[13] Accents n°203 fév/mar 2011
[13] Accents n°203 fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°203 de fév/mar 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Bouches-du-Rhône

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes assurent dans le 13.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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7g 52% des habitants des Bouches-du- Rhône sont des femmes. (Source Insee) g 16% des femmes de la région vivent sous le seuil de pauvreté et 86% des parents isolés sont des femmes. (Source Insee) g 44% des femmes ont effectué une carrière complète contre 86% des hommes. (Source Cor, DRESS) g Pour la retraite, en moyenne, les femmes valident 20 trimestres de moins que les hommes. g 64% des mères de deux enfants aimeraient aménager leurs horaires de travail. (sondage Elle-Ifop) 6• ACCENTS « Les femmes ont de plus en plus PASCAL RODON DR le sens de leur dignité » Anne-Marie Daune-Richard, chargée de recherche au CNRS, a notamment travaillé pendant 30 ans sur la division sexuelle au travail. Accents : Qu’est-ce qui a changé depuis les années 80 ? Anne-Marie Daune-Richard : D’abord la recherche ! Les statistiques sexuées étaient très limitées. Aujourd’hui, on constate que le taux d’activité global a augmenté en France, grâce à l’entrée massive des femmes sur le marché du travail. D’autre part, les f emmes sub issent moins d’interruption de carrière. En revanche, la montée considérable du temps partiel est pénalisante pour les femmes. A. : Pourquoi 80% des emplois à temps partiel sontils occupés par les femmes ? A-M. D-R. : Le temps partiel est avant tout développé dans les secteurs dits féminisés, comme les emplois de service à la personne, les caissières. Elles l’acceptent, mais de façon contrainte. Et tout le monde pense que ça les arrange, pour gérer notamment la famille et les enfants. A. : En oubliant les conséquences à long terme ? A-M. D-R. : Tout à fait. Car qui dit temps partiel dit retraite partielle, indemnités de chômage et de maladie partielles… Mais les femmes ont de plus en plus le sens de leur dignité et de leur autonomie. PARCOURS A. : La difficulté de la garde des enfants est-elle un frein pour les femmes et leur travail ? A-M. D-R. : La plupart des pays européens se mobilisent. Même l‘Allemagne où il ét ait très mal vu p our une jeune mère de travailler. La France, qui était très en avance notamment avec ses écoles maternelles, recule sur cette question-là et sur les crèches. Jugez plutôt : seuls 10% des enfants de moins de trois ans sont inscrits en crèche, et p lus de 60% des enfants de cette tranche d’âge sont gardés par un parent, le plus souvent la mère. A. : Les femmes subissent également l’inégalité dans les salaires. Pourquoi ? A-M. D-R. : Les écarts de salaire les plus importants apparaissent là où les postes sont les plus importants. D’une part parce que les employeurs proposent peu ces postes à forte responsabilité à des femmes, d’autre part parce que les femmes ne réclament pas assez. C’est un processus qui se cumule. D’une façon générale, pour faire monter les salaires dans les secteurs féminisés et mal payés faitesy entrer des hommes. Ils n’accepteront pas ces conditions de travail et de rémunération : on verra si dans 10 ans, les aides aux personnes âgées et les assistantes maternelles ne sont pas mieux payées ! n SYLVIE MOURGES, MADAME LA DIRECTRICE Incontestablement, « l’hôtellerie est un métier d’hommes : les chefs sont des hommes, les directeurs sont majoritairement des hommes… et on ne rencontre guère d’hommes de chambre ! » Et elle ajoute, en riant, sa marque de fabrique : « Mais c’est un métier de maîtresse de maison ! » Sylvie Mourges, la nouvelle directrice du 4 étoiles « La Résidence du port », situé sur le Vieux-Port à Marseille, n’affiche pas forcément des opinions féministes, mais elle ne cache pas une certaine fierté d’être à la tête d’un si bel endroit. L’ancienne responsable communication, qualité et produit du Sofitel Vieux-Port va gérer 52 chambres, « plein sud » avec une vue exceptionnelle sur Notre-Dame-de-la-Garde. Une quarantaine d’employés sous ses ordres, un restaurant tout nouveau baptisé « Relais 50 » : « Je vais plonger mon nez partout, pour faire passer l’hôtel d’une sorte de belle pension de famille à une adresse incontournable, sans bling bling. » Pages réalisées par Christine Fançois-Kirsch
