[08] Les Ardennes en marche n°44 sep/oct/nov 2016
[08] Les Ardennes en marche n°44 sep/oct/nov 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de sep/oct/nov 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Ardennes

  • Format : (215 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 82,5 Mo

  • Dans ce numéro : les Ardennes, tournés vers le développement durable.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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un jour avec... 40 10h  : Mailly-le-Camp, jeudi ter septembre. Depuis le début de la semaine, la 4e compagnie de combat du génie de Charleville-Mézières effectue un stage d'entraînement. Objectif  : préparer les troupes avant leur déploiement en opération extérieure. Cela fait plus de 100 ans que cette commune auboise abrite une importante zone dédiée aux manoeuvres militaires. Combinant terrains vagues et reliefs, les 11.000 hectares disponibles donnent la possibilité aux militaires venus de toute la France d'évoluer dans des conditions proches de ce qu'ils peuvent être amenés à découvrir lors d'opérations extérieures. Dortoirs, salle commune... les équipements sont spartiates. « Et encore, on a un lit ! », ironise le capitaine Richard. C'est lui qui, depuis avril dernier, est à la tête de cette nouvelle compagnie. Arrivé au 3e RG en 2010 en tant que chef de section, il a été officier adjoint à la 3e compagnie de combat du génie, puis a pris le commandement de la 4e CCG. 11h15  : départ en P4 (un 4x4 militaire qui mise plus sur la praticité que sur le confort) pour la zone d'exercices. Sur place, les militaires manipulent avec prudence leur matériel  : et pour cause, il s'agit tout simplement d'explosifs ! LES ARDENNES EN MARCH  : L'unité se rassemble sur la zone de mise en oeuvre. Le lieutenant qui commande l'exercice commence par briefer ses hommes  : « L'objectif de cette manoeuvre consiste à détruire un blindé à l'aide de charges explosives. On va d'abord faire une reconnaissance des lieux  : il faut vérifier le périmètre entre la zone de mise en oeuvre et le chemin de repli. » Il existe deux sortes de charges spéciales  : perforantes (avec un impact dirigé vers le sol, idéales pour percer les blindages) et coupantes (la charge se répartit sur la longueur et déchire complètement la surface). Les explosifs utilisés n'ont pas la même puissance ; pour le lieutenant, c'est un moyen de montrer concrètement à ses hommes les caractéristiques de chacune des charges. Après avoir fixé les explosifs sur la cible, les soldats relient chacune des 4 charges entre elles afin qu'elles explosent simultanément. Le détonateur sera activé grâce à une impulsion électrique. La zone de repli est située à 150 mètres de distance de la cible. Dans un VAB (véhicule de l'avant blindé, l'un des moyens de transport parmi les plus polyvalents de l'armée de terre), une poignée d'hommes attendent l'ordre de mise à feu. « Après avoir sécurisé une dernière fois les lieux, c'est le lieutenant qui nous donnera le signal », explique l'un des hommes. Quelques secondes après, coup de sifflet du lieutenant  : la mise à feu va avoir lieu. Plus que l'explosion en elle-même, c'est surtout l'effet de souffle qui impressionne, ce que les militaires appellent le "blast". Quelques minutes plus tard, le groupe retourne sur les lieux de l'explosion pour constater les dégâts. Et il y en a ! Les charges coupantes ont propulsé une partie de l'arrière du véhicule à plusieurs mètres tandis que les perforantes ont laissé de beaux impacts sur le reste de carcasse du blindé... Pour le lieutenant, l'exercice est un succès  : « Ce qui est important, c'est de bien transmettre les gestes, pour permettre aux hommes de restituer leurs savoir-faire en situation réelle. » 14h  : pause repas, avec les rations militaires. Au menu  : salade à l'italienne,
pâté, biscuits et barre de chocolat. Le capitaine Richard en profite pour expliquer le concept de rusticité  : « Quand on intègre l'armée, il ne faut pas s'attendre à manger à midi pile tous les jours. On doit apprendre à faire avec le froid, la chaleur ou la faim. Une fois sur le terrain, vous oubliez tout le confort de la vie courante. Vu de l'extérieur, cela peut paraître dur, mais c'est indispensable pour les préparer au mieux à leur future vie de militaire. » Le capitaine Richard a l'habitude des opérations extérieures  : lui qui ne se destinait pourtant pas à une carrière militaire, est déjà parti en Afghanistan, au Kosovo ou en République Centrafricaine. 15h  : la chaleur continue de monter, « mais cela n'a encore rien à voir avec les températures qu'on peut subir sur certains théâtres d'opération ! », reprend le commandant. Nouvel exercice  : le tir à la mitrailleuse 12.7, une arme redoutable face à un véhicule blindé léger. Pour beaucoup de soldats, il s'agit là d'une première. Trois armes sont installées  : 2 au sol et une autre positionnée sur le VAB, protégée par un bouclier et pouvant couvrir quasiment 360°. A l'horizon, les premières cibles se lèvent, à environ 600 mètres de distance. Accroupis, les pieds collés à la mitrailleuse lourde, les tireurs se préparent  : concentration, ajustement, ils n'attendent plus que l'ordre de leur supérieur. « Disposition de combat ! », lance le lieutenant qui supervise l'exercice. A son signal, les premiers tirs se font entendre. Au coup par coup, pour commencer, puis par rafales de 2 ou 3 tirs. « Ne change pas ta visée, une fois que tu l'as, tu la gardes ! », conseille un militaire à l'un des tireurs. L'entraide et la solidarité sont de vraies valeurs que partagent les militaires. « C'est nécessaire, car une fois en op'ex'(opération extérieure,ndlr), on a besoin de pouvoir compter les uns sur les autres, explique un soldat. Si l'un de nous ne va pas bien, ça peut mettre en péril l'équipe, voire la mission. » En tout, lors de cet exercice de perfectionnement au tir, plus de 3.000 munitions ont été utilisées. 16h45  : un peu plus loin, d'autres militaires s'entraînent au maniement du lance-roquette et du FR F2, deux armes destinées au tir à distance. Ici, les cibles sont déjà à plus d'un kilomètre ! A la fin de l'exercice, le capitaine Richard semble satisfait de ses troupes  : « Globalement, on a de très bons tireurs, surtout pour une première fois. Mes hommes viennent de tous horizons et ont des bagages complètement différents  : certains n'ont aucune formation, d'autres ont un Bac +3, il y en a qui ont le permis de chasse. Notre rôle, c'est de repérer leurs atouts "civils" et de les valoriser. Car on a besoin de toutes les compétences. Ce qu'on recherche avant tout au 3, c'est la polyvalence. C'est ça, la spécificité et l'intérêt du génie combat. Chaque homme doit être capable de poser une charge explosive, de tirer à la 12.7 ou au FR R2, de lancer une grenade. » Cette journée marquait la fin de la semaine d'entraînement pour les hommes du « 3 ». Le lendemain, ils regagnaient les Ardennes. Une grande partie du régiment participera ensuite à des opérations extérieures à travers le monde (République Centrafricaine, Mali, Tchad, Liban, Sénégal, mais aussi Guyane, Polynésie française, Mayotte et les Emirats arabes unis). LES ARDENNES EN MARCHE 41



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