[19] Corrèze Magazine n°108 avr/mai 2013
[19] Corrèze Magazine n°108 avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°108 de avr/mai 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de la Corrèze

  • Format : (230 x 301) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 7,8 Mo

  • Dans ce numéro : faire grandir l'économie sociale et solidaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 DOSSIER Christian Sautter : «Une économie humaniste» France Active est un réseau de proximité qui aide depuis près de 25 ans les personnes en difficulté à créer leur entreprise individuelle. Il finance parallèlement les entreprises solidaires. Sa vocation est de mettre la finance au service des personnes, de l’emploi et des territoires. France Active propose des solutions de financement comme les garanties d’emprunts bancaires et les prêts solidaires. Lors de la signature de la convention, Christian Sautter, ancien ministre de l’économie et des finances, a évoqué la vocation du réseau qu’il préside depuis 2000 : «Le plan départemental mis en place par le Conseil général de la Corrèze est un acte de lucidité car l’économie sociale et solidaire crée de l’emploi pour des personnes souvent éloignées du marché du travail. Ces jeunes créateurs d’entreprise sont confrontés à deux difficultés : le manque de ressources financières et le manque d’accompagnement». «Il n’y a pas de secteur d’activité privilégié du moment que sont respectées des valeurs de proximité et de solidarité. Nous sommes dans une économie humaniste», a-t-il ajouté. Le réseau France Active est soutenu par la Caisse des dépôts, l’Etat, les collectivités territoriales, les banques et le Fonds Social Européen, mais aussi par l’épargne salariale solidaire et des centaines d’actionnaires, de souscripteurs et de donateurs. Il fonctionne avec 40 structures de proximité appelées Fonds territoriaux (dont Limousin Actif), 500 salariés et plus de 2 000 bénévoles. • Le budget du plan Le Conseil général va consacrer 851 500 euros (dont 364 100 euros de crédits nouveaux) au financement du plan départemental de l’ESS sur 3 ans : 300 900 € en 2013, 273 600 € en 2014 et 277 000 € en 2015. En 2012, 34 entreprises corréziennes ont reçu un soutien financier de Limousin Actif pour leurs investissements, qui leur ont permis de créer ou consolider 351 emplois ESS Un plan départemental pour que l’économie sociale et solidaire change d’échelle Le Conseil général met en œuvre un plan pour le développement de l’économie sociale et solidaire. Il se traduira en 12 actions pendant 3 ans. Le réseau France Active et sa branche régionale, Limousin Actif, en seront deux des principaux partenaires financiers. Michel Da Cunha, vice-président en charge de l’ESS, Gérard Bonnet et Christian Sautter, président de France Active. Le président du Conseil général, Gérard Bonnet, et le président de France Active, Christian Sautter, ont signé une convention visant à accompagner les actions contenues dans le plan départemental. La signature a eu lieu en présence de nombreux acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS). Vice-président en charge de l’ESS, Michel Da Cunha a présenté à cette occasion le plan départemental élaboré au fil d’ateliers et de groupes de travail. Il a rappelé que «cette démarche a été guidée par la volonté de ne jamais confronter ce qui pourrait apparaître comme la juxtaposition de plusieurs modèles économiques». Promouvoir la culture ESS Le plan s’appuiera sur deux orientations principales. La première vise à soutenir les initiatives et les activités. D’abord en soutenant l’émergence des projets. Mais aussi en apportant un appui technique et financier aux projets d’entreprise. La seconde orientation a pour objectif de consolider l’ESS. Notamment par le biais de partenariats avec le Conseil régional, le CRES Limousin, Airelle Corrèze, Limousin Actif, l’Union régionale des SCOP, les chambres consulaires... La reconnaissance et la valorisation de la culture ESS passera aussi par des actions de sensibilisation et de promotion : organisation d’évènements, site Internet, plaquettes et guides... Accomplissement humain Rappelant que «l’économie sociale et solidaire représente 12 % de l’emploi salarié en Corrèze, soit 2% de plus qu’au niveau national», Gérard Bonnet a défini le plan départemental comme «un changement d’échelle pour l’ESS». Michel Da Cunha a souligné que «l’économie sociale et solidaire rappelait à tout un chacun que l’économie n’était pas forcément un processus de prédation sociale, mais une source d’accomplissement humain». Dans les semaines qui viennent, un comité de pilotage départemental va être mis en place. Il sera composé de plusieurs collèges. «Nous avons proposé que des élus, des représentants des chambres consulaires, des représentants de SCOP et du monde associatif intègrent le comité», a précisé Michel Da Cunha.