Action 100 femmes Fatiha Achour, sa revanche dans la boucherie Fatiha Achour ne se damnerait pas pour manger une côte de bœuf. Mais pour la découper et la préparer, si. Elle a beau travailler par 11°, ne pas pouvoir se passer du gros pull et avoir parfois le bout du nez rouge et les doigts congelés, elle aime la boucherie. Là, dans le laboratoire d’une grande surface marseillaise, elle s’installe derrière son comptoir, face a u boucher, et coupe, scie, emballe, de 6h du matin jusqu’à midi. En plusieurs mois d’apprentissage, elle est de venue incollable sur les faux-filets, les rôtis ou le bourguignon. « J’en apprends tous les jours », explique-t-elle. Elle travaillait auparavant dans le net toyage ind ustriel, a vec des ho raires impossibles à concilier avec sa vie de maman. Grâce à une action portée par le Conseil général des Bouches-du-Rhône, « Action spécifique de 100 femmes bénéficiaires du RSA vers des métiers culturellement masculins », Fatiha Achour trace sa voie pour, espère-t-elle, décrocher à la s ortie son CAP et surtout un CDI. « Il m'est souvent arrivé d'aider ma famille, déjà dans la boucherie. J'a imet oucher la viande, j'apprécie aussi le c ontact avec les clients. » Grâce aux encouragements des proches, elle n'a que faire de certains regards parfois étonnés sur cette jeune femme de 30 ans, plutôt menue pour réussir dans cette filière. « Pour moi, ça sonne c omme une r evanche. J e montre que je suis autant capable qu'un homme. Et puis, vous savez, un agneau, ça pèse 15 kg... Comme ma fille ! Alors, qu'on ne vienne pas me dire que nous, les femmes, nous ne sommes pas assez costaudes ! » Finalement, elle pourrait faire sienne cette citation de Frédéric Dard : « Quand la viande est en rigolade, la conscience ne pose pas de problème. » n DÉJÀ 40 FEMMES EMBAUCHÉES L’accompagnement spécifique de femmes bénéficiaires du RSA vers des emplois culturellement masculins, action portée par la collectivité départementale, a déjà permis à une quarantaine de femmes des Bouches-du-Rhône de sortir du dispositif RSA en intégrant le BTP, la sécurité, les transports, les espaces verts ou encore la grande distribution et la mécanique automobile. MA FILLE, VEUX-TU ÊTRE INGÉNIEURE ? « Si 40% des lycéennes sont des filles, elles ne sont que 20% dans les sections scientifiques, et seulement 17% à suivre des études supérieures dans les filières d’ingénieurs. Claire Bergman, directrice de recherche honoraire au CNRS et membre de l’association Femmes et sciences depuis sa création en 2000, n’est pas étonnée par ces chiffres : « Les filles se voient dans le miroir que leur renvoie la société. En résumé, si elles veulent affirmer leur féminité, elles se dirigent vers des métiers dits féminisés. Moins en ingéniérie ou en technologie ! » Les clichés ont donc la vie dure, les prix Nobel sont souvent masculins, et les carrières moins rapides pour les femmes que pour les hommes. Avec son association, Claire Bergman promeut les sciences auprès des jeunes filles. www.femmesetsciences.fr 7LA RETRAITE DES FEMMES, UNE RETRAITE D’APPOINT ? Geneviève Couraud,présidente de l’Observatoire du droit des femmes et de l’égalité des chances « Les analystes ont très justement pointé que les femmes, alors même qu’elles supportent l’effort de renouvellement générationnel, sont pénalisées au moment de leur retraite. Il faut bien, à propos de la moitié d’entre elles, parler de pauvreté et de précarité des femmes âgées. À ce sujet, le temps partiel reflète la sous-estimation du travail des femmes ; leur salaire est toujours considéré comme un appoint à l’économie du couple et de la famille. Par voie de conséquence, la retraite des femmes est implicitement considérée comme une retraite d’appoint. » Le président du Conseil général a saisi le Conseil départemental de Concertation (CDC) afin de recueillir ses propositions concrètes permettant de faire évoluer les modes d’accueil de la petite enfance et de mieux répondre à la demande des familles. Il faut en effet savoir que la dificulté à faire garder ses enfants est le principal obstacle au retour à l’emploi pour de nombreuses femmes. » Aline Marrone, vice-présidente du CDC ACCENTS• 7



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