[07] Reliefs n°93 mai/jun 2019
[07] Reliefs n°93 mai/jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°93 de mai/jun 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ardèche

  • Format : (210 x 285) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 7,3 Mo

  • Dans ce numéro : un plan santé pour l'Ardèche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Privas DÉVELOPPEMENT DE LA TÉLÉMÉDECINE Le Département accompagne les initiaves menées sur le territoire pour développer les consultations en télémédecine. De la régulation médicale entre SAMU 07 et Ehpad… Dans quelques jours, les Ehpad * de Joyeuse, de Vernouxen-Vivarais et deux du secteur d’Annonay bénéficieront de l’expérimentation de télémédecine (régulation médicale) proposée par le Département et le Service médical d’urgence (SAMU 07) du Centre Hospitalier des Vals d’Ardèche (CHVA) de Privas, avec l’appui technique du GCS-SARA **. Cette expérimentation consiste à utiliser en situation d’urgence les nouvelles technologies et plus particulièrement la visioconférence. « Les Ehpad, ne disposant pas de médecin ou d’infirmière 24h/24h, sollicitent régulièrement le SAMU 07. La visioconférence renforcera l’évaluation du médecin régulateur du SAMU et donc optimisera sa prise de décision pour le juste soin » explique Joël Bouffies, administrateur provisoire du CHVA. L’objectif est de limiter les hospitalisations inutiles des patients âgés qui leur sont préjudiciables  : fatigue liée au transport et au temps d’attente aux urgences, éloignement de la famille, perte des repères, etc. La visioconférence facilitera l’interaction entre le médecin régulateur et les soignants d’Ehpad, permettant ainsi de rassurer ces derniers en situation de stress. Cet outil limitera enfin l’engorgement des lits d’hospitalisation. « La télémédecine offre à l’ensemble des médecins une nouvelle modalité de pratiquer leur art sur un territoire caractérisé par l’isolement de certaines populations et une démographie médicale déclinante » conclut Monsieur Bouffies. Le dispositif est piloté conjointement par la Préfecture, le Département et l’Agence nationale de santé. Très rapidement, l’Ehpad de La Voulte-sur-Rhône et le Centre hospitalier de Chambonas - Les Vans seront équipés, puis cinq autres établissements ardéchois en 2020. A terme l’objectif est de relier tous les Ehpad du département à ce dispositif. P 20 N°93 MAI-JUIN 2019 GRAND ANGLE …à l’élaboration d’un projet de territoire Autre initiative de télémédecine menée sur le territoire, celle menée par le docteur Stéphane Badia, médecin généraliste installé dans la maison de santé pluridisciplinaire à Meyras, et par ailleurs médecin à l’hôpital d’Aubenas. Un médecin « protéiforme » qui se penche aussi sur la problématique de l’accessibilité aux soins en zone rurale, sur la Montagne ardéchoise. « S’il s’agit de rompre l’isolement de ce territoire et lutter contre la désertification médicale, l’idée est aussi de réduire les déplacements sur le terrain pour les interventions de routine » explique le docteur Badia. Le dispositif qu’il a développé avec d’autres professionnels de santé du secteur (infirmières, Ehpad…) permet d’avoir des téléexpertises avec des spécialistes à l’hôpital d’Aubenas et de faire un premier bilan en cas d’urgence sur le plateau. « Cela permet de travailler avec des pairs et de sécuriser les échanges entre les cabines de téléconsultation équipées, dont une qui verra bientôt le jour à Coucouron ». Un dispositif réservé aux patients – souvent âgés – qui ne peuvent pas se déplacer, sans accès à internet. « C’est un projet peu onéreux (il suffit d’un PC avec webcam, d’un stéthoscope, d’un tensio-mètre), qui a du sens et qui s’intègre dans un projet de territoire ». Du sur-mesure pour la Montagne ardéchoise qui n’empêchera pas les médecins de se rendre, de temps en temps, sur place, pour rencontrer les patients. Car rien ne remplace le contact humain ! * Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ** Groupement régional d’appui au développement de la e-santé en Auvergne-Rhône-Alpes
UN CENTRE DE SOIN DÉPARTEMENTAL Toujours dans le cadre de la lutte contre la désertification médicale, le Département réfléchit à la création d’un centre de santé départemental (CSD) assorti d’antennes reparties sur le territoire. Ce type de structure fonctionne avec des médecins salariés du Département et c’est ce statut qui les distingue de ceux exerçant dans les maisons de santé. Ces médecins travaillent avec une patientèle classique qui vient consulter directement au CSD ou dans l’une de ses antennes. Pour le praticien l’intérêt est avant tout l’allègement des charges administratives conjugué à la possibilité d’un exercice partagé. Le Département de Saône-et-Loire a été le premier à mettre en place ce dispositif pour faire face à la baisse du nombre de médecins généralistes sur les territoires. Ce modèle apparait aujourd’hui comme l’outil le plus adapté aux enjeux sanitaires de l’Ardèche. Il peut être une réponse à la question prégnante de l’accessibilité aux soins tout en offrant un lieu de prévention et d’éducation. Enfin, les centre de soins départementaux seront des lieux de prédilection pour la formation des personnels de santé (internes stagiaires). Le premier CSD ardéchois devrait être ouvert avant décembre 2019, le lieu n’est pas encore arrêté. D’INFOS www.ardeche.fr Shutterstock PAROLE D’ÉLUE Martine Finiels Vice-présidente en charge de la santé, de l’autonomie des séniors et des personnes en situation de handicap Pourquoi lancer un plan santé aujourd’hui ? Ce plan santé a un objectif simple  : faire en sorte que tous les Ardéchois.es puissent se faire soigner et avoir accès aux soins dont ils ont besoin. En France en 2019, on ne peut malheureusement que faire le constat que cet objectif n’est pas atteint dans de nombreux départements ruraux. La santé reste une des compétences premières de l’Etat mais face à une situation qui se détériore d’année en année, l’exécutif départemental a souhaité mettre en place des actions précises qui sont possibles seulement grâce à une connaissance fine du territoire. Comment l’avez-vous élaboré ? Il a été élaboré en concertation avec nos partenaires du monde médical mais aussi avec l’aide d’un cabinet d’études. Exactement comme un médecin ne prescrit pas un médicament avant de savoir précisément quelle maladie il faut combattre, le Département a voulu se baser sur un diagnostic fin des besoins et des manques du territoire pour mettre en œuvre des réponses adaptées. Nous savons que c’est une démarche qui va prendre du temps mais nous savons aussi qu’elle est indispensable. Elle va permettre de lancer une dynamique avec toutes les collectivités et les acteurs de la santé du territoire. Ce plan n’est pas un effet d’annonce, il s’inscrit dans la durée et servira de base pour que l’Ardèche dispose de l’offre médicale adaptée à ses habitants. Comment lutter efficacement contre la désertification médicale ? Depuis plusieurs années, de nombreux outils ont été développés par les collectivités pour permettre l’installation des médecins. Mais aujourd’hui ce n’est plus suffisant. Avoir des maisons de santé sans médecins ou des bourses à l’installation qui ne répondent pas aux besoins des médecins, nous ne pouvons pas nous en satisfaire. Pour lutter efficacement contre la désertification médicale nous avons choisi d’agir sur trois points  : montrer aux médecins que s’installer en Ardèche est aussi une chance pour eux, accompagner les initiatives innovantes des acteurs des territoires et enfin porter un projet de centre de santé départemental qui permettra à la collectivité de salarier des médecins et donc assurer une présence dans les territoires qui en ont le plus besoin. Shutterstock MAI-JUIN 2019 N°93 P21



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