[13] Accents n°208 déc 11/jan 2012
[13] Accents n°208 déc 11/jan 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°208 de déc 11/jan 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Bouches-du-Rhône

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,7 Mo

  • Dans ce numéro : fac, les années difficiles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Action publique Les années Fac 8 Relancer les filières scientifiques et techniques dans le 13 Dans les Bouches-du-Rhône, l’enseignement supérieur et la recherche disposent de réels atouts : une offre de formations riche et dynamique, une place de l’université prépondérante et une recherche de très bon niveau. Cependant, on constate une désaffection des étudiants pour les filières scientifiques et techniques, avec pour conséquence une concentration d’étudiants dans des formations aux débouchés incertains. Pour l’association Eurocircle, la mobilité internationale est un facteur favorable pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. En 2011, sous son égide, 234 jeunes peu diplômés sont partis à l’étranger. Bilan : « On voit des jeunes très éloignés de l’emploi revenir transformés par leurs expériences. Et cela se traduit dans leur recherche d’emploi ou dans leur envie de monter un projet » explique Ralf Makrutzki, directeur d’Eurocircle. Ce qui est vrai pour les peu diplômés l’est évidemment aussi pour les autres. Audelà d’Erasmus, formule bien connue pour les facs et BTS, il existe des dispositifs pour les élèves du secondaire (Comenius), les apprentis (Grundtvig), les élèves de la filière pro (Léonardo da Vinci). ACCENTS n°208 Action publique Partir à l’étranger, un tremplin http://www.europe-education-formation.fr Le Conseil général a donc mis en place, avec l’Université de Provence, l’Ecole Centrale Marseille et le Centre de microélectronique de Gardanne, le programme Protis (Provence Terre d’itinéraires scientifiques) qui fait participer les collégiens aux activités de recherche en laboratoires, à des ateliers scientifiques et des conférences, pour leur donner le goût des sciences. Des locomotives boostent aussi l’offre de formation. La fusion des trois universités d’Aix-Marseille donnera ainsi DR naissance à l’une des plus grandes écoles d’ingénieurs universitaires du pays grâce au mariage de l’ESIL, dont le Conseil général a financé l’agrandissement, et de Polytech Marseille. Le Département soutient fortement depuis de longues années les projets universitaires de regroupement et de structuration des pôles de compétences autour de thématiques stratégiques. Témoignage Avec Eurocircle, Abdou Alfadi, 21 ans, est parti en stage professionnel à Berlin. « J’ai suivi des cours d’Allemand pour avoir les bases. Puis je suis parti deux mois en tant que commis de cuisine. Au début, c’était dur. Je me suis retrouvé dans une culture très éloignée de la mienne. Mais je voulais être utile, j’étais motivé. Il y avait d’autres nationalités, des Polonais et des Turcs, et j’ai beaucoup appris. Cette expérience m’a donné confiance en moi. À mon retour, j’ai trouvé un poste en CDI. Je suis en parallèle une formation en comptabilité. Je n’ai plus de limites : mon projet, c’est de créer d’ici quelques années mon restaurant à Mayotte. » Fotolia VI - Fotolia.com
Jeunesse : avis de mauvais temps Entre chômage, précarité et absence d’horizon, il est bien difficile d’être jeunes aujourd’hui. « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » La phrase bien connue de Paul Nizan a maintenant quatre-vingt ans et son passage à la postérité ne doit rien au hasard. Même mal-être existentiel dans la jeunesse sur fond de crise de civilisation, même rage chez les révoltés d’hier que chez les indignés d’aujourd’hui, fussent-ils silencieux. Un récent sondage Ipsos indiquait que 81% des Français estimaient qu’il est « difficile d’être jeune aujourd’hui ». Mais à peine entrouvert, le portillon de la prise en compte des difficultés propres à cette classe d’âge est aussitôt refermé : le même sondage relève que 83% des personnes interrogées les trouvent « différents », 63% « égoïstes », 53% « paresseux ». Le pire est sans doute que, toujours selon Ipsos, les jeunes ont d’eux-mêmes une image tout aussi dégradée. Quels sont les phénomènes en jeu ? Autre formulation de l’énigme : qu’estce qui explique que des jeunes manifestent contre une réforme des retraites ? Une variable d’ajustement Dans une société où 20% du revenu disponible relève de l’héritage (contre 5% dans les années 50), il est clair que c’est la rente plus que la créativité qui donne le tempo. « Chômage record, baisse des salaires et des niveaux de vie, précarisation, développement de poches de travail quasi gratuit (stages, piges, exonération de charges etc..), nouvelle pauvreté, état de santé problématique et faible recours aux soins, absence d’horizon lisible... Trente-cinq ans après l’extension du chômage de masse, la jeunesse a servi de variable d’ajustement » décrypte le sociologue de Sciences-Po, Louis Chauvel, auteur du « Destin des générations ». Le temps de s’alarmer L’ensemble se concrétise par un déclassement et une trajectoire inverse de celles des parents : vers le bas. « La jeunesse est maintenant de classe moyenne du point de vue des diplômes mais en deçà de la classe ouvrière du point de vue des revenus » poursuit Chauvel. Du coup, c’est toute la trajectoire de vie qui se trouve obérée : possibilité de se loger, de fonder un foyer amoindrie, et, ultime symptôme, retraite à peine imaginable. Un tableau trop sombre ? « Il faut se méfier des diagnostics trop réducteurs » s’insurge Guillaume Allègre dans une Le Fonds d’aide aux jeunes > Le FAJ est une aide financière du Conseil général, ponctuelle et subsidiaire, destinée aux jeunes de 18 à 25 ans, confrontés à des difficultés, et porteurs d’un projet d’insertion sociale et professionnelle. Environ 5 000 jeunes en bénéficient chaque année. Rens. N°vert : 0811 880 088 note de la Fondation Terra Nova. « Il ne faut pas occulter toutes les formes de solidarités intergénérationnelles » et « la jeunesse n’est pas une catégorie uniforme : certains sont hautement diplômés, d’autres sortent du système scolaire sans diplôme ni qualification ». Les inégalités sociales restent prégnantes, au-delà des questions de génération. N’empêche, quand le Secours catholique s’alarme de l’afflux de jeunes dans ses structures, quand le ministère du Travail recense 1,7 million de jeunes hors de tout circuit d’emploi ou de formation, il est temps de s’alarmer. La question de la jeunesse semble devoir s’imposer sur la scène publique dans la perspective des prochaines élections. Faute de quoi, nul ne connaît le nom de ce qui vient. « 13 Initiatives jeunes », de l’idée au projet > Dans le cadre de son programme « 13 Inititiatives jeunes », le Conseil général propose d’aider les jeunes de 11 à 25 ans, porteurs d’une idée, à la transformer en projet. Le soutien du Département passe par des aides directes ou indirectes mais également par un accompagnement technique et pédagogique. 13initiativesjeunes@cg13.fr Chlorophylle - Fotolia.com ACCENTS n°208 Action publique 9



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