[18] Cher magazine n°24 mar/avr 2010
[18] Cher magazine n°24 mar/avr 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de mar/avr 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Cher

  • Format : (215 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : stop aux violences conjugales !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 VIOLENCES CONJUGALES dossier Un réseau efficace et solidaire S’il est un dispositif qui fait consensus par son utilité, c’est bien le réseau départemental de prévention et de lutte contre les violences dont sont victimes les femmes. Il réunit les différentes associations, services, centres d’accueil qui contribuent, chacun selon sa fonction, à recevoir les victimes comme les témoins, pour les conseiller, les aider, les orienter, les accueillir. « Entre intervenants, nous nous connaissons bien, nous sommes régulièrement en contact, nous ajoutons ainsi de la cohérence aux hall d’accueil de l’association JB Caillaud cher magazine | n ° 2 4 | mars - avril 2010 réponses apportées aux femmes concernées, témoigne Isabelle Pallies, juriste et coordinatrice au Centre d’information des droits des femmes et de la famille (CIDFF). Pour 2008, plus de 250 demandes concernant des actes de violences ont été recueillies lors des permanences au CIDFF rue du Pré Doulet de Bourges ou par téléphone. » Chargée de mission aux Droits des femmes et à l’égalité à la Préfecture, SolennMonnerat coordonne ce réseau départemental de prévention et de lutte. « C’est un outil f oy er d’hébergemen t de l’a s s o ciat ion JB C a il l AUD Et les enfants dans tout cela ? Le docteur Jean-Pierre Bouyssou, pédopsychiatre au centre médico-psychologique de Saint-Amand, répond : « Dans le cas des femmes enceintes violentées, 10% des enfants accusent un retard staturopondéral *. Des fœtus meurent in utéro. Pour les enfants témoins, nous procédons à plusieurs évaluations. Pour savoir s’il existe ou non des agents stressants dans la famille (alcoolisme, précarité, instabilité de résidence) qui augmentent la détresse de l’enfant. Pour savoir si le fait de raconter est vécu par lui comme une trahison. Pour connaître leur conduite face à cette violence : fuir ou bien observer la scène et se taire, ou bien encore s’interposer ? Les conséquences sont de trois ordres. Les troubles concret, souligne-t-elle. Ce travail en partenariat nous permet d’être le plus réactif possible et d’améliorer la prise en charge des femmes sur la durée. » Aux côtés des associations, participent le procureur, différents services de l’état, ceux du département avec en première ligne le Conseil général, mais aussi les bailleurs sociaux, la CAF… Un protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes acte les engagements de chacun et formalise les bonnes collaborations. A.R. M me Pa l lies, juris t e au CIDFF Cen t re Méd ico -S o cial de S ancerre pharmacie du f oy er S a in t- F r ançois psychosomatiques (pipi au lit, troubles du langage, maux de ventre, maux de tête). Les troubles psychologiques (anxiété, état dépressif, troubles du sommeil). Les troubles particuliers du comportement (sur-investissement ou désintérêt à l’école, agressivité, fugue, alcool ou drogue, tentatives de suicide…). Reste à savoir si lui aussi a été victime de coups intentionnels ou non. » * Croissance insuffisante de la taille et/ou du poids. Marzanna Syncerz
i témoignage i « Surtout, ne vous taisez pas » Amel, 28 ans, maman d’un enfant de treize mois « J’ai subi trois ans de violence avec des insultes au quotidien. Il me prenait tout mon salaire. Il me frappait jusqu’à ce jour où il m’a brisé des côtes et ouvert l’arcade sourcilière. Il refusait que j’aille voir le médecin. N’en pouvant plus, je n’avais plus d’autre choix que de rester et mourir, ou fuir. Je pensais partir depuis longtemps car j’étais convaincue qu’il ne changerait pas, mais au fond de moi, j’avais honte et peur de ce qui pouvait arriver. On m’avait imposé ce mariage qui n’avait rien d’un mariage d’amour. Parole de… SolennMonnerat, chargée de mission aux Droits des femmes et à l’égalité à la Préfecture « Informer, informer toujours, ne jamais arrêter. C’est en disant les choses, en les expliquant, en les répétant que les femmes franchissent les portes des commissariats et des gendarmeries. Nous constatons une augmentation des signalements. Cela ne veut pas dire que beaucoup plus de femmes sont victimes de violences, mais que le réseau d’information et d’accompagnement fonctionne. On encourage toujours les femmes à porter plainte, ensuite interviennent les différents acteurs. » Francine Degaret, juriste, correspondante sociale au commissariat de Bourges « J’explique aux victimes qu’elles ne sont pas seules, qu’elles ne doivent pas avoir honte d’en parler et de porter plainte. Je donne les conseils et facilite les liens avec la police, avec les assistantes sociales. J’accompagne les femmes sur la durée, souvent pendant deux à trois ans. Aujourd’hui le temps judiciaire est trop long et trop de plaintes sont classées sans suite. » Frédérick Moreau, Chef de service au Centre d’hébergement et de réadaptation sociale (CHRS) Les Lucioles, association J.-B. Caillaud J’ai contacté à Tours le SAVIM, service d’aide aux victimes. Avec mon médecin et mon employeur, ils m’ont aidée jusqu’au bout pour partir un jour de juin 2009 et venir dans le Cher où réside ma famille. J’ai été accueillie avec mon enfant et bien entourée au foyer de l’association J.-B. Caillaud à Bourges. Aujourd’hui, je veux dire à toutes les victimes : surtout ne vous taisez pas, n’ayez pas honte de parler, n’ayez pas peur de quitter le domicile conjugal. Nous sommes très bien aidées. C’est à partir de là qu’on peut reprendre vie. » « Nous hébergeons les femmes victimes, seules ou des mamans avec leurs enfants. Ces dernières, écartelées entre leurs rôles de mère, d’épouse et de femme vivent des situations très dures. L’accompagnement socio-éducatif et psychologique est indispensable. Nous bénéficions pour cela d’une équipe pluridisciplinaire, avec des éducateurs spécialisés, des conseillers en économie sociale et familiale, des animateurs… » dossier 13 Où s’adresser ? Au 3919. Appel gratuit. Numéro national unique destiné aux victimes ou témoins de violence. (Du lundi au samedi de 8 h à 22h. Les jours fériés de 10 h à 20 h) Au réseau départemental Centre d’information des droits des femmes et de la famille (CIDFF) 6B, rue du Pré Doulet, Bourges. Tél. 02 48 24 00 19 Association Jean-Baptiste Caillaud (centre d’hébergement et de réadaptation sociale - CHRS) Rue de la Vernusse, Bourges. Tél. 02 48 50 01 97 Le Relais (service d’aide aux victimes d’infraction) 8, rue Pierre Sémard, Bourges. Tél. 02 48 65 66 24 Relais enfance et famille (service AVIF 18) 2, rue du Pré Doulet, Bourges. Tél. 02 48 70 02 72 Association Saint-François (Centre d’hébergement et de réadaptation sociale) 11-13, rue Joyeuse, Bourges. Tél. 02 48 23 19 20 Service de contrôle judiciaire et d’enquêtes (SCJE) 5A, rue de la Grosse Armée, Bourges. Tél. 02 48 26 32 29. Les Centres médico-sociaux du Conseil général (dix-sept sur le territoire) cher magazine | n ° 2 4 | mars - avril 2010



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