[13] Accents n°200 septembre 2010
[13] Accents n°200 septembre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°200 de septembre 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Bouches-du-Rhône

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : pour l'égalité au collège.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’ESTHÉTIQUE DES COLLÈGES Voici un bel ouvrage, destiné à tous les maires du département, aux collèges et aux parents d’élèves. Réalisé par les services du Conseil général des Bouches-du-Rhône, en étroite collaboration avec le CAUE*, ce livre intitulé « Tant de choses sur les collèges du 13 » donne à découvrir « qu’un collège est aussi un signe architectural fort dans un quartier, un village, une ville » explique Janine Ecochard, vice-présidente du Conseil général déléguée à la politique des collèges et d’accompagnement à l’éducation. « Le Conseil général, quand il construit un collège, prépare l’avenir en misant sur l’éducation. C’est ce que donne à voir ce livre car un beau collège concourt à la bonne pratique pédagogique. » « Tant de choses sur les collèges du 13 ». Les Editions générales * Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement 6• ACCENTS « Il faut transformer le collège » Hubert Montagner, professeur des universités en retraite, ancien directeur de recherche à l’Inserm. Accents : De nombreux enfants de 11 ans entrent au collège. Sont-ils préparés à ce grand changement ? Hubert Montagner : L’école en France, de la maternelle au lycée, et même l’université, n’est pas conçue pour l’enfant ou l’adolescent. Elle ignore l’enfant qui se cache derrière l’élève. C’est une grave erreur humaine et pédagogique. Au collège, on impose du jour au lendemain, de but en blanc, des journées impossibles, avec des changements de classes et de professeurs. Avec également des disciplines qui nécessitent un fort investissement. Je le dis donc sans détour : on maltraite nos enfants ! A : Vous êtes très sévère avec le système actuel. Où est-il défaillant selon vous ? H. M. : On sait que l’échec à l’école ou au collège ne résulte pas de déficits dans les moyens intellectuels. Le matin, nombreux sont les enfants très insécurisés par ce qu’ils ont vécu dans la famille (maladie, chômage, pauvreté, conflit, manque de sommeil) qui arrivent avec la peur au ventre : le système actuel est incapable de prendre en compte cette réalité. Même les meilleurs pédagogues et enseignants du monde ne peuvent y arriver. A : Que préconisez-vous alors ? H. M. : Il faut repenser les programmes en prenant en compte toutes les dimensions d’un 7 DR enfant : un enfant n’est pas seulement un élève, c’est un être social, civique. Et aux collèges, ce sont des adolescents en pleine puberté, avec un développement fabuleux qui fait qu’ils ne sont plus les mêmes. Il faut donc transformer le collège, exiger des équipes éducatives une baisse des charges de travail et une modification totale des emplois du temps. A : Et plus concrètement encore ? H. M. : Au sein des établissements, les collégiens doivent avoir le sentiment et plus encore la certitude d’être écoutés et entendus. Il faut créer des lieux sacralisés où ils peuvent exprimer et évacuer leurs angoisses, leurs peurs. Je crois également qu’il leur faut des espaces sous leur propre responsabilité, avec la collaboration discrète d’un adulte. Mais j’invite vraiment les parents d’élèves à s’élever contre ce système qui ne fonctionne plus. n Propos recueillis par Christine François-Kirsch Auteur de « L’enfant : la vraie question de l’école » et « L’arbre enfant. Une nouvelle approche du développement de l’enfant «, Ed. Odile Jacob. DES COLLÈGES TESTENT LES NOUVEAUX RYTHMES Le ministère de l’Éducation nationale a installé en juin 2010 un comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires. La réflexion s’appuie notamment sur l’expérimentation d’un nouveau rythme dans 100 collèges et lycées : cours le matin, activités sportives et culturelles l’après-midi. Les pistes de travail issues de cette réflexion sont attendues courant 2011.
