[13] Accents n°201 oct/nov 2010
[13] Accents n°201 oct/nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°201 de oct/nov 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Bouches-du-Rhône

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : la mer, un trésor à préserver.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Comex, une aventure humaine et industrielle Impossible de définir en un mot l’aventure Comex, entamée par Henri-Germain Delauze et ses équipiers en 1961. Impossible, parce qu’il s’agit là, depuis bientôt 50 ans, d’une connexion de témérité, d’investissement, de passion. Et de chance. Comex est tout sauf une aventure linéaire. Au tout début des années 60, la connaissance des grands fonds est quasi-inexistante. Un homme, Henri-Germain Delauze, sait déjà parfaitement ce qu’il veut : « Repousser les limites du travail sous-marin à des profondeurs extrêmes, dans des conditions de sécurité parfaites et en donnant à l’homme les moyens d’assurer la perfection de son ouvrage. » On sort de la 2 e guerre mondiale et s’intéresser aux océans peut presque sembler anachronique. Comex, pourtant, a innové, inventé : la physiologie hyperbare, l’ergonomie en immersion, des systèmes de sécurité, des engins téléopérés, la robotique. « Autant de territoires où nous sommes pionniers », confie Henri-Germain Delauze dans sa biographie. En moins de15 ans, avec un capital de 50 000 F, Comex devient la première du monde dans sa spécialité ! 6• ACCENTS L’AVENTURE DE LA PLONGÉE Delauze raisonne en ingénieur Ce modeste fils de paysan provençal « installé à Marseille parce qu’il aimait cette ville », rappelle sa fille Michèle Fructus, actuelle Comex DG de Comex, a donc ouvert la route d’un nouveau monde. En France, à l’époque, certains imaginent que l’on pourra vivre dans des maisons sous la mer. Delauze lui, raisonne « en ingénieur et ses buts sont industriels », comme le souligne Alain Dunoyer de Segonzac dans son livre « Un Conquérant sous la mer » (Ed. Buchet/Chastel). C’est la rencontre, capitale, avec Xavier Fructus, un médecin passionné de plongée sous-marine, qui déclenche la success-story de Comex : « Sans l’apport physiologique des recherches du Dr Fructus et la manne pétrolière, nous n’aurions jamais fait tout ça », justifie Michèle Fructus. « Un scénario parfait, ajoute même Michel Bourhis, président du club des anciens de Comex, car à partir de 1970, il fallait forer partout. » Très vite, 2 à 3000 personnes, des ingénieurs et des plongeurs, travaillent pour Comex. Transmission Michel Bourhis va plus loin encore : « Comex, c’est une aventure humaine, à une époque particulière, où même les pétroliers travaillaient dans la confiance. On les sortait parfois de sacrées panades », se souvient-il en souriant. Comex a changé de cap à partir de 1992 en conservant l’état d’esprit de son fondateur, « un visionnaire » selon Michel Bourhis. Un état d’esprit que Michèle Fructus résume en un terme : transmission, en tournant le regard vers le personnel « Bien sûr, le monde du pétrole a changé, mais mon père et ses équipes ont su trouver des niches, même s’il est impossible de revenir dans le pétrole en raison des fonds propres très importants que ce marché nécessite ». À 80 ans, Henri-Germain Delauze a toujours cette fraîcheur intellectuelle du plongeur-aventurier qui l’animait alors que naissait Comex. Et tous les « Comexiens » partagent ce privilège rare. n Christine François-Kirsch Comex POPOF, COMPAGNON DES PROFONDEURS Quand il vous reçoit, Popof, de son vrai nom Yvan Tchernomordik, est au fond d’un atelier de la Comex en train de réparer des détendeurs, entre deux maintenances du Romera, le fameux sous-marin jaune. Il est Le spécialiste des sous-marins d’expérimentation. Ce pilote des grandes profondeurs est entré à la Comex en 1972 comme plongeur mécano. « On a eu la chance de vivre de grandes aventures avec Henri Germain Delauze. Nous avons créé des sous-marins expérimentaux capables de repousser les limites. » En plus de 40 ans, il a plongé dans toutes les mers, effectué des expériences scientifiques, retrouvé des épaves comme ce bateau romain vers le Frioul ou le sous-marin Protée à Cassis datant de la deuxième guerre mondiale. « Ce qui m’intéresse dans ce métier, c’est de descendre avec un sous-marin que l’on a soi-même construit. » Popof assimile son travail à du compagnonnage tant la machinerie est de précision. Son plus beau souvenir est sans doute cette campagne sur les coraux à Taïwan. « Nous avions vraiment l’impression d’être dans un autre monde. L’eau, l’environnement, la mission, tout était extraordinaire. » Aujourd’hui, ce pionnier des profondeurs est à la veille de la retraite. Mais quitter les abysses n’est pas chose facile. « Je me suis donné deux ans pour me « désintoxiquer » du travail » , répète t-il à l’envi.Restent les souvenirs et la marque indélébile d’un grand pionnier de la plongée. O.G. Comex
