[10] l'Aube nouvelle n°110 déc 19/jan-fév 2020
[10] l'Aube nouvelle n°110 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°110 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aube

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : stratégie 2100, agir pour l'eau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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explorer 18 Marguerite Bourgeoys, de Troyes à Montréal Au XVII e siècle, la Troyenne Marguerite Bourgeoys cofonde Montréal, avec l’Aubois Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance, de Langres. À la fois intendante et « mère » de la colonie, elle jette les bases de l’éducation au Canada. Il est des rencontres qui influent sur le cours d’une existence. Pour Marguerite Bourgeoys, croiser la route de Louise de Chomedey, en 1640, fut déterminant. Cette religieuse de la congrégation de Notre-Dame de Troyes dirige alors la communauté externe au sein de laquelle la jeune Troyenne, avec d’autres laïques, enseigne aux enfants des quartiers pauvres. C’est Louise qui la met en relation avec son frère, Paul de Chomedey de Maisonneuve, premier gouverneur de Ville-Marie (la future Montréal), poste avancé de la Nouvelle-France. Se sentant appelée à la vie missionnaire, confortée par une apparition de la Vierge qui lui dit  : « Va, je ne t’abandonnerai pas », Marguerite convainc Maisonneuve de l’emmener au Nouveau- Monde, pour instruire la colonie naissante. Âgée de 33 ans, Marguerite Bourgeoys quitte Troyes en 1653. Elle s’embarque à l’été pour une traversée longue et périlleuse, au cours de laquelle elle s’emploie à soigner ses compagnons de voyage – une centaine de gaillards, habiles de leurs mains et sachant manier les armes. Maisonneuve les a recrutés pour venir à la rescousse des quelque 50 premiers habitants. Marguerite arrive avec eux à Ville-Marie en novembre 1653. Quatre années vont s’écouler avant qu’il lui soit possible de se vouer à l’éducation chrétienne des enfants. Et pour cause, la première naissance n’a eu lieu qu’en 1648 ! Une première école, dans une étable Qu’à cela ne tienne, celle que l’on surnomme bientôt la « bonne sœur Bourgeoys » s’occupe de l’intendance, défriche, visite les malades, ensevelit les morts. Il faut dire que la petite colonie doit affronter bien des périls. Le climat – particulièrement froid l’hiver, et fort humide l’été, avec des insectes qui pullulent – met à mal les organismes des Français. La proximité du fleuve
J.-L. Perry Marguerite Bourgeoys, entourée d’Amérindiens et de Canadiens. Fresque (2013) de Pierre Lussier, basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, Québec, Canada. Saint-Laurent expose aux inondations, ainsi qu’aux attaques des Iroquois. Ces conditions de vie extrêmes favorisent une ferveur religieuse que Marguerite encourage, dès son arrivée. Elle mobilise ainsi les colons autour de la construction d’une chapelle, d’abord en bois, puis en pierre. Incendiée, rebâtie, remaniée et restaurée, Notre-Dame-de-Bon-Secours, dédiée aux marins, est toujours debout, face au fleuve, dans ce quartier où Marguerite a vécu et œuvré jusqu’à sa mort en 1700. Depuis 2005, ce lieu de culte abrite d’ailleurs les reliques de l’audacieuse Troyenne. Marguerite accueille les « Filles du Roy » (orphelines de France). Elle ouvre des ateliers où elle leur apprend la cuisine, la couture, afin de les préparer à être des épouses et des mères accomplies. Puis, elle les aide à prendre mari. En 1658, une première école ouvre dans une étable. Il s’en crée d’autres. L’enseignement est gratuit, bienveillant, pour les enfants de la colonie, comme pour ceux des autochtones. La première communauté de femmes non cloîtrées Avec d’autres compagnes partageant sa vision éducatrice, qu’elle est allée quérir en France, Marguerite Bourgeoys fonde la première communauté de femmes non cloîtrées. Reconnue par les autorités ecclésiastiques deux ans seulement avant la mort de sa fondatrice, la congrégation de Notre-Dame est aujourd’hui présente dans huit pays sur quatre continents, là où il y a « quelque bien à faire ou quelque œuvre de charité à exercer », selon le précepte de leur mère spirituelle. Figure incontournable de l’histoire du Canada, Marguerite Bourgeoys est béatifiée en 1950, ce qui donne lieu à « des fêtes splendides dans la cathédrale », rapporte monseigneur Le Couëdic, évêque de Troyes. Elle est ensuite canonisée en 1982 par L’Aube nouvelle/hiver 2019-2020/n°110 Marguerite Bourgeoys et trois enfants (1982). Groupe sculpté de Geneviève Bourdet, église Saint-Jean-au-Marché, Troyes. BC Image FSVP Un vitrail en hommage Souscription À l’occasion du 400 e anniversaire de sa naissance, à Troyes, le Comité Marguerite Bourgeoys a souhaité perpétuer la mémoire de la cofondatrice de Montréal par une œuvre d’art s’inscrivant dans le patrimoine et le savoir-faire locaux. Il en a confié la réalisation à la maître verrière auboise Flavie Serrière Vincent-Petit. L’œuvre – un vitrail peint sur plusieurs volets – devrait prendre place dès avril prochain, dans l’église Saint-Jean-au-Marché (Troyes), où la courageuse éducatrice fut baptisée. Tel un livre ouvert à hauteur de regard, ce polyptyque encadrera les statues, déjà présentes, de Marguerite Bourgeoys et de la Vierge Marie, qui lui a inspiré sa vocation. Pour financer cette œuvre, le Comité a ouvert une souscription auprès de la Fondation du patrimoine. Chacun peut, à sa mesure, participer à ce beau projet collectif. ↗ Toutes les modalités de la souscription (réduction d’impôt) sur www.fondation-patrimoine.org/61198 ↗ Comité Marguerite Bourgeoys. Tél.  : 06 74 88 97 55. le pape Jean-Paul II. Première sainte du Canada, sa fête est célébrée le 12 janvier. En avril 2020, pour le 400 e anniversaire de la naissance de cette femme d’exception, un pèlerinage conduira des Québécois à Troyes. Avant de se rendre à Neuville-sur-Vanne (patrie de Maisonneuve), à Langres (ville natale de Jeanne Mance) ainsi qu’à Clairvaux, ces cousins de la Belle Province marcheront dans les pas de celle qui est née rue Urbain-IV, à l’arrière de l’échoppe de son père – artisan monnayeur et chandelier de son état – laquelle donnait sur le chantier de l’actuel hôtel de ville. Ils se recueilleront en l’église Saint‐Jean‐au‐Marché, là où Marguerite fut baptisée, le jour même de sa naissance, le 17 avril 1620. Sur le mur extérieur, une plaque rappelle aux passants cet événement. L’édifice recèle, quant à lui, une statue de Marguerite accompagnée de trois enfants. Sculptée par Geneviève Bourdet, l’œuvre fut financée par les sœurs de la Congrégation, à l’occasion de la canonisation de Marguerite Bourgeoys. Si, à Troyes, une rue et un collège privé portent le nom de cette Auboise visionnaire, il ne reste plus trace du « Beau Portail » de l’abbaye de Notre‐Dame-aux-Nonnains où la Sainte Vierge lui a souri, la première fois, ce dimanche 7 octobre 1640, alors qu’elle se rendait en procession au couvent des Jacobins. Marie-Pierre Moyot ↗ Musée Marguerite Bourgeoys et chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, Montréal. www.marguerite-bourgeoys.com ↗ Congrégation de Notre-Dame. www.cnd-m.org ↗ Église Saint-Jean-au-Marché, place du Marché au pain, Troyes (ouverte l'été). 19



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