[18] Cher magazine n°17 jan/fév/mar 2020
[18] Cher magazine n°17 jan/fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de jan/fév/mar 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Cher

  • Format : (215 x 270) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : stop à l'agribashing, le département du cher s'engage.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Chez les Combette, l’agriculture c’est une histoire de famille, une passion qui se transmet de génération en génération. Petit-fils et fils d’agriculteurs, Olivier Combette et sa famille s’installe à Augysur-Aubois en 1981 avec des charolaises et quelques « Aubrac » de sa Lozère natale. À la fin de ses études, il reprend l’exploitation familiale composée de 20 charolaises et de terres exploitées en polyculture afin d’assurer une autonomie alimentaire à son cheptel. Investit dès le départ dans des mandats professionnels, Olivier Combette apprend aux côtés de ses pairs « la meilleure école ». Il écoute ses collègues agriculteurs, se crée un réseau « c’est essentiel dans nos métiers » et avance avec « l’envie de faire évoluer les choses ». Une ambition qui ne le quitte plus. Depuis 2015, il travaille en Groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) avec ses trois fils installés à Givardon, Augysur-Aubois et Neuilly-en-Dun. Le virus a pris. « C’est plus facile pour des enfants d’agriculteurs », reconnaît-il. « Ils connaissent déjà le métier, le rythme, les exigences ». Il ne nie pas non plus une évidence, l’une des véritables contraintes du métier  : l’investissement DOSSIER Éleveurs, céréaliers, maraîchers, viticulteurs… Dans le Cher, les agriculteurs font partie de notre quotidien. On les observe travailler, on les côtoie… Mais connaît-on vraiment leur métier, leur réalité ? Alors que le monde agricole subit ces derniers mois de vives critiques, phénomène surnommé l’Agribashing, plusieurs voix s’élèvent pour faire entendre celle des agriculteurs à l’instar du film « Au nom de la terre » réalisé par Édouard Bergeon. Le Conseil départemental fait partie de ceux-là et a souhaité donner la parole à l’un d’entre eux, Olivier Combette, exploitant agricole à Augy-sur-Aubois. LE CHER 10LE JOURNAL DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL qu’implique une installation. « Les terres, le cheptel, le matériel, les locaux… Il y a un besoin en capitaux pharaonique pour de jeunes agriculteurs, ça freine beaucoup d’installations ». C’est aussi le souci du renouvellement des générations qui fait l’objet de beaucoup d’attention de la part des pouvoirs publics. n LE POUVOIR DES MÉDIAS Lorsqu’on aborde la question des polémiques qui enflent autour du monde agricole, le constat d’Olivier Combette se veut amer « Aujourd’hui, on écoute ceux qui font le plus de bruit. Certaines associations ont pris le pouvoir et donnent une information erronée largement relayée par les médias. L’un de nos handicaps a été de ne pas communiquer avec les moyens modernes sur nos métiers, ce qu’est l’agriculture. Il faut réexpliquer les bases aux gens  : une vache pour qu’elle fasse du lait, il faut qu’elle ait un veau… Une plante doit être soignée si on veut qu’elle produise… Les fondamentaux se sont perdus, à nous de les redonner mais nous sommes des petits poucets par rapport aux médias ».
Si de certaines « désinformations » sont nées de nouveaux modes de consommation (régime sans lait, sans viande…), Olivier Combette tente de relativiser « Il y a de la place pour tout le monde. La question est juste celle de la limite laissée. Par exemple, faut-il rendre obligatoire un repas végétarien à l’école ou laisser le choix ? ». La problématique se mesure aussi et surtout pour lui au niveau économique. Le monde agricole s’est toujours adapté aux besoins de la société comme après-guerre où il a fallu rapidement « nourrir la France » et dans les années 70 « produire en masse ». Mais s’adapter implique un investissement important. « Nous travaillons sur des cycles longs, une vache nous rapporte de l’argent qu’au bout de quelques années. Nous produisons ce qu’il y a de plus noble  : la nourriture des hommes dans le respect d’un cahier des charges strict (haute valeur environnementale et bas carbone). Donc le consommateur se doit d’exiger, avec nous, de l’ensemble des acteurs de la chaîne, le respect du produit, alors que certains le considèrent comme un minerai propice à de belles spéculations, mais aussi, le respect à sa juste valeur du travail accompli ». CHIFFRES CLÉS 62% de la surface du département est consacrée à l’agriculture On dénombrait 3 806 exploitations agricoles dans le Cher en 2010 contre 5 138 en 2000 La surface moyenne des exploitations est de 115 hectares DOSSIER QUESTIONS À Jean-Claude MORIN Vice-président du Conseil départemental en charge de l’agriculture En vos qualités de Vice-président délégué à l’agriculture, mais aussi en tant qu’agriculteur, que pensez-vous du climat actuel de votre secteur ? Aujourd’hui, les tensions sont nombreuses et il est primordial ne pas contribuer à cette surenchère médiatique. L’agriculture est un des poumons économiques du département du Cher. La Collectivité départementale ne s’exonèrera pas de ses responsabilités et nous serons toujours le partenaire privilégié des agriculteurs dans leur diversité. Que serions-nous aujourd’hui sans celles et ceux qui nous nourrissent, qui font nos paysages, qui sont les creusets de l’histoire économique de la France et du département du Cher ? Aujourd’hui, la Collectivité a décidé de s’engager et de prendre parti ostensiblement pour le monde agricole. Ne craigniez-vous pas les réactions d’autres corporations ? Les citoyens attendent des hommes et femmes politiques qu’ils prennent des décisions. Le Conseil départemental devait se positionner quitte à déplaire à certains groupes de pression. Le département du Cher est une terre agricole, une terre d’élevage. Et nous le resterons. Bien entendu, nous allons déplaire aux nouveaux militants d’un véganisme extrême, à ceux qui pensent que nous n’aimons pas les bêtes et qui emploient la violence pour défendre leurs idées. Je l’affirme haut et fort, nous serons aux côtés de ceux qui aiment leur terre, qui aiment leurs animaux, qui aiment leurs métiers et qui savent faire du bon, du local avec Agrilocal et de l’authentique. Quelles actions allez-vous entreprendre dans ce sens ? Pas d’action extraordinaire, pas de revendication, pas de violence, juste assurer au monde agricole que nous sommes avec eux dans ce climat d’hostilité. Nous avons perdu la compétence agricole par la loi NOTRe, c’est une hérésie et un contre-sens. Mais nous ne croisons pas les bras et nous agirons pour poursuivre la promotion des savoir-faire des agriculteurs. DOSSIER 11 (source  : Chambre d’agriculture du Cher) DÉCEMBRE 2019/NUMÉRO 17



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