Travailleurs des grands fonds Plongeurs professionnels ou hyperbaristes… Des quatre coins du globe, ils viennent se former à l’Institut national de plongée professionnelle à Marseille. Il en existe seulement deux dans le monde : l’un à la Pointe-Rouge à Marseille, l’Institut national de plongée professionnelle et l’autre à Fort- Williams en Ecosse. À Marseille, 500 à 600 stagiaires s’y forment chaque année. La plupart pour devenir scaphandrier ou pilote de navires sousmarins civils. D’autres pour apprendre à travailler en milieu pressurisé, mais au sec, dans les mêmes conditions qu’en eaux profondes. Mais tous pour exercer des métiers à risques pour lesquels les conditions de sécurité doivent être assurées. Creusement de tunnels, essais dans les avions pressurisés, vérification de fuites dans les centrales nucléaires… Toutes ces activités exigent une formation identique à celles des plongeurs professionnels. « La maison des scaphandriers » Pour assurer ces formations exceptionnelles, l’INPP, fort d’une équipe de 43 personnes, dispose de drôles d’engins comme ce navire conçu pour la plongée profonde permettant de vivre en pression et doté d’une tourelle pour descendre à 100 mètres ou encore ce simulateur de réacteur d’une hauteur de 10 mètres pour former les techniciens de Total à L’AVENTURE DE LA PLONGÉE ALAIN TOCCO, MÉMOIRE DE LOUP intervenir dans les réacteurs de raffineries de pétrole, une formation unique au monde. « Une cinquantaine de pilotes de Canadairs viennent également en entraînement pour des stages de survie en mer », explique sans sourciller Paul Gavarry, directeur de l’INPP. Ce vieux loup de mer, plongeur professionnel, ancien commandant dans la Marine nationale, a pris les rênes de l’établissement à ses débuts au milieu des années 80 : « C’est l’essor de l’activité pétrolière off shore qui a poussé l’Etat à se doter d’un institut national de formation en 1982 », se souvient-il. Paul Gavarry parle de la « maison des scaph » comme d’une famille : « Ici, il n’y a pas de tricheurs. » Les plus grands plongeurs « Ce sont des métiers de passion, poursuit-il. Quand un gars doit travailler 6 à 7 heures en eaux profondes, dans des courants froids, sans visibilité, il vaut mieux avoir une bonne maîtrise de soi » explique t-il. Lui qui a vu passer dans ses rangs les plus grands plongeurs, des aventuriers ou encore les premiers océanautes, défend avec vigueur l’esprit de solidarité des scaphandriers. n Pascale Hulot Précédé par sa réputation de « figure » d’ancien de la Comex et de sa rigueur militaire, Alain Tocco n’aime pas faire état de ses exploits, mais il vous entraîne volontiers dans son univers. À 76 ans, les grands fonds, il connaît. Le petit Marseillais, d’origine italienne, élevé par une maman seule, a écumé les mers du monde. Il a plongé pour des chantiers, puis des films documentaires, pour le cinéma aussi. Cinéaste amateur et autodidacte devenu spécialiste, il est le Monsieur Cinéma de la célèbre société d’ingénierie marseillaise. Aujourd’hui, dans une condition physique éblouissante, il numérise, préserve et diffuse le fonds d’images qu’il a lui-même réalisées et qui ont contribué à faire connaître le monde du silence. Prises de vues et de sons sous-marins, post-synchronisation, entraînements de cosmonautes, chantiers, doublure sous-marine de Christophe Lambert dans « Grand Nord », il passe d’anecdotes cocasses en vraies aventures, que ce soit dans la grande bleue ou sous d’autres latitudes. Les plongeurs professionnels sont, à plus d’un titre, des hommes méticuleux que le courage n’aveugle pas. Bien au contraire. Notre loup de mer possède un don de mémoire, quasi-photographique. Après 25 ans d’archives de la Comex, Alain Tocco reste l’un des grands témoins de la fabuleuse épopée sous-marine des années 70 à 90. M.R. INPP 7UN CENTRE D’OCÉANOLOGIE INTERNATIONAL Le Centre d’Océanologie de Marseille est une école de l’Université de la Méditerranée et un Observatoire des Sciences de l’Univers du CNRS. Le centre naît avec la construction du premier bâtiment de la Station Marine d’Endoume sous la houlette d’Antoine Fortuné Marion. Depuis, les travaux de recherche réalisés dans ses laboratoires sont reconnus par la communauté scientifique et recouvrent l’ensemble des thématiques relevant des Sciences de la Mer. Une vocation qui lui confère un rayonnement international conduisant à de nombreuses collaborations avec des Universités françaises et étrangères. ACCENTS• 7 Comex



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :