[13] Accents n°209 fév/mar 2012
[13] Accents n°209 fév/mar 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°209 de fév/mar 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Bouches-du-Rhône

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,7 Mo

  • Dans ce numéro : santé, l'état d'urgence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Racines visages « Odile Gaillard Tournée de nuit Je ne pourrais pas passer ma vie en ne m’occupant que de moi. » Le bénévolat, Odile Gaillard est tombée dedans toute jeune. Enfant, auprès de personnes âgées de son entourage, ado dans le mouvement scout, plus tard dans l’engagement associatif. Entre 1990 et 1997, avec l’association Enfants de Roumanie, elle organise des convois humanitaires en direction de ce pays. Il y a 18 ans, elle s’engage avec une bande de copains à verser chacun 20 € par mois pour acheter un immeuble et y loger des exclus du système. Aujourd’hui, l’association L’Autre possède deux immeubles à Aubagne et y héberge une vingtaine de personnes dans cinq appartements. Depuis quatre ans, c’est avec le Secours catholique qu’Odile a choisi de s’engager bénévolement. Ce soir-là, elle a quitté plus tôt que d’habitude son travail de secrétaire médicale. C’est qu’il faut être à 18h dans les locaux de l’association, rue Barthélémy dans le 9 e à Marseille, pour préparer la tournée de nuit auprès des SDF qu’elle effectue chaque mois avec trois autres bénévoles. « Nous allons apporter à manger à une soixantaine de SDF dans toute le centre ville. Ils nous attendent, c’est leur seul repas chaud de la journée », raconte t-elle 40 ACCENTS n°209 Racines en remplissant des sacs, de pain, biscuits, fromage, œufs durs, mandarines. « Ce soir, il y a pas mal de choses, un supermarché nous a donné un petit stock, des boulangeries aussi, le reste vient de la Banque alimentaire. » La camionnette remplie de victuailles, mais aussi de produits d’hygiène, de couvertures et de vêtements sillonne la ville tous les soirs, sauf le samedi, de 20h à minuit. Le parcours est toujours le même, c’est une sorte de rendez-vous de la solidarité. Et ils arrivent dès que le coffre s’ouvre, par petits groupes ou isolés. « Il y a des gens que l’on connaît depuis longtemps, des années de rue. » Tout en distribuant soupe, café chaud, sandwich… Odile a les yeux partout. Elle voit bien cet homme un peu en retrait qui « n’ose pas s’approcher » et à qui elle va apporter le repas et une couverture ; elle remarque cette toute jeune femme au regard un peu vide et fuyant, « une nouvelle » ; elle raconte cet homme qui vit caché dans les broussailles des beaux quartiers depuis des années et que les bénévoles de la tournée n’oublient pas sur leur route, ou cet autre qui vit sur des cartons dans un parking du centre ville, entouré de rats, ou encore ces enfants roms de la gare Saint-Charles que la nuit n’effraie même plus. « On ne s’habitue jamais vraiment à tant de détresse. Donner un soir par mois de son temps, ce n’est rien, et en même temps, c’est peut-être la condition pour ne pas craquer » confie t-elle. Comme elle, 120 bénévoles du Secours catholique couvrent la ville, avec les Restos du cœur, la Croix-Rouge et Maman Jeanine aux Réformés. « Sans les associations et les bénévoles, ils n’auraient rien. Comment survivraient-ils ? » Une voiture vient de s’arrêter près de la camionnette. Une femme tend un paquet. À l’intérieur, des galettes des rois. Les beaux gestes existent encore. Irène Lanfranchi Secours catholique, 10-12 bd Barthélémy, 13009 Marseille. Tél. 04 91 75 51 10. Photos : J. P.Herbecq
Elles font vivre la solidarité dans le 13 Amélie Verheyde Enfants au parloir Tous les 15 jours, le mardi, Amélie Verheyde a un drôle de rendez-vous. À l’âge où l’on songe plus volontiers aux loisirs entre amis, cette toute jeune femme de 27 ans emprunte alors le chemin des Baumettes pour retrouver devant la prison marseillaise une mère et son bébé de 2 ans. « Cette maman est interdite de parloir, c’est moi qui emmène son enfant voir son père, derrière les barreaux depuis 2 ans » raconte t-elle. Amélie fait partie de l’association Relais enfants parents qui s’est donné pour mission le maintien des liens familiaux malgré l’incarcération. Éducatrice spécialisée à l’internat de la Fondation d’Auteuil, Amélie a découvert l’association durant sa formation et depuis, elle consacre bénévolement une partie de son temps libre à cette médiation qui, elle n’en doute pas, prépare l’avenir de ce jeune père d’à peine 24 ans qui va bientôt être libéré, et de son enfant. « Ces rencontres aident les prisonniers à tenir le coup, à assumer leur rôle de père et à se projeter » explique Amélie. « Il y a un an, lorsque les premières visites ont débuté, le bébé ne me connaissait pas. Il pleurait.Aujourd’hui, j’ai une petite place dans cette famille. » Les rencontres durent une heure et demie, dans le local aménagé de l’association, aux Baumettes, « L’enfant, c’est une bouffée d’air, qui fait oublier un instant la prison. On parle, je rassure le papa, on discute de ses projets… » Amélie le constate, père et enfant se soutiennent mutuellement. De quoi s’accrocher pour la sortie. I.L. Francine Meunier À Pressée de donner Photo : C. Rombi Photo : C. Rombi Relais enfants-parents, 97 rue Emile Zola, 13009 Marseille. Tél. 04 91 40 37 64. la voir, on se demande si Francine Meunier s’arrêtera un jour. Cette ancienne directrice d’école dans une Zep d’Arles, aujourd’hui à la retraite, multiplie les engagements bénévoles. « Juste après la fin de ma vie professionnelle, je me suis retrouvée un matin chez moi avec rien à faire d’urgent. Cela m’a fait peur et depuis, je cours après le temps ». Sa polyvalence et sa disponibilité vont la lancer dans le grand bain associatif. En 2000, elle participe à la création de la Maison des associations à Fontvieille, et en 2001 lance « Fontvieille Association », afin de fédérer les activités des différentes structures. « La proximité avec les gens est un véritable bonheur. Ce qui est important est d’échanger et de construire ensemble ». Depuis, elle a multiplié les engagements : lancement du Forum des associations, création de Fontvieille Avenir Culture, « parce que la culture doit être accessible à tous », ou encore promotion de la culture sévillane. « Je participe aussi à l’association La Respelido, qui réunit plus de 200 personnes âgées ». Tout en parlant, Francine aligne les jetons et range les cartons pour le loto de l’aprèsmidi. « Je m’intéresse aux seniors aujourd’hui comme aux plus jeunes hier ». Déjà, directrice d’une école maternelle pendant 23 ans, elle portait des projets d’alimentation équilibrée ou de rythme de vie scolaire. « L’engagement associatif doit être dans tous les domaines : culturel, scolaire, sportif, de formation ou de l’animation. Il faut faire quelque chose de sa vie. Et en 70 ans, je n’ai jamais su dire non. Ce n’est pas maintenant que je vais commencer ! » O. G. ACCENTS n°209 Racines 41



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