[07] Reliefs n°95 sep/oct/nov 2019
[07] Reliefs n°95 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°95 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ardèche

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : ensemble pour l'Ardèche en transition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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'relies'I I m I PARTICULIERS, PROFESSIONNELS, ÉLUS… TOUS IMPLIQUÉS Eduquer et impliquer l’ensemble des citoyens dans la transition, économiser et partager la ressource en eau, économiser l’énergie et produire de l’énergie renouvelable sont des enjeux majeurs qui guident les actions mises en œuvre dans le CTE. On compte sur vous tous ! Economiser la ressource L’Ardèche connaît des déficits en eau chroniques et parfois sévères entraînant des conséquences environnementales mais aussi socioéconomiques puisque des mesures de restrictions des usages sont prises en moyenne 7 années sur 10. Si les bassins versants concernés disposent d’outils de régulation comme les plans de gestion en ressource en eau (PGRE), des actions de sensibilisation et d’information des consommateurs pour économiser l’eau par des changements de comportement sont nécessaires. Ainsi, dans le CTE, plusieurs acteurs ardéchois (collectivités locales, syndicats de rivières) proposent des actions dans ce sens sur leur territoire, à destination des particuliers (lettres d’information, dépliants, animations pédagogiques auprès des scolaires, événementiels…) et les incitent par ailleurs, ainsi que les collectivités et les professionnels (touristiques, notamment) à s’équiper en dispositifs hydro-économes… subventionnés à hauteur de 80% ! Même préoccupation du côté de l’office public de l’habitat Ardèche Habitat, qui, avec son parc de logements locatifs qui accueille plus de 12 000 occupants, va promouvoir la sobriété écologique dans les gestes du quotidien… et son impact sur les budgets ! Sensibilisation aux écogestes, réunions tuperwatt, formations des gardiens et des chargés de gestion locative… Ardèche Habitat va jouer le grand jeu de la transition ! Nicolas Ansourian P 20 N°95 SEPTEMBRE/OCTOBRE/NOVEMBRE 2019 GRAND ANGLE Développer le tourisme responsable Inventer le camping de demain… Filière stratégique pour le tourisme ardéchois, l’hôtellerie de plein air fournit 60% de la capacité d’hébergement et représente plus de la moitié de l’économie du tourisme marchand en Ardèche. « Alors qu’elle a su se renouveler ces dernières années en investissant dans les mobil-homes, habitations légères de loisirs, piscines, spas, centres aquatiques…, la filière doit aujourd’hui inventer ce qu’elle sera demain, en intégrant les enjeux liés à la transition écologique » explique Rémi Peschier, président de la Fédération régionale de l’hôtellerie de plein air Rhône- Alpes (FRHPA). Epuisement des disponibilités du foncier, contraintes d’intégration paysagère, renchérissement des coûts énergétiques, raréfaction de la ressource en eau… sont en effet autant de réalités à prendre à compte « pour garantir la pérennité et la durabilité de notre activité » précise-t-il. Une action inscrite au CTE, portée conjointement par l’Agence de développement touristique de l’Ardèche (ADT07) et la FRHPA Rhône-Alpes, prévoit d’imaginer quelle pourrait être, au sein des campings, la future offre locative d’hébergement qui prenne en compte ces nouveaux défis environnementaux tout en garantissant la viabilité économique des établissements. Un diagnostic de la situation actuelle, puis le lancement d’un appel à projets auprès d’architectes et designers devraient permettre de concevoir des prototypes d’habitations plus adaptés. Les bivouacs de Gaud et Gournier, dans les Gorges de l’Ardèche, pourraient accueillir ces premiers prototypes et devenir ainsi le lieu vitrine du département dans la prise en compte de ces enjeux de la transition.
