[18] Cher magazine n°34 jan/fév 2012
[18] Cher magazine n°34 jan/fév 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de jan/fév 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Cher

  • Format : (215 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : les espaces naturels sensibles sous haute protection.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 le maga zine du Cher portraits Le magazine du cher Laurence Bernard Tisseuse de liens À la Maison des solidarités-est à Baugy, il y a deux arbres qui ne végètent pas. Faits de fer et de fil, de peinture et de partage, ils ont d’abord éclos dans le travail de Laurence Bernard. Dehors est « l’arbre à paroles » : ses fruits colorés sont de petits mots brodés qui font flotter aux quatre vents les valeurs liant les humains entre eux. Les visiteurs sont invités à y accrocher leurs propres messages. À l’intérieur, près de l’accueil, le tronc puissant et la haute ramure de « l’arbre à souhaits » poussent sur une grande toile. Les vœux que chacun peut inscrire sur ses racines fleuriront peut-être. Laurence Bernard, ex-parigote de 43 ans, formée dans l’univers de la broderie d’art et de la haute couture, s’est installée dans le Cher avec homme et enfants il y a dix ans. Dans son œuvre, l’arbre est un thème récurrent. Nu et droit, il dessine un trait d’union entre ciel et terre. Et aussi entre passé et futur. En témoigne le travail effectué en 2009 aux archives départementales (1) et celui mené actuellement dans une vieille maison de Nérondes (2). Ou encore sa démarche, menée depuis plusieurs « J’explore la relation entre le visuel et le tactile… » années, consistant à récupérer de grandes chemises blanches de paysannes. En rude toile de chanvre ou de métis (un mélange coton-lin), elles étaient portées naguère une vie entière. Dessus, elle peint et brode de grands arbres dressés dans un jour blanc. Ces aubes râpeuses ont recouvert des corps de femmes, tout comme l’écorce rêche protège les tissus tendres du bois. Suspendues, bras écartés, sur de fins cintres de bambou, ces tuniques font l’effet d’un vol d’oiseaux traversant une forêt (3). Qu’elle soit de papier, de tissu ou d’acrylique, la matière utilisée par Laurence Bernard griffe ou lisse, gratte ou caresse. À côté de ses œuvres, il pourrait y avoir une étiquette « Défense de ne pas toucher ». C’est peut-être un pied de nez, un désir assouvi et une invite. « Petite fille, ma grand-mère m’emmenait au Louvre chaque mercredi. Invariablement, c’était plus fort que moi, je franchissais le cordon de velours rouge pour aller voir de plus près tableaux et sculptures. Bien sûr, je me faisais gronder par les gardiens ! » Aujourd’hui, elle incite à passer à l’acte sur ses propres œuvres. « J’explore la relation entre le visuel et le tactile, explique-t-elle. À partir de quel moment le visiteur a besoin de compléter sa vision par le geste, d’effleurer la toile pour sentir le fil mat et rêche, découvrir la douceur de la cire, s’imprégner de la matière, de la rugosité des enduits, du velouté de l’huile ? Peutêtre va-t-il fermer les yeux pour mieux regarder ? » Au fil du temps, Laurence Bernard tisse une œuvre détrompe-l’œil. François Toulat-Brisson (1) Passé/Recomposé (2) En visite (3) Installation Transposition http : //laurence-bernard.fr/
portraits le maga zine du Cher 19 i Du RSA à l’emploi i Stéphane Mathieu, son énergie a de l’avenir Après des années difficiles, Stéphane Mathieu a mis toutes ses forces et ses compétences pour créer un commerce consacré à… l’énergie. Bourges. à deux pas de la place Malus, Stéphane Mathieu a ouvert, en novembre 2010, une petite boutique où l’on peut trouver non seulement tous les types de batteries et d’accumulateurs, mais aussi faire reconditionner une batterie qui n’est plus sur le marché. « Après une dizaine d’années au cours desquelles les périodes d’emploi et d’inactivité se sont succédé, j’ai décidé de monter mon propre projet professionnel et de m’orienter vers le commerce dans un domaine plutôt technique. » Aussi, quand il découvre, au salon de la Franchise, la possibilité d’obtenir celle des magasins « 1001 Piles Batteries », il postule. « Cela m’a plu. Et avec le portable, l’ordinateur, la vidéo, le développement de l’outillage portatif, le marché de l’énergie autonome est en pleine expansion. » Pour mener son projet, Stéphane va alors bénéficier du programme départemental d’insertion conçu pour accompagner les allocataires du RSA porteurs de projet. à 46 ans, alors qu’il avait toujours été salarié, Christine Potelune, une combativité à couper le souffle Déléguée départementale de « Vaincre la mucoviscidose », elle se bat pour son fils et les quinze autres malades recensés dans le Cher. Christine Potelune a les yeux bleu ciel. Autant dire changeants. Radieux quand il y a 14 ans, naît Nicolas. D’encre noire quand au cinquième jour, à l’hôpital de Clocheville, elle apprend que son petit dernier est atteint de mucoviscidose. « Avec mon mari, on ne connaissait la maladie que de nom. Alors, quand on a commencé à se renseigner et qu’on a lu dans un vieux bouquin, que l’espérance de vie n’excédait pas sept ans, ça a été l’horreur ! » Pluvieux tandis qu’elle sombre dans la dépression deux ans durant. « Pour une mère, c’est proprement inacceptable de se dire qu’on a donné plus la mort que la vie. » Puis, l’embellie point. En 1999, elle se lance, épaulée par son village de La Borne, dans sa première Virade de l’Espoir et récolte 50 000 francs (environ 7 600 euros). Douze ans plus tard, les yeux souriants, elle vous annonce qu’avec une trentaine d’amis fidèles, elle a réuni près de 20 000 euros. De son côté, Nicolas est un « ado presque comme les autres ». Il rentrera au lycée à Bourges, l’automne prochain. Et déjà, un nouveau nuage inquiet voile le regard de Christine Potelune : son « bébé » grandit et va un peu plus se soustraire à ses yeux bleu ciel. Sylvain Dépée www.vaincrelamuco.org comme routier, responsable d’une agence de transports, puis dans le bâtiment, il est devenu son propre patron. Pas du jour au lendemain ! Mais au terme d’une démarche accompagnée dans chacune de ses étapes. « Confronté à la méconnaissance des acteurs auxquels il faut s’adresser pour passer de l’idée de créer une entreprise à sa mise en œuvre, j’ai trouvé, par le biais du Conseil général, une aide importante, et même primordiale, auprès de l’association Anna, la Boutique de gestion du Cher. étude du marché, politique commerciale, aspects juridiques et fiscaux, prévisions économiques, démarches auprès des banques, des assurances… c’est très complet. » Au bout d’un an d’exploitation, la société couvre ses charges et Stéphane ne regrette pas son choix : « C’est une activité qui me convient car elle m’ouvre encore plus aux autres. Je réponds à un besoin, et j’apporte une solution aux problèmes d’énergie autonome qui me sont posés. » Nadia Monteggia cher magazine | n ° 3 4 | janvier - février 2 0 1 2



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