Rythmes scolaires/Ce qu’ils en pensent Les représentants des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône livrent leurs réflexions sur un sujet qui ne manquera certainement pas de faire débat lors de cette nouvelle année. Cécile Vignes, présidente de la Peep 13 (Fédération des Parents d’élèves de l’enseignement public). D’une manière générale. De la maternelle au lycée, les rythmes scolaires ne sont plus adaptés aux enfants. Notre fédération a toujours été favorable aux 9 demi-journées à répartir dans la semaine. Depuis peu, cette organisation est à nouveau encouragée mais seul le conseil d’école peut en décider. Or, on a supprimé le samedi matin et mis en place un aménagement favorable aux adultes mais pas aux enfants. Et on ne pourra plus revenir en arrière sur le samedi matin. Nous sommes donc pour une nouvelle organisation des rythmes scolaires avec des journées plus courtes et notamment l’après-midi des activités sportives et culturelles. Les journées de nos enfants sont trop chargées et on sait que cela a une influence sur leurs résultats. Horaires de cantines, heures de cours… Ces rythmes induisent une certaine violence scolaire. En quelque sorte, ils l’institutionnalisent. L’exemple du collège Entre les heures de cours, les devoirs, le transport et les activités extra-scolaires, les collégiens font des semaines que les adultes ne voudraient pas subir. Dans ce cadre, comment voulez-vous en classe consacrer du temps au débat, à l’ouverture sur le monde, à la culture des adolescents ? Il n’y a pas de place pour une pédagogie différenciée. Résultat : les élèves surtout au collège sont démotivés par cet enseignement qui n’est pas adapté à leurs réalités. C’est ainsi qu’on constate désormais une forte progression de l’absentéisme au collège. Tout se tient : les rythmes scolaires, l’absentéisme, l’échec, la violence… La question des moyens C’est un faux problème. Il faut être ambitieux pour nos enfants et investir dans l’école qui est le fondement même de nos sociétés. Les élèves d’aujourd’hui vont assumer les générations de demain. Christine Contreras, présidente de la FCPE 13 (Fédération des conseils de parents d’élèves). D’une manière générale. Nous avons toujours défendu la semaine de 9 demi-journées à répartir. Puis finalement, on a supprimé le samedi matin pour aboutir à une semaine de 4 jours qui satisfait les familles et les enseignants mais pas les enfants. Notre fédération n’est pas forcément contre une autre organisation des rythmes scolaires mais les décisions doivent être prises après une large concertation qui associe l’ensemble de la communauté éducative : parents, enseignants, collectivités territoriales et pourquoi pas des collégiens et des lycéens, ils sont les premiers concernés. Notre crainte est qu’à moyens constants, sans personnel formé, les activités sportives et culturelles ne soient plus assurées que par des associations. Or, c’est à l’État dans le cadre de ses fonctions régaliennes pour l’Éducation de répondre aux besoins des élèves. L’exemple du collège Il n’est pas possible de supprimer des heures de cours aux collégiens. Il faudrait plutôt alléger les après-midi en favorisant les apprentissages par demi groupes par exemple, permettant plus de proximité avec les enseignants et une pédagogie différenciée. Pour lutter contre l’échec et la violence scolaire, il faut plus d’adultes, de personnels formés surtout au collège. La question des moyens Elle se pose réellement. Il y a un problème de moyens techniques mais également de moyens d’encadrement. Sur le papier, le principe de cours le matin et d’activités l’après-midi, c’est bien mais cela ne correspond à aucune réalité. Comment va-t-on faire pour mettre chaque après midi, un collège de 500 élèves sur les stades, dans les piscines, dans les gymnases ou dans des activités culturelles ? Et avec quel encadrement ? n Propos recueillis par Pascale Hulot DE L’ÉCOLE AU COLLÈGE, IDÉE À SUIVRE Aude Farkas, président de l’APEL de l’académie d’Aix-Marseille (Association de parents d’élèves de l’enseignement libre) « L’entrée au collège est une étape difficile pour les parents comme pour les enfants. C’est pourquoi, l’APEL travaille sur la relation entre l’école et le collège par l’organisation du tutorat des élèves de 6 e envers ceux de CM2, de semaines de découverte et de rencontres avec les enseignants, de journées portes ouvertes…Ce n’est qu’après que les élèves peuvent entrer dans le vif du sujet. Globalement, avec cette approche, on constate moins de difficultés dans le passage de l’école au collège. » ACCENTS• 7



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