Shutterstock RÉDUIRE L’IMPACT ÉCOLOGIQUE À TRAVERS DES MOBILITÉS INTELLIGENTES Le groupe Delmonico Dorel, présent en Ardèche et dont une des filiales spécialisées dans le transport de marchandises est implantée à Andancette (26), sera le pilote d’une action CTE Ardèche. Cette action vise à mettre en place des solutions alternatives à la route... en 2019, la flotte de véhicules de la société a parcouru près de 2 millions de kilomètres. Aujourd’hui cette société s’engage à réduire l’émission de GES en développant le transport fluvial pour porter sa part de fret non routier à 10% d’ici 2023. Sébastien Micoulet, directeur Transport et Environnement dans l’entreprise explique  : « Le groupe possède actuellement deux péniches et un pousseur. L’objectif est donc de faire ‘’basculer » au moins 195 000 km routiers en kilomètres fluviaux d’ici 4 ans. » Pour atteindre cet objectif, l’entreprise va réajuster son plan commercial en proposant une offre ‘’route », notamment avec des camions roulant au gaz naturel compressé, combinée à l’offre ‘’fluvial » pour une alternative concrète. « Aujourd’hui il faut se donner les moyens et engager une mutation profonde pour que l’offre ‘’route » cesse d’être ‘’trop » compétitive par rapport au fluvial » conclut Sébastien Micoulet. FREINER ‘’L’AUTOSOLISME (1) » AU PROFIT DU COVOITURAGE Le groupe Delmonico Dorel est également engagé dans un partenariat avec trois EPCI (2) autour de la promotion du covoiturage et des transports doux (vélo, trottinette, marche…) pour ses collaborateurs et collaboratrices. Dans la même logique, le groupe Precia Molen (spécialiste mondial du pesage) vient de signer un partenariat avec la société ‘’Klaxit * » afin de favoriser la pratique du covoiturage sur ses deux sites privadois. Un covoiturage interne ouvert à tous les travailleurs du bassin privadois. * Spécialiste covoiturage domicile/travail (1) Autosolisme  : fait de circuler seul dans un véhicule (2) EPCI  : établissement public de coopération intercommunale r PAROLE D’EXPERT Erik Orsenna Académicien, président de l’Association des grands fleuves Vous écriviez il y a dix ans, « le temps du gaspillage est fini, vient celui de la parcimonie… » Quels seront les enjeux du XXI e siècle ? Sera-t-il frugal ? Erik Orsenna  : Le XXI e siècle sera bouleversé… et il l’est déjà car se croisent toutes sortes de transitions. Le monde ancien était régulièrement bouleversé par un monde nouveau, mais en général avec une seule transition à la fois  : charbon, atome, électricité, révolution dans le domaine de la santé… Aujourd’hui, toutes ces transitions arrivent en même temps et en accéléré ! Transition énergétique, numérique, biologique, démographique… on doit faire face à toutes sortes de métamorphoses comme si on avait à vivre 15 adolescences en même temps ! On est passé ces dernières années du développement durable à la transition écologique et solidaire… Au-delà du changement de vocabulaire, est-on passé de l’idée à l’action ? Erik Orsenna  : La prise de conscience commence à venir. L’accord de Paris sur le climat en décembre 2015 est intéressant car on y a intégré les collectivités territoriales et les entreprises… qui sont à la fois les problèmes et les solutions. Et si les Etats n’étaient pas pertinents pour décider de ces questions-là ? S’il fallait diminuer d’échelle pour répondre à des questions qui sont internationales ? Le pouvoir de transformation est local… C’est le propre du CTE que vous êtes sur le point de signer, c’est pour l’Ardèche une belle opportunité ! Parmi nos priorités, les questions des mobilités et de l’eau sont centrales. Comment voyez-vous cela dans un département rural comme le nôtre ? Erik Orsenna  : Les mobilités, c’est le tissage. Il faut donner à chacun les moyens de se déplacer… Avec le numérique, le télétravail, cette mobilité peut ne pas être corporelle. On n’est pas obligé de se déplacer, mais il faut garder le lien social. Derrière la question de l’eau, quant à elle, vient celle des conflits d’usages et celle de la rareté de la ressource  : la rareté peut obliger soit l’intelligence, soit la guerre… Il y aura des guerres de l’eau. Pour finir, il existe deux questions toutes simples à se poser qu’on ne se pose jamais assez  : « A quoi ça sert » et « Pourquoi ? ». Propos tirés de l’entretien organisé par le Département en novembre 2018 dans le cadre de la Conférence des territoires Irelias1 SEPTEMBRE/OCTOBRE/NOVEMBRE 2019 N°95 P21



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