offre non seulement un minimum de choix, mais cela rend les choses plus saines et il faut favoriser l’autonomie des b » n » ficiaires ». En attendant, quel que soit le mode de distribution, il est clair que les besoins ne cessent d’augmenter, ici comme ailleurs. 800 000 repas distribués en 2011 « En 2011 nous avons distribu » 399 tonnes de denr » es aux associations costarmoricaines, indique Jean-Paul Galliou. Cela repr » sente 800 000 repas. Cette ann »e, nous allons largement d » passer ce chiffre ». À Lannion par exemple, le centre alimentaire a dû passer à deux distributions par semaine cette année. Le nombre de bénéficiaires de la communauté d’agglomération passant de 90 familles à 150 en l’espace de deux ans. « On voit de plus en plus de jeunes, de familles monoparentales, de personnes seules et de retrait »s, sans compter ceux que l’on ne voit pas, car ils n’osent pas faire la d » marche », constate le président. Sans oublier une part importante de travailleurs pauvres, souvent à temps partiel. Selon l’INSEE, la France compte plus de 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, et on estime à près de 1,5 million le nombre de foyers ayant fait appel à l’aide alimentaire. Difficile pour autant de mesurer précisément le nombre de bénéficiaires. D’une part parce que les données officielles ne prennent en compte que les chiffres transmis par les quatre associations nationales (2) ; d’autre part parce que chaque association a ses propres modalités de comptabilisation des bénéficiaires. « Toujours est-il que le PEAD est remis en question par l’Europe, et que tous les États devraient subir une baisse importante de l’aide dès 2014, regrette Jean-Paul Galliou. Comment les associations compenseront-elles cette perte ? Le pire » tant de devoir diminuer le contenu des paniers ou le nombre de b » n » ficiaires… C’est terrible ! Il faut un puissant travail de lobbying auprès des » lus et que chacun ait conscience de la n » cessit » de participer ». (1) La fédération des Côtes d'Armor du Secours populaire a f’té ses 30 ans début novembre. (2) Banque alimentaire, Restos du cœur, Secours populaire et Croix-Rouge française.
Dossier > n°115 | décembre 2012 13 Restos du cœu r Du national au départemental L 815 bénévoles, deux salariés à mi-temps, 16 centres de distribution, un entrepôt, 1 4 camionnettes : c’est l’artillerie lourde dont disposent les Restos du cœur dans le département pour distribuer une aide alimentaire à 7 81 4 Costarmoricains. Le nouveau président de l’association départementale, Pierre Le Drézen, en explique les ressorts et les ressources. e nombre de personnes accueillies est-il stable ? Ces dernières années, on constate une augmentation régulière des bénéficiaires de l’aide alimentaire. Lors de la campagne d’hiver 2011, nous étions à 3 500 familles représentant 7 500 personnes, soit 6% de plus qu'en 2010. Cette année, la campagne d’été s’annonce en augmentation, particulièrement depuis le mois de septembre. Pour l’heure (1), nous approchons les 20% de plus par rapport aux prévisions ; et il reste encore un mois. Cela nous inquiète beaucoup pour la campagne d’hiver qui risque de confirmer cette forte augmentation. Comment organisez-vous vos distributions ? Depuis deux ans, nos centres sont ouverts toute l’année. Elles se déroulent en deux temps. La campagne d’hiver se tient de décembre à mars et celle d’été, d’avril à novembre, ce qui correspond à 900 000 repas. D’où viennent vos denrées alimentaires ? 80% émanent de l’association nationale des Restos du cœur. Elle perçoit 25% d’aide de la part de l’Europe et achète le reste à moindre coût à des centrales. C’est donc elle qui centralise les achats et l’approvisionnement des départements. Les 20% restant proviennent de la ramasse (2) et des collectes réalisées dans le département. Nous disposons ainsi d’un stock de 850 tonnes de denrées pour l’année. laquelle, pendant cette période, le barème des Restos est abaissé de moitié, nos distributions se limitant aux plus pauvres parmi les pauvres. Êtes-vous soutenu localement ? Les collectivités locales font preuve d’une reconnaissance et d’un soutien constant. Leurs subventions ont d’ailleurs augmenté de 8,7% en 2012. Nous souhaitons que cela se poursuive malgré les difficultés de gestion auxquelles elles doivent faire face en ces temps de crise. Car si jusqu’en 2011, les dépenses de fonctionnement étaient assurées au niveau départemental, de notre côté, nous avons dû faire appel pour la première fois à l’aide financière de l’association nationale pour aménager un nouveau local à Rostrenen. (1) Nous avons rencontré Pierre Le Drézen fin octobre. (2) La « ramasse » consiste à faire une tournée quotidienne des supermarchés et entreprises, afin de récupérer les invendus ou les produits frais qui atteindront rapidement leur date limite de consommation. Dotations financières du PEAD : répartition En France, le PEAD est distribué par l’intermédiaire de quatre associations dites « t’tes de réseau » : • Fédération française des banques alimentaires : 42% • Secours populaire : 30% • Restos du cœur : 27% • Croix-Rouge française : 1% Population sous le seuil de pauvreté• 13,5% de la population en France• 11,2% de la population en Bretagne• 12,3% de la population dans les Côtes d'Armor Pour Pierre Le Drézen, la distribution alimentaire bute constamment sur la question des transports. D’où la nécessité d’ouvrir de nouveaux centres pour couvrir davantage le département et se rapprocher des plus démunis. Quelles sont vos autres ressources ? Les subventions des collectivités locales et les dons des particuliers nous permettent de financer nos moyens logistiques, la location et l’aménagement des centres de distribution. Il y a également diverses manifestations nous permettant de récolter des dons. C’est le cas, par exemple, des spectacles réalisés par l’association Ensemble pour eux à Lamballe, qui nous reverse l’intégralité de ses recettes ; ou la confection des paquets cadeaux à la sortie des magasins. Mais la loi ne nous autorise pas à effectuer plus de six manifestations départementales par an. L’association nationale contribue donc en grande partie à vos besoins… C’est vrai, mais sans la collecte départementale, nous ne pourrions pas faire la campagne d’été, car l’association nationale ne nous fournit pour cette période que 15% des denrées. C’est la raison pour



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