[18] Cher magazine n°24 mar/avr 2010
[18] Cher magazine n°24 mar/avr 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de mar/avr 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Cher

  • Format : (215 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : stop aux violences conjugales !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 le maga zine du Cher portraits Le magazine du cher Jacqueline Doucet Une institutrice de haut vol Tous les aéroports ont une tour de contrôle. Ce phare des aviateurs les guide à bon port, dressé aux quatre vents. À Bourges, au bout des pistes, il y a l’école de l’Aéroport. Elle ne forme ni pilotes ni hôtesses, mais de petits écoliers comme les autres. Longtemps, l’école aussi a eu sa tour, sa vigie immuable et rassurante. Elle s’appelait Jacqueline Doucet. Fille unique, elle a 12 ans lorsque ses parents s’installent dans le logement de fonction de la petite école de la rue Mesmin. Nous sommes en 1952. Son père, René Aubrun, vient d’être nommé directeur de l’école de garçons, sa mère deviendra directrice de l’école de filles huit ans plus tard. De chaque côté, deux classes seulement. Jacqueline habitera là jusqu’à son mariage, en 1962. À ce moment, cela fait déjà deux ans qu’elle enseigne, à son tour. Dans l’école de ses parents ! « Je n’ai pas eu besoin d’intriguer pour y être affectée, s’amuse Jacqueline. À ma sortie de « Bien sûr, le quartier a un peu changé au fil du temps, mais j’aime ses rues, ses arbres et son calme. » l’École Normale, j’avais choisi l’enseignement spécialisé, pour travailler avec des enfants en difficulté d’apprentissage. Un poste a été créé à l’école de l’Aéroport et j’étais la seule candidate ! » Elle y restera jusqu’à son départ à la retraite, en 1997. Redoublante pendant trente-sept ans, en quelque sorte. « Bien sûr, le quartier a un peu changé au fil du temps, mais j’aime ses rues, ses arbres et son calme. D’ailleurs, il n’a pas toujours été aussi tranquille : je me souviens des nuits où l’on ne pouvait pas fermer l’œil à cause des essais au sol ! » Dans ce quartier d’usines d’aviation, d’industrie militaire et automobile, le travail ne manque pas. L’essor économique des « Trente Glorieuses » (de 1950 à 1970), attire une main-d’œuvre qui s’installe dans la cité ouvrière ou fait construire de petites maisons. Très vite, l’école devient trop petite. En 1960, elle compte un étage de plus et 12 classes de chaque côté ! Entretemps, le père de Jacqueline a créé « l’Amicale laïque des écoles de Bourges-Aéroport », pour offrir des activités sportives et culturelles aux gosses du coin. Et pour M. Aubrun, qui dit sport dit basket. Premier président du « Cercle Jean-Macé », aujourd’hui devenu Bourges Basket, il embarque dans l’aventure le jeune Yves Doucet, qui prendra la vice-présidence du club (pendant vingt ans) et sa fille Jacqueline. Fille et épouse de messieurs aux fortes personnalités, Jacqueline n’a jamais eu l’impression d’être reléguée à un second plan. « Je n’aime pas me mettre en avant. J’ai aimé passionnément faire mon métier discrètement ! » Devenue un peu de l’histoire de ce bout de Bourges, elle croise parfois des écoliers qui sont les petits-enfants de ses premiers élèves. « Ils vont à l’école de l’Aéroport. Ils s’envolent pour un beau voyage ! » François Toulat
portraits le maga zine du Cher 19 Claude François : le goût pour la bonne pâtisserie et internet Depuis plus de quinze ans, il se construit, saison après saison, à travers le jardin du Prieuré d’Orsan. Avec la patience et l’émerveillement renouvelés de l’amoureux. Sur son bureau, une sobre planche de bois clair, « Histoire du paysage français » de Jean-Robert Pitte. Derrière, un rayonnage de bien huit mètres de long rempli de livres, brochures et classeurs. Posés dessus, sous une cloche, des ossements animaux retrouvés au gré du jardinage. Une étiquette indique malicieusement : « Reliques de Robert d’Arbrissel », le fondateur de l’Abbaye de Fontevraud et d’Orsan. à 48 ans, Gilles Guillot est le chef jardinier du Prieuré. Des tendres années passées à l’extérieur à courir à travers les prés du Boischaut et à faire des cabanes ? Un frère professeur de sciences naturelles qui l’initie aux secrets des scarabées et des boutons d’or ? Un passage à Versailles à 12-13 ans ? À l’écouter, rien de tout cela n’aura été déterminant. « Ma voie s’est tracée avec des portes qui se sont fermées. Les autres, en vous repoussant, vous révèlent ! » Au lycée, il voulait travailler dans la sylviculture. Échec, dossier refusé. Ce sera donc un bac pro « Espaces verts ». Après l’armée, il entre dans une entreprise d’entretien de jardin. Elle lui permettra de franchir les portes du Prieuré, silhouette familière de son enfance. Il la quittera au bout de dix ans pour relever le défi des propriétaires d’Orsan : créer un jardin d’inspiration médiévale et monastique. « Jardiner, c’est comme devenir un Homme. Rien n’est Gilles Guillot, la constance du jardinier Elle adore la chanson française, internet, la marche à pied, l’amitié et… la pâtisserie. La délicieuse, réalisée grâce aux beurres extra fins haut de gamme et à un secret de famille transmis de mère en fille. Après l’avoir créée en 1987, Madame Claude François dirige, à Blancafort, une petite entreprise devenue leader aujourd’hui dans la fabrication de pâte feuilletée de grande qualité à usage des restaurateurs et des consommateurs. Dix salariés, neuf tonnes de pâte produite chaque semaine, vendue dans toute la France, mais aussi en Europe et même au Japon. Maman de quatre enfants, Claude arrive à concilier tout à la fois ses responsabilités d’entrepreneur, de mère, de femme. « Je n’ai rien d’un chef d’entreprise occupé quinze heures pas jour, précise-t-elle. J’ai la chance de pouvoir m’appuyer sur une super équipe ». Elle consacre le mercredi aux enfants. Le mardi matin, c’est piscine et courses pour la maison. Claude François est une fan d’internet. Pour le métier, pour les loisirs et un goût prononcé pour la communication. « Via les forums de lecture et d’écriture, je m’amuse avec celles et ceux qui aiment les beaux mots et les échanges écrits. » Qui se passionnent comme elle pour la bonne chanson française. Alain Raynal moins naturel ! C’est un effort de tous les jours. Derrière chaque choix fait ici, il y a du sens ou du symbole ! Un jardin, c’est avant tout de la civilisation, de la culture. » Sylvain Dépée p l u s d’i n f o s s u r www.prieuredorsan.com cher magazine | n ° 2 4 | mars - avril 2010



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