[10] l'Aube nouvelle n°110 déc 19/jan-fév 2020
[10] l'Aube nouvelle n°110 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°110 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aube

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : stratégie 2100, agir pour l'eau.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« grand angle Il est un enjeu qui me semble incontournable, qui doit dorénavant être présent dans chacune de nos réflexions et de nos actions, c’est celui de l’adaptation au changement climatique », déclarait Nicolas Juillet, en juin 2018, lors de l’assemblée générale du SDDEA qu’il préside. À ceux qui, « comme [lui], il y a quelque temps encore, ne se sentaient pas vraiment concernés ou d’un peu loin », le président de la commission Environnement, cadre de vie, aménagement numérique et agriculture au Conseil départemental a rappelé les projections d’ici à 2100 sur le climat et l’eau, sur le bassin Seine-Normandie dont l’Aube fait partie. Le XXII e siècle devrait voir la température de l’eau s’élever de 2 °C, les précipitations diminuer d’environ 12% et l’évapotranspiration*, de près de 23%. Le débit des rivières se réduirait de 10 à 30% et le rechargement des nappes, de 30%. « C’est colossal ! », s’est ému Nicolas Juillet. Parallèlement, les phénomènes extrêmes s’intensifieraient  : sécheresses et fortes pluies. Tout le territoire de l’Aube serait concerné. Certains secteurs, qui sont déjà en tension quantitative (côte des Bar, pays d’Othe), passeraient en manque d’eau chronique. Les enjeux sont majeurs. Moins d’eau dans les nappes et les rivières, c’est moins d’eau potable, mais c’est aussi moins d’eau pour l’agriculture, * Quantité d’eau transférée vers l’atmosphère par l’évaporation au niveau du sol, des nappes liquides et de la transpiration des végétaux. 12 LES PRÉCIPITATIONS DIMINUERONT AINSI QUE LE DÉBIT DES RIVIÈRES ET LE RECHARGEMENT DES NAPPES. Projections d’ici à 2100 de l’Agence de l’eau Seine-Normandie l’industrie, les loisirs. Moins d’eau, c’est une eau plus facilement contaminée. Moins d’eau et une eau plus chaude, c’est une menace pour la biodiversité. Avancement des vendanges de presque un mois en quelques décennies, allongement et multiplication des canicules (deux déjà en 2019). Pour Nicolas Juillet, le changement climatique est déjà effectif. « Nous n’avons pas le droit de faire la politique de l’autruche ! », devait-il conclure en annonçant que le Syndicat – « un outil au service des territoires » – allait s’emparer du sujet. Créé en 1943, par des élus précur seurs, le SDDEA a vu ses missions s’élargir (lire cicontre), au gré des réformes territoriales, à tel point qu’il maîtrise aujourd’hui le cycle complet de l’eau. Une démarche novatrice En juin 2019, le SDDEA a adopté un plan d’actions baptisé Stratégie 2100. Ce programme vise à mettre en œuvre une politique publique efficace qui repose sur une gestion intégrée et durable du cycle complet de l’eau et qui implique tous les acteurs du territoire. « Il s’agit d’anticiper les effets du changement climatique, d’assurer une continuité de service dans les usages de l’eau, de préserver, voire de restaurer les masses d’eau et cours d’eau et de prévenir les inondations, tout en adoptant des pratiques vertueuses », détaille Stéphane Gillis, directeur général du SDDEA. La démarche – novatrice, et rare à l’échelon d’un syndicat départemental – a reçu le soutien de l’État, du Département de l’Aube (lire p.14),
SDDEA Les embâcles requièrent une vigilance constante. Certains contribuent à maintenir l’étiage ou protègent la biodiversité. Ceux qui constituent une menace sont enlevés. de la Région Grand Est et de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Aux yeux de certains, 2100, cela peut paraître loin. Or, « nombre d’études projettent à cet horizon, explique Étienne Bour, responsable Développement durable au SDDEA. En matière d’investissement, 80 ans – soit le temps qui nous sépare de l’année 2100 – est aussi une durée pertinente. » Nicolas Juillet abonde  : « De quoi aurons-nous l’air si les conduites que