Au Fil du Bois et des valeurs partagées 15 SCOP Spécialisée dans la construction écologique en bois, l’entreprise Au fil du Bois fonctionne depuis 2010. Installée à Chanteix, l’entreprise, qui compte cinq salariés, est l’une des rares SCOP (Société coopérative de production) de la Corrèze. Mathieu Pereira, Philippe Favereau et Cyril Lallement sont unanimes : «Ce serait dur de retourner vers un emploi traditionnel». L’histoire de la SCOP Au Fil du Bois a débuté par la rencontre de Philippe Favereau et de Cyril Lallement, lors d’une animation au Battement d’ailes, à Cornil. Le premier a quitté la Vendée pour installer son entreprise de menuiserie en Corrèze. Le second vient de la région parisienne et a décidé de se reconvertir «dans le bois». Dès 2008, ils travaillent ensemble. Et d’emblée, ils privilégient les matériaux écologiques et partagent les valeurs de l’artisanat traditionnel. «Nous avons rapidement cherché un moyen de nous associer, raconte Cyril. Il fallait trouver une forme juridique. La SCOP est vite apparue comme complètement logique. Cela nous correspondait parfaitement». «C’est une structure qui appartient à tous ceux qui y travaillent, personne ne peut s’approprier le capital de l’entreprise et le nombre de voix à l’assemblée générale n’est pas lié aux parts sociales», explique-t-il pour éclairer ce choix. Réseau d’artisans et d’architectes Aujourd’hui, la SCOP Au Fil du Bois fonctionne avec cinq salariés : trois menuisiers et deux charpentiers. Trois d’entre eux sont associés. Les deux autres vont le devenir à plus ou moins brève échéance. «Notre clientèle est principalement composée de particuliers, d’associations et d’entreprises», précise Philippe Favereau. Au fil du temps, un réseau d’artisans s’est constitué : «Des partenaires de confiance qui développent avec nous les nouvelles techniques écologiques dans l’électricité, la plomberie... Il y a également quatre architectes qui collaborent régulièrement avec la SCOP», ajoute-t-il. Guillaume Pereira, le troisième associé de la SCOP, souligne le plaisir particulier de «travailler pour soi, sans être patrons et pour pérenniser notre emploi». Après trois années d’existence, Au Fil du Bois permet à ses salariés de dégager un salaire net mensuel d’environ 1 500 euros. Bois local et non traité Dans la démarche de cette entreprise très représentative de l’économie sociale et solidaire, la provenance de matière première n’est pas une notion vaine. Cyril Lallement indique que «97 % du bois utilisé est originaire du Limousin. Et nous n’achetons jamais de bois traité. Utiliser le bon bois au bon endroit évite de recourir à des produits chimiques». De la même manière, l’isolation fait l’objet d’une attention particulière : les matériaux écologiques sont la norme (ouate de cellulose, fibre de bois, liège...). Désormais, l’entreprise a trouvé son rythme de croisière. «Nous avons de l’expérience et avons acquis une réputation de qualité et de confiance. Et nous ne sommes pas dans la bataille du low cost», explique Cyril, tandis que son collègue Philippe insiste sur la «polyvalence de la structure. De la menuiserie à la charpenterie, de l’isolation à la pose de parquet, de la construction à la rénovation, cette polyvalence est une de nos forces». Pour tous, cette expérience est positive. Ils résument d’une seule voix : «Nous formons une super équipe et sommes fiers de travailler ensemble. Ce serait très dur de retourner vers un emploi plus traditionnel». www.aufildubois.org 05 55 27 17 93 aufildubois19@orange.fr Entre artisanat traditionnel et innovation.



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