[13] Accents n°203 fév/mar 2011
[13] Accents n°203 fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°203 de fév/mar 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Bouches-du-Rhône

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : les femmes assurent dans le 13.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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TILT 10• ACCENTS LUTTER CONTRE LES STÉRÉOTYPES Les stéréotypes sexistes, les rôles assignés aux filles et aux garçons, tout cela participe et conditionne les inégalités hommes-femmes allant même jusqu’à les inscrire comme « normales ». Pour combattre les clichés sur les filles et les garçons, susciter une réflexion sur les rapports de pouvoir ou encore prévenir les situations de violence, le Conseil général propose depuis plusieurs années au sein des collèges des actions éducatives sur la thématique des relations garçons-filles et du respect des droits. Chaque année, ces actions déclinées par des associations expertes telles le Planning familial abordent de façon ludique, sur le mode interactif, via du théâtre-forum, de la danse, des ateliers, du cinéma, l’ensemble des questions que les adolescents peuvent se poser. Ces temps, rythmés le plus souvent par la mise en situation des élèves, et dirigés par des intervenants extérieurs rencontrent un franc succès. « C’est une façon unique d’aborder ces questions au collège, auprès des adolescents, à un âge délicat où le rapport entre les filles et les garçons est central. Grâce à une approche plus participative, les adolescents trouvent des réponses, parfois même des situations de tension peuvent se dénouer » explique Janine Ecochard, conseillère générale déléguée à l’Éducation. Ainsi, chaque année, dans le département, quelque 12 000 collégiens bénéficient de ce dispositif pour lequel le Conseil général fait figure de référence dans l’application des principes de la Charte européenne de l’égalité hommes-femmes. UN COURT-MÉTRAGE SUR LA QUESTION DES GENRES En 2010, avec le soutien du Conseil général, trois collèges du département (Edgar Quinet et Vallon des Pins à Marseille, Charloun Rieu à Saint-Martin-de- Crau) sous la houlette de l’association Tilt et du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir ont réalisé un film d’animation sur la thématique des stéréotypes et des discriminations liés au genre. Ce film a obtenu le Prix du jury au Festival international Génération Court, dans la catégorie « Jeunes pousses ». www.generationcourt.com À noter sur les représentations garçons-filles, l’excellent site du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir : www.genrimages.org ÉDUCATION ROSE POUR LES FILLES, BLEU POUR LES GARÇONS ? À Marseille, l’association Tilt* propose de faire réfléchir les jeunes à la question des représentations filles-garçons notamment à travers l’image. Explications avec Delphine Camolli, réalisatrice. *en partenariat avec le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir à Paris Accents : Vous travaillez avec les jeunes sur la question des représentations. De quoi s’agit-il ? Delphine Camolli : En théorie, dans la s ociété d’aujourd’hui, les filles et les garçons ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Mais en réalité, il y a des représentations qui continuent d’être véhiculées et qui ont des conséquences sur les comportements, les métiers, sur les projections que les filles et les garçons font d’eux-mêmes, sur leur avenir. Dès la petite enfance, on pousse les filles vers les activités calmes et les garçons vers l’action. Or dans cette histoire, il y a une plus grande part de culture que de nature. A. : Et les garçons dans tout ça ? D.C. : Filles comme garçons subissent ces injonctions de comportement. Les garçons en sont t out a utant vic times : in jonction d’être virils, de ne pas p leurer, ou de ne pas jouer à la poupée par exemple. On déconstruit également ces clichés à travers nos interventions. A. : Comment faire prendre conscience de ces stéréotypes et de leurs effets pervers ? D.C. : Nous le faisons en montrant des images qui sus citent la réflexion. On fait travailler les jeunes sur les évidences, en démontrant par exemple que sexisme et racisme, c’est aussi choquant. Nous sommes une école du spectateur. Nous nous appuyons pour cela sur la richesse du fonds documentaire audiovisuel du centre Simone de Beauvoir. Par exemple, à travers des documentaires sur l’histoire du droit des femmes qui rappellent que l’accession des femmes à certains droits est récente et fragile. Il en est a insi d’un documentaire qui parle des établissements prisons dans les années 70 pour les jeunes femmes enceintes. Après visionnage et débat, on s’aperçoit que les jeunes ne s ont pas très à l’aise avec ces questions autour de l’avortement et de la contraception. n www.tilt.fr
Ils s ont une tr entaine d’élèves de 4 e du collège Versailles, situé dans un quartier difficile de Marseille, réunis ce matin dans la s alle du CDI. Un peu agités, les collégiens sont vite captivés par la scènet héâtrale qui s e déroule devant eux jouée par quatre comédiens. La représentation intitulée « Gadji-Gadjo » aborde directement la question des relations entre les filles et les garçons à l’adolescence à travers des saynètes écrites pour les faire réagir. Et les réactions ne se font pas attendre, à tel point que le modérateur Jérôme doit user de beaucoup de savoir-faire pour calmer les ardeurs de chacun pour s’exprimer. Une première voix à chaud se fait entendre : « C’est trop bien, ça parle de la réalité » dit un élève, puis une autre prend la parole pour dire qu’elle n’est pas d’accord avec la scène où un grand frère vient surveiller sa sœur pour lui interdire d’aller à la danse et lui commander de rentrer à la ma ison. Cette scène sera la plus commentée dans la salle et celle pour laquelle les élèves voudront prendre le plus souvent la place des protagonistes sur scène. ÉDUCATION L’ÉLÈVE PROTAGONISTE C’est par le théâtre-forum, un mode théâtral interactif, que le Planning familial intervient dans les collèges pour des représentations pas comme les autres. Aborder toutes les questions Comme cette collégienne qui veut venir sur scène pour tenir tête à son grand frère et défendre sa liberté d’agir. En poussant l’élève à de venir acteur de la p ièce et à changer le scénario, le but est de susciter le débat dans l’auditoire, de le faire réagir sur ses propos discriminatoires ou violents parfois envers l’autre sexe. Il y a les « pour » et les « contre », mais surtout l’argumentation des p ositions de chacun. De fil en aiguille, presque de façon sournoise, sous la houlette d’un modérateur qui ne manque pas de mettre les élèves devant leurs propres contradictions, toutes les problématiques relatives à l’égalité des sexes sont abordées : la grossesse non désirée, la f idélité, le droit à l’avortement, la confiance, le s exisme, les dif férences, l’homosexualité, la tolérance… « D’une façon générale, les collégiens se sentent concernés. Ces m oments sont souvent t rès participatifs », explique Jérôme avant d’ajouter « et puis c’est surtout un espace de paroles qui leur est offert et c’est assez rare. Ces moments suscitent la réflexion, on essaie de casser les codes. Certaines informations passent. » n NOMS DE COLLÈGES, TOUT UN SYMBOLE C’est une inégalité qu’il fallait corriger. Depuis quelques années, le Conseil général s’attache à baptiser de noms de femmes exemplaires les nouveaux établissements qu’il construit. « Sur les 135 établissements du département, seuls quatre portaient des noms de femmes, comme si aucune femme remarquable n’avait marqué l’histoire. Sans compter que le collège est un symbole d’éducation, de culture et de citoyenneté » milite Janine Ecochard, conseillère générale, déléguée à l’Éducation. Dernièrement, le collège d’Eyguières a ainsi pris le nom de la résistante Lucie Aubrac, celui d’Arenc Bachas à Marseille de Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États- Unis dans les années 50, ou encore celui de Plan-de-Cuques baptisé Olympe de Gouges, du nom de cette femme française, une des premières militantes pour les droits civils des femmes au 18 e siècle. Pages réalisées par Pascale Hulot Chaque année, le Planning familial des Bouches-du-Rhône intervient auprès de 10 000 collégiens, de la 6 e à la 3e, pour informer, prévenir et débattreautour des questions sur les rapportsfilles-garçons. ACCENTS• 11



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