nous créons aujourd’hui, pour des sommes importantes, ne sont plus alimentées demain, parce que les forages ne fourniront plus assez d’eau ? » Et de préciser que la plupart des infrastructures en place ont peu ou prou 80 ans. Si, pour nombre d’entre nous, ouvrir le robinet est aussi évident que d’appuyer sur l’interrupteur électrique, l’historien local Gérard Schild rappelle que, « jusqu’au XIX e siècle, les Troyens ne disposent que de l’eau des puits pour leur alimentation et leurs besoins domestiques. En 1851, un premier réseau – financé grâce au legs du philanthrope Jaillant-Deschainets – distribue l’eau de la Seine à des bornes-fontaines. » Ce n’est qu’au tournant du XX e siècle que l’eau est captée sous terre, acheminée, stockée dans le premier réservoir (semi-enterré) des Hauts-Clos, puis distribuée à domicile. Les campagnes, quant à elles, ne seront progressivement alimentées en eau potable qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, grâce au Conseil général. Il faudra toutefois attendre 1995 pour que la totalité des communes soit desservie. En matière d’assainissement, c’est seulement dans les années 1910 que le tout-à-l’égout a remplacé, à Troyes, le « tout-à-la-rue ». Évaluer l’efficacité de la politique de l’eau La Stratégie 2100 va se traduire par trois actions phares, complémentaires  : une étude d’impact, l’élaboration de schémas visant à pérenniser les infrastructures de production et de SDDEA EAU POTABLE Dans l’Aube, l’eau du robinet provient exclusivement des eaux souterraines. L’eau brute est analysée et, si besoin, traitée. Pour préserver sa qualité, l’eau est chlorée, puis stockée dans des réservoirs, avant d’être distribuée à la population. L’Aube nouvelle/hiver 2019-2020/n°110 Les équipes du SDDEA (303 agents) exploitent les installations de production, réparent les réseaux, effectuent des contrôles, afin de garantir un accès en continu à une eau de qualité. Les missions du SDDEA SDDEA ASSAINISSEMENT Les eaux usées ne sont pas directement rejetées dans la nature. Elles sont soit collectées, pour être traitées dans une station d’épuration (assainissement collectif), soit épurées dans une fosse (assainissement non collectif). distribution, et une réflexion territorialisée sur l’aménagement des espaces en amont des captages, afin de protéger la ressource. S’agissant de l’étude des effets du changement climatique sur les ressources en eau, un premier « état des lieux de la connaissance », sur six ans, sera réalisé par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). L’objectif est, à terme, de modéliser des scénarios et de faciliter l’échange de données. « C’est la première fois qu’un institut de recherche national se penche sur la ressource en eau à un échelon aussi local », souligne Christophe Cailleux, directeur adjoint du Patrimoine au SDDEA, qui voit, dans cette collaboration, un gage de reconnaissance et de visibilité, pour l’initiative auboise. L’année 2020 verra aussi la création d’un Observatoire de l’eau. « Cette instance réunira de très nombreux acteurs, qui prendront le temps d’aborder les sujets, de travailler sur le fond, de faire des propositions et d’évaluer l’efficacité de la politique publique de l’eau », explique Stéphane Gillis. En œuvrant, depuis 2018, à la gestion des milieux aquatiques et à la prévention des SDDEA DÉMOUSTICATION Pour éviter la prolifération du Aedes (le moustique de nos campagnes) dans les vallées de la Seine et de l’Aube, le SDDEA traite, avec un produit biologique, les gîtes de l’insecte, lors de l’éclosion des œufs. La réduction des eaux stagnantes et la réintroduction de prédateurs du moustique contribuent à limiter l’infestation. SDDEA SDDEA COURS D’EAU Entretenir, aménager et restaurer les cours d’eau et leur bassin, prévenir les inondations, protéger les zones humides et leur écosystème  : toutes ces actions s’inscrivent dans une gestion durable de l’eau. Pour les mener à bien, collectivités et propriétaires privés peuvent s’appuyer sur les compétences du SDDEA